Média: Fabrice Guitrie Mougnaki, une vocation presqu’accomplie 

juin 29, 2020 :

Né le 17 janvier 1989 dans la province de la Ngounié au Gabon, d’un père marin et d’une mère dactylographe, Fabrice Guitrie Mougnaki a fait ses études primaires à Libreville (école publique d’Awendjé) et à Port Gentil (Saint André). Après…Afficher le reste

Né le 17 janvier 1989 dans la province de la Ngounié au Gabon, d’un père marin et d’une mère dactylographe, Fabrice Guitrie Mougnaki a fait ses études primaires à Libreville (école publique d’Awendjé) et à Port Gentil (Saint André). Après son baccalauréat technologique de série ACC au lycée Technique National Omar Bongo, il entre à la faculté de droit et sciences économiques de l’université de Libreville d’où il sort avec une licence en droit. Puis, il intègre l’École supérieure des arts et métiers (ESAM), département journalisme. L’enfant de Fougamou venait ainsi de se baliser la voie pour une carrière qui continue de s’écrire en lettres d’or. Courrier d’Afrique fait le zoom sur ce monstre du micro et de l’écran.

Courrier d’Afrique: Vous êtes journaliste radio et télé. Un rêve d’enfant qui se réalise. Qu’est-ce qui te plaît dans ce métier ?

Fabrice Guitrie Mougnaki : La diversité: les horaires ne sont jamais les mêmes, les rencontres non plus. Faire du journalisme engagé, c’est être confronté à des risques permanents de la part des pouvoirs publics et des décideurs, ce qui conduit parfois à des surprises. Plus on vous chicote, plus on vous traite de journaliste de pacotille parce que vous êtes vrai dans l’exercice de la profession, plus l’adrénaline est à son maximum. Et vous avez plus envie de secouer le cocotier.

La radio, une passion ?

Il faut dire que c’est le journalisme même qui est une passion, le sentiment de rendre fièrement ce que tu as appris auprès des éminents professeurs comme les Dr en Sciences de l’Information, Anaclet Ndong Ngoua, Arthur Sabi Djaboudi, Paul Mouketa pour le Gabon et Vincent, de AID de Belgique. J’ai toujours été fasciné par la radio cependant, je ne suis pas resté longtemps dans ce magnifique groupe Génération Nouvelle où j’ai fait mes premiers pas en journalisme. La passion c’est aussi servir honnêtement les citoyens en mettant en exergue les questions de rigueur, d’indépendance et de neutralité.

Qu’est-ce qu’une vocation pour vous?

Pour moi, c’est être fait pour un métier au point qu’on ne se voit pas faire autre chose, du moins dans un premier temps. C’est dans les tripes que ça se passe. C’est un peu comme réaliser un rêve. Tant que ce n’est pas fait, il y a une forme de frustration. Et sans vocation, c’est la catastrophe tel est le cas actuel du Gabon où des marabouts ont pris possession du journalisme pour faire face au chômage ou plusieurs médias sont carrément au service du pouvoir propageant l’ignorance et maquillant le savoir. Nos médias véhiculent des mensonges d’États grâce à la propagande, manipulation, désinformation. Le système prend des décisions, les médias s’empressent d’influencer l’opinion afin que le peuple acquiesce. C’est pas notre rôle car nous sommes des représentants du peuple.

Votre journée type ?

Dans ce domaine, il n’y a pas vraiment de journée type. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’adore ce métier. Il y a des jours où je ne travaille pas. Par exemple, un jeudi. Et ensuite ça va être tout un week-end. Déjà à GN (groupe radio et tv, ndlr), j’allais à la radio très tôt, je lis les news, j’écris mon flash info et je prends l’antenne aux environs de 8 heures. Présentation des news donc et info trafic tous les quarts d’heure. Puis j’intervenais comme consultant juriste pour l’émission ”Au cœur de la Capitale” du coup, dans une de mes journées types, on retrouve une journée pleine et enrichissante des expériences professionnelles acquises autour des aînés et des collègues quelque soit nos nouveaux culturels.

À part le micro et l’écran, vous avez aussi une belle plume!

L’écriture vient du fait de la curiosité, car étant un étudiant du secteur audiovisuel j’occupais mes heures creuses avec des collègues universitaires régulièrement inscrits en presse écrite. Cela ne plaisait pas à beaucoup que je sois assis dans leur amphithéâtre et même avec Vincent professeur émérite en techniques rédactionnelles de la Belgique, j’étais une réussite car mon ambition n’avait pas de limite. Et il m’a dit un jour : exerce avec amour là où ton cœur te dicte tu as ce truc en télé mais apprendre l’écriture ne te fera aucun mal.

J’ai écrit pendant quelques temps pour un site. Puis, il m’a été donné la chance de rencontrer Mme Anna Kane, manager pleine d’énergie et d’exigences professionnelles, comme disent les jeunes au pays cette Dame Sénégalaise c’est le gaz. Elle m’a donné l’opportunité de m’inscrire au forum citoyen Libération, du journal français. De là, j’ai vraiment eu la bonne maitrise de la presse écrite avec le rédacteur en chef du journal Libération Philippe Brochen avec d’autres jeunes journalistes gabonais dont je salue la performance de cinq parmi les 25 que nous étions. Puis, est venu l’aventure avec le Gabon Sportif, site gabonais d’informations Sportives. Raissa Laure Medza Me – Ndong, la patronne du journal, a cru en moi et a fait de moi d’abord le Rédacteur en chef du Gabon Sportif puis Secrétaire de rédaction au service des nombreux stagiaires à l’époque. C’est un milieu assez compliqué mais j’y crois, j’ai donc commencé mon envol…

Slasheur donc ?

Ahah…on essaie en tous cas..Je travaille dans un milieu où il est toujours bénéfique de savoir tout faire, de savoir passer d’un média à l’autre. Toujours cette fameuse polyvalence qui est un réel atout, surtout aujourd’hui car on demande de plus en plus aux salariés d’être multitâches pour répondre à un besoin pour deux, trois, quatre journalistes.

L’expérience télévision, c’est vraiment costaud !

C’est le travail des enseignants de qualité dont les Belges ont fait leur part, mais je remercie énormément Jean Rovys Dabany, un formateur d’une expérience professionnelle avec un goût arithmétique en audiovisuel. Ex journaliste vidéo à l’AFP, Reuters et Voice Of America (VOA), c’est lui qui m’a formé en Journaliste Reporter d’image (JRI). Je faisais chaque jour le terrain avec lui. C’est vraiment le tournant majeur de la carrière et c’est pourquoi je ris souvent quand je vois comment les cadreurs gabonais travaillent et vous influencent avec des mots ”petit, j’ai vingt cinq ans de carrière” mais en réalité, c’est vingt cinq ans de médiocrité.

Tout comme des confrères lors des questions réponses, les vox pop (terme empirique micro trottoir) c’est compliqué, il y’a absence de rigueur professionnelle et engagement du journaliste en ce qui concerne les lancements JT, JR, car ici on ignore l’engagement du journaliste et prise de position… Ensuite je remercie également l’INPTIC (institut spécialisé aux métiers audiovisuels, ndlr), ses enseignants, leurs collaborateurs belges aussi et surtout la promotion des étudiants cadreurs, ingénieurs en sons, réalisateurs, cinéastes avec qui j’ai perfectionné la présentation plateau avec duplex, envoyé spécial télé.

Beaucoup de journalistes sont nommés chargés en communication dans votre pays aujourd’hui, quel regard portez-vous sur ces nouvelles carrières non linéaires ?

J’ai voulu combattre ce phénomène à mes débuts, peut-être la fougue de jeune journaliste. Ce problème… se pose d’abord du fait qu’au Gabon la communication des organisations est méconnue ici car les Gabonais la confonde avec le journalisme et la publicité. Or, il existe des professionnels formés en communication des organisations et que le journaliste est un professionnel de l’information ce qui veut dire que les deux métiers sont totalement distincts, ce qui fait que cette personne qui sort du département philosophie pour faire directement le journalisme ne peut pas faire cette différence car pour elle la communication c’est le journalisme un point barre. Mais aujourd’hui je pense que c’est impératif dans notre société. On nous a trop souvent dit qu’on aurait le même métier toute la vie. C’était sans doute vrai du temps de nos parents par exemple, qui pouvaient passer dix, vingt ans dans la même entreprise. Si ce n’était pas le cas, retrouver un boulot dans leur domaine était bien moins complexe qu’aujourd’hui. Maintenant, les temps ont changé. Oui, le chômage est là mais on a aussi pris conscience que l’on pouvait avoir plusieurs vies dans une vie si j’ose dire. On se sent moins coincé dans un boulot qui, peut-être, ne nous plaît plus ou dont nous avons fait le tour. Tant mieux. Cela permet de multiplier ses compétences, de découvrir d’autres univers et surtout de s’affranchir à n’importe quel âge. J’ai réalisé un rêve en devenant journaliste mais j’envisage sans aucun problème de faire autre chose un jour…

Il semble qu’il y ait un rendement de plus en plus inquiétant dans le journalisme au Gabon et des professionnels qui tendent au militantisme ! Vrai?

Au regard du dernier rapport de l’ONG Transparancy International, 89% des journalistes gabonais ne sont pas diplômés. Le phénomène est donc en hausse et certains viennent des déplacements sciences économiques, sociologie, psychologie, géographie, comptabilité, de l’Université Omar Bongo après un échec dans ces domaines de formation, certes ces derniers savent écrire mais n’écrivent pas du journalisme. Le plus brillant c’est que nous avons même des collégiens à peine niveaux 5ème. Les politiques ont pourri le milieu, pour prendre l’exemple des ministres tels Denise Mekam’ne, Alain Claude Billie By Nzé, en reprenant l’expression du député de l’opposition Muang ont mis le pays par terre en accordant plus de place aux assassins de venir former des gangs les plus violent dans le monde de l’information au Gabon en interprétant de façon méprisante l’article 12 du code de la communication en République Gabonaise. Pour le second le ministre Billie, le Gabon a frôlé le KO dans cette profession car il y’a eu une naissance des journalistes renseignements propagandistes et calomniateurs au service du pouvoir.

On dit aussi que vous êtes un journaliste très discret mais très élégant dans la qualité du rendu, la loyauté dans la profession !

Ça fait plaisir de l’entendre mais je sais qu’il y a plein des journalistes ici qui méritent cette reconnaissance, car c’est leur vie et ont tout misé. La différence que je fais par exemple avec certains organes de presse qui se proclament leaders, meilleurs que X, plus grosse audience etc ce que moi j’ai retenu de ma formation c’est que le journalisme ne veut pas dire tout écrire, tout dire, tout publier car le professionnalisme a des exigences. Donc pas besoin de remplir un site avec des jeunes de batevéa (quartiers pauvres, ndlr), des jeunes cadres ou telle association qui se défoule et en faire un article de presse, c’est pas bien ça. Il faut retenir qu’on ne peut pas publier n’importe quoi, n’importe comment, il faut que les nouveaux journalistes s’interrogent sur le ”pourquoi informer” on informe non pas parce-que qu’il le faut, mais que c’est une nécessité par rapport aux citoyens. ” le prétexte”. Ce sont les jeunes journalistes qui doivent maintenant se battre pour libérer la presse, les droits des citoyens. Nous ne sommes pas des syndicalistes, nous avons une responsabilité de neutralité.

Vos projets à moyen et à long terme?

En dehors d’un Master en journalisme, je compte obtenir un doctorat en sciences de l’information et de la communication et faire dans l’enseignement supérieur plus tard, histoire d’avoir le même niveau que plusieurs médias africains ayant pris une énorme avance sur mon pays.

(Visited 80 times, 1 visits today)

Mivasocial Africa - Commentaires

Laisser un commentaire

  • Partenaires & Liens

  • Mivasocial - Le Réseau social Africain

    Mivasocial - Le Réseau social Africain

  • Mivazik - La Plateforme de promotion des musiciens Africains

    Mivazik - La Plateforme de promotion des musiciens Africains

  • Africaone - Le plus grand annuaire professionnel des entreprises de l'Afrique et de la diaspora ...

    Le plus grand annuaire professionnel des entreprises de l'Afrique et de la diaspora ...

  • A Propos

  • Language
    X Nous travaillons dur pour rendre les traductions disponibles et nous nous excusons pour toute erreur de traduction. Veuillez signaler toute erreur en nous contactant aujourd'hui. - Merci

    Choose a different Language

  • Connexion
  • Inscription
  • - African Social Network - Social Networking sites used in Africa - Africa's top Social Network - Social Network used in Africa - First Social Network for Africa.

    Decouvrez Togosocial - Le reseau social du Togo - Togolese Social network Yaamo - Interest based Social network Djinam - Le moteur de recherche Togoois - Togolese Search Engine Le meilleur site des annonces au Togo - Annonces immobiliers - Annonces a' vendre au Togo Solutions de conception de site web au Togo. Service Cloud hebergement de sites web Togo - Service et Support IT au Togo Best hair braiding in Decatur GA Best hair braiding in Decatur GA Best hair braiding in Decatur GA Yaamo interest-based advertising Yaamo is the Social Network about increasing revenue for you and your Business. JOIN TODAY! We are a proud Member. Yaamo helps you advertise. They make it easy and affordable. Togosocial - Le réseau social du Togo - Togolese Social network BNN(Blog, Nouvelles & notes) actualités Togo est le site Togolais des actualités, nouvelles, blogs et notes du Togo et de la Diaspora. BNN redéfinit le journalisme populaire en donnant aux Journalistes, Blogueurs, Écrivains, Etudiants, Universitaires Togolais ou a tout Togolais le meilleur outil pour partager leurs idées, leurs écrits, leurs expériences et les actualités au Togo et dans la Diaspora. L’application Freewriter BNN Togo actualités est sociale et s’intègre directement sur votre profil Togosocial et aussi sur le fil d’activités de vos amis sur le réseau permettant au monde un accès direct à vos articles.