La e-République des barbus

Nicolas Dion (nom fictif), dans un accent nasillard, comme on le connaît pour les Canadiens, s’empresse de poser la question à notre barbu. « Monsieur Nadjombé, comment se fait-il que votre homologue Justin Trudeau se rend chaque jour à son bureau alors que vous, vous venez encore nous enseigner ? »

Selon Jean Paul Sartre, « il est beaucoup plus facile pour un philosophe d’expliquer un nouveau concept à un autre philosophe qu’à un enfant. Pourquoi ? Parce que l’enfant pose les vraies questions ». La mayonnaise du remix de La République du Golfe (Hôtel où Alassane Ouattara et son gouvernement s’étaient réfugiés en 2011) n’a pas pris. Le navire en carton de la DMK se vide au jour le jour de ses occupants, qui le visage hagard, se découvrent sans pagaie, ni boussole.

La volubilité affichée en citant les noms de supposés soutiens à l’interne et à l’extérieur, reçoit à la figure la réponse d’un écho aux décibels rachitiques. Pris entre l’étau des quolibets et l’enclume d’un gouvernement chauve, le PM Nadjombé, sans tabouret, a choisi d’exceller dans l’établissement du record du PM le plus court, en termes de durée dans l’histoire des républiques des Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne, paru il y a plus de deux siècles.

Le vaudeville offert par la DMK provoque des démangeaisons chez les combattants, pressés de revoir les stratégies pour affronter l’adversaire. Il assèche les réservoirs brûlants d’envie de revanche, instaure un malsain statu quo et prend à la gorge les forces de l’opposition en faction.

La résistance portée par la DMK est belle. Elle consacre l’une des plus belles innovations promises au peuple togolais, la contestation à travers le web. Plus besoin de se faire bouffer les semelles, plus besoin de se faire bouffer par le soleil, seules les empreintes digitales en pâtiront.

Sans attendre longuement comme son alter ego Mme Dogbé, la DMK dans une cohérence inégalée, par l’intermédiaire des chasseurs de tête, a déniché l’oiseau rare. Le nouveau PM, un consultant ingénieur de logiciels, aura la lourde charge d’approfondir le e-gouvernement, pour le compte des e-Togolais, sur le territoire du e-Togo, avec l’utilisation des crypto-monnaies pour les e-fonctionnaires du Togo. Le service après-vente de la gouvernance sous l’ère DMK en featuring avec le “Saint-Esprit” est en bonne marche. Les pièces de rechange sont en train d’être déployées pour relancer le moteur.

Qui vous a dit que le virtuel était loin du réel ?

Ambroise DAGNON

Togo: Foly Satchivi peut-il réussir là où le “Saint-Esprit” a échoué ?

J’aimerais vous informer que le grand frère Agbéyomé Kodjo m’a sollicité, depuis le lieu où il se trouve en ce moment, pour apporter ma petite pierre à la manifestation de la vérité des urnes. J’ai accepté de lui prêter main forte“, a déclaré Foly Satchivi, convaincu que le candidat de la Dynamique Mgr Kpodzro est le véritable vainqueur du scrutin de février 2020.

Pour réussir sa mission, le porte-parole du mouvement ‘En aucun cas’ veut s’appuyer sur la diaspora togolaise d’où viendront “les premiers signes“. Car, si les Togolais ne se lèvent pas, avertit-il, “c’est encore 5 ans de souffrance garantie, d’injustice, de privatisations, d’oppression, d’impunité, de répressions, de bavures policières, de pleurs, de douleurs, de lamentations et de misère“.

Un profil idéal pour une mission impossible? 

Ancien étudiant à la Faculté de droit de l’université de Lomé où il dirigeait la Ligue togolaise pour les droits des étudiants (LTDE), c’est avec le mouvement ‘En aucun cas’ que Floy Satchivi s’est véritablement révélé au grand public. Farouche opposant au pouvoir de Lomé, il avait été jeté en prison en 2018. Il a été libéré quelques mois plus tard par une grâce présidentielle.

A sa sortie de prison en 2019, Foly Satchivi s’était lancé comme défi d’empêcher, par tous tous les moyens, y compris au prix de sa vie, le quatrième mandat de Faure Gnassingbé. “Il faudrait que Faure Gnassingbé passe sur mon cadavre pour faire son quatrième mandat“, avait-il promis. Ce qui n’a pas empêché celui qui est au pouvoir depuis 2005 d’être déclaré vainqueur de la présidentielle du 22 février 2020, avec un score de 70,78%.

Déterminé à voir la fin du régime actuel, Foly Satchivi a récemment fait une sorte de bilan des trois décennies de combat politique avec des acteurs de l’opposition qui ont tous échoué à ses yeux. Désormais, le “général” Satchivi veut remobiliser la jeunesse derrière lui pour achever ce que les aînés avaient commencé il y a trente ans!

En se positionnant aujourd’hui comme un allié de Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, Foly Satchivi doit impérativement  comprendre qu’il  vient de franchir un pallier dans  la lutte pour l’alternance au Togo. Pour cela, il doit changer la rhétorique à laquelle il a habitué l’opinion, du moins ceux qui le suivent et lui accordent du crédit.

De toute évidence, l’engagement  et la volonté du numéro un du mouvement “En aucun cas” sont en apparence indiscutables. Cependant  la nouvelle mission dont il dit être investi par le candidat du “Saint-Esprit” s’annonce ardue, au regard du contexte politique actuel où l’ardeur des forces vives de  la nation s’est presque émoussée. Cela va sans dire  que remobiliser  aujourd’hui les populations, qui plus est pour la réclamation d’une “victoire” d’Agbeyomé Kodjo  crédité de moins de  20 %, apparaît comme une mission presque  impossible.

Du reste, cet ancien étudiant en droit aura tout de même le mérite de porter une cause noble dans un contexte sociopolitique où peu de jeunes osent s’engager au péril des petits avantages que pourrait leur octroyer le régime en place.

Ambroise Dagnon

 

 

Gérard Adja: “Agbéyomé Kodjo se porte bien”

C’est une publication sur le compte Twitter du quotidien privé Togo Matin qui est à l’origine des spéculations. “

De sources bien informées, nous venons d’apprendre que M. Agbéyomé Kodjo, candidat à l’élection présidentielle du 22 février, serait décédé

”, a tweeté Togo Matin.

C’est une intox”, a réagi Gérard Adja que nous avons contacté au téléphone. “

Le président Agbéyomé Kodjo se porte bien depuis le maquis

”, a confié le vice-président du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MPDD).

Contactée, la direction du quotidien Togo Matin se dit elle aussi surprise de la publication d’un tel message sur son compte Twitter, et parle d’un “piratage”.

Nous y reviendrons.

Prétendue victoire d’Agbéyomé Kodjo : Le MPDD dénonce “un désert de Sages au Togo”

Dans un communiqué publié jeudi 06 août 2020, le Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MPDD) dénonce “l’hypocrisie et la manipulation” de certains leaders de l’opposition et de la société civile togolaise.

Le MPDD répond ainsi aux propos de Me Ata Mensah Zeus Ajavon tenus récemment sur une radio de la place. « On me dit que quelqu’un a gagné, on me demande de venir défendre une supposée victoire. Jamais je ne le ferai, je ne suis pas les hommes », avait déclaré le coordinateur de l’ex Collectif Sauvons le Togo (CST).

Me Zeus Ajavon, un allié du pouvoir ?

Pour le parti de Gabriel Agbéyomé Kodjo, ces propos de Me Ajavon sonnent comme ceux d’un “habile faussaire qui sous toute sa trajectoire de vie a abusé de la confiance du peuple souverain” et “un allié de la dictature”.

Mener, sous toutes les formes, le combat d’une vie pour la démocratie et les droits de l’homme et apparaitre au soir de sa vie comme un allié de la dictature peut paraitre comme une trahison de son idéal“, tacle le MPDD.

Le document revient également sur le rôle trouble que Me Ajavon aurait joué à la tête du CST pour compromettre les chances de l’alternance politique au Togo, rappelant les “sacrifices” d’Agbéyomé Kodjo pour “amener le Togo à l’alternance et au sommet de la gouvernance de l’Etat, ce qui a été réalisé depuis le 22 février 2020”.

Victoire éclatante de la DMK ?

Pour le MPDD, la victoire de son président au scrutin de février est incontestable et est même reconnue par les autres leaders politiques et de la société qui feignent juste de ne pas la reconnaître. La preuve, selon le MPDD, qu’il existe “un désert de Sages au Togo”.

En conscience et en vérité, les leaders politiques et ceux de la société civile savent et reconnaissent l’éclatante victoire de la DMK confirmée par les resquilleurs qui ont tout tenté pour marchander les suffrages du peuple togolais auprès du véritable gagnant qui a opposé un refus catégorique, ce qui lui vaut les persécutions auxquelles il est présentement exposé,

fustige le parti dans son communiqué.

La trajectoire politique d’Agbéyomé Kodjo depuis 2015

Candidat malheureux à la présidentielle de 2010, Agbéyomé Kodjo avait soutenu le candidat de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre, avec qui il avait marché dans les rues pendant quelques mois avant de battre en retraite. Après sa débâcle aux législatives de 2013, l’ancien Premier ministre de Gnassingbé Eyadema a pris ses distances vis-à-vis de tout regroupement politique de l’opposition s’estimant lésé par le CST qui avait présenté des listes communes à ces élections.

En 2015, alors qu’il venait de prendre part à la cérémonie d’investiture de Faure Gnassingbé, Agbéyomé  Kodjo avait invité Fabre à se conformer au verdict de la Cour constitutionnelle rappelant l’irrévocabilité des décisions de la celle-ci.

Après les premières manifestations d’août 2017 initiées par Tikpi Atchadam, le président du MPDD a clairement affiché sa position en rappelant que le pouvoir ne se trouve pas dans la rue.

Actuellement introuvable car sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Agbéyomé Kodjo peut compter sur la détermination de la Dynamique Mgr Kpodzro qui le soutient et qui demande “au peuple de rester serein et dans l’espérance que la victoire accordée à leur Président est bel et bien celle qui ouvre la voix à notre pays pour connaître une fois pour de bon, l’alternance politique longtemps attendue“.

Ambroise D.

 

 

 

 

Togo : Qui a peur d’Agbéyomé Kodjo ?

Attendu pour être écouté le vendredi 10 juillet, le candidat soutenu par Mgr Philippe Fanoko Kpodzro n’a pas daigné répondre à cette convocation du doyen des juges d’instruction, craignant un plan d’élimination physique qui serait ourdi contre sa personne. Aux dernières nouvelles, Agbéyomé Kodjo aurait pris la poudre d’escampette. Un mandat d’arrêt a même été émis à son encontre. Les avocats du président du MPDD (Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement) parlent d’acharnement.

En effet, l’opposant Kodjo avait déjà  été arrêté à son domicile le 21 avril dernier et conduit au Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la gendarmerie nationale. Il en était ressorti avec interdiction de se prononcer désormais sur le scrutin présidentiel dont il prétend être le vrai vainqueur. Sauf que Agbéyomé Kodjo, un pur produit du pouvoir de Lomé dont il était un des farouches défenseurs avant de basculer dans le rang de l’opposition, n’est pas homme à se plier aussi facilement. Les termes du contrôle judiciaire qui plane au-dessus de sa tête telle une épée de Damoclès, il n’en a que cure, multipliant les déclarations incendiaires et promettant de prendre sa “victoire”.

Des déclarations à prendre au sérieux ou beaucoup de bruit pour rien? 

Selon les chiffres officiels publiés par la Cour constitutionnelle, Agbéyomé Kodjo était crédité de 19% des suffrages, loin, bien loin, très loin derrière Faure Gnassingbé avec ses 70,78%! Hormis les grandes déclarations, les promesses mirobolantes du prélat qui répète que l’heure de l’alternance a enfin sonné et les rares incursions de Hermann Cohen qui ne dépassent guère les frontières de sa twittosphère, aucun signe n’indique clairement que la Dynamique Mgr Kpodzro (DMK) a véritablement les moyens de prouver la victoire de son candidat. Mais alors, pourquoi cette obsession de voir monsieur Kpodzo et sa suite la boucler définitivement? Que cache ce que les avocats de l’ancien Premier ministre considèrent comme un acharnement?

En imposant à la Dynamique Kpodzro de ne plus se prononcer sur l’élection présidentielle de février, la justice togolaise semble faire le jeu du pouvoir en place. Car dans aucun pays au monde, on ne peut interdire à un candidat à une élection de prétendre avoir gagné et d’évoquer ce scrutin chaque fois qu’il en a l’occasion. Cela s’apparente à de l’intimidation. Si tant est que les résultats avancés par les juges constitutionnels donnant Faure Gnassingbé large vainqueur de la présidentielle soient vrais, autant laisser le “chien” Kodjo aboyer jusqu’à l’essoufflement. Vouloir lui imposer le silence à tout prix n’est ni plus ni moins que la preuve d’un malaise mal maquillé.

Dans cette affaire, la justice togolaise fait montre d’une célérité impressionnante. Pendant ce temps, les Togolais sont toujours dans l’expectative de la voir se saisir du dossier Adjakly ou le “pétrogate” du nom du scandale pétrolier dans lequel seraient impliqués Adjakly père et fils ainsi que d’autres éminentes personnalités de l’État, et qui porterait sur environ 500 milliards de francs CFA, selon les révélations du bi-hebdomadaire privé togolais L’Alternative de Ferdinand Ayité.

Ambroise D.

 

 

 

 

Présidentielle au Togo : une campagne électorale à deux vitesses

Accusée d’utiliser les moyens de l’Etat en faveur de son candidat, l’Union pour la république (UNIR) se défend. “Que ceux accusent UNIR d’utiliser les moyens de l’Etat apportent la preuve de leurs accusations”, réagissait récemment le ministre Trimua. Il est donc de bon aloi que certains exemples soient cités pour convaincre Christian Trimua qui a expliqué que ce sont des militants et cadres de UNIR qui ont personnellement mis leurs propres moyens dans la campagne de Faure Gnassingbé.

Le code électoral togolais, en son article 92, dispose que “pendant la durée de la campagne électorale, des emplacements spéciaux seront réservés dans chaque circonscription électorale par l’autorité compétente pour l’apposition des affiches électorales. Dans chacun des emplacements, une surface égale est attribuée à chaque candidat ou liste de candidats; tout affichage relatif aux élections, même par affiches timbrées, est interdit en dehors de ces emplacements ou sur les emplacements réservés aux autres candidats”.

La mairie de Lacs 1 dirigée par, Alexis Aquereburu, un cadre de UNIR, est-elle un bien privé ou public? Le personnel qui y travaille le fait-il pour un parti politique ou pour l’Etat togolais? Que dire des affiches de campagne de Faure Gnassingbé placardées sur la clôture de la mairie de Kloto 1 ? Quid des écoles publiques dont les bâtiments ont été soudainement peintes en bleu et blanc en lieu et place du jaune et marron habituels? Le bâtiment du nouveau collège d’enseignement général jouxtant l’école primaire publique de Soviépé, dans la commune d’Aflao Gakli en est une illustration.

Il est aussi loisible de constater que des écoles sont fermées avec des élèves habillés aux couleurs du parti au pouvoir. Une violation de l’article 36 de la Constitution togolaise qui dispose que “l’Etat protégé la jeunesse contre toute forme d’exploitation ou de manipulation”.

Pourquoi la cérémonie d’inauguration du centre médico-social d’Akoumapé dans la préfecture du Vo récemment par le chef de l’Etat ressemblait-elle plus à une activité politique du parti UNIR qu’à une cérémonie officielle qui engage l’Etat togolais? L’hôpital de Kpendjal peint aux couleurs du parti au pouvoir et récemment inauguré ne participe-t-il pas des moyens de l’Etat qui servent de publicité électorale?

Même le sport est mis à contribution. Samedi à Atakpamé, Faure Gnassingbé a inauguré la nouvelle pelouse synthétique du stade de la ville. A ses côtés, il y avait le président de la Fédération togolaise de football (FTF), Guy Akpovy, et des gardes du corps habillés en militants UNIR.

Les fonctionnaires qui sont militants de l’ANC, MPDD, MCD, PSR, Santé du Peuple, ADDI, peuvent-ils venir au bureau habillés en t-shirts du candidat de leurs partis respectifs, ainsi que le font ceux qui soutiennent Faure Gnassingbé? Pis, il a été demandé aux fonctionnaires de l’Etat de “descendre sur le terrain”.  Actuellement, beaucoup battent campagne pour le candidat de UNIR.

Quand la télévision nationale fait de “grands dossiers” sur les réalisations du gouvernement en période électorale, il s’agit d’un déséquilibre du temps d’antenne accordé aux candidats et donc d’une mise à profit d’un moyen de l’Etat au profit d’un candidat.

Lors des meetings de campagne du parti au pouvoir, il n’est pas rare de voir des agents des forces de sécurité nationales habillés aux couleurs de UNIR. Sont-ils des agents de sécurité privés avec des outils de l’Etat ou des fonctionnaires de la Grande muette soutenant un candidat comme on a pu le voir lors de l’investiture du candidat Faure Gnassingbé, avec des forces de défense et de sécurité, hilaires, scander “un coup KO”?

Le financement public n’est pas une faveur du gouvernement

Aucun des sept candidats n’a encore eu les fonds du financement public promis par le gouvernement.  “On a dû réduire les meetings, déclare-t-il. Au lieu de faire des grands meetings, on fait des petits meetings. Chaque candidat aujourd’hui fait avec les moyens du bord. Il s’agit souvent de la participation des amis. Il y a des gens généreux parfois qui apportent leur soutien à des candidats”, s’est plaint lundi Mouhamed Tchassona Traoré, candidat du Mouvement citoyen pour la démocratie (MCD).

Même Christian Trimua, qui joue le porte-parole de Faure Gnassingbé, le président sortant, s’en plaignait ce lundi. “Nous demandons au gouvernement de faire en sorte que nous puissions rentrer dans nos fonds”, s’est lamenté le ministre des Droits de l’homme. Une façon en réalité assez ironique pour lui de répondre à ceux qui accusent le président-candidat de rouler sur les moyens de l’Etat.

La campagne électorale a officiellement démarré le 06 février, mais les fonds du financement public dorment toujours au trésor public. Or, la loi n° 2013-013 du 07 juin 2013 portant financement public des partis politiques et des campagnes électorales dispose que “l’Etat contribue au financement des campagnes électorales des partis et regroupements de partis politiques ainsi que des candidats ou listes de candidats dans le cadre des élections législatives et présidentielles. Le montant de cette contribution est inscrit dans la loi de finances de l’année de l’élection visée. S’il n’a pas été prévu dans la loi de finances de l’exercice en cours, ce montant est fixé par décret en conseil des ministres”.

Le conseil des ministres du 5 décembre 2019 a fixé à 500 millions de francs CFA le montant du financement de la campagne électorale de la présidentielle du 22 février. Ce décret n’ayant pas encore été mis en application, c’est à une campagne à deux vitesses qu’on assiste depuis le début.

A trois jours de la fin de la campagne, même s’ils reçoivent le financement public, les candidats de l’opposition partent à une compétition sans armes égales. Dans ce cas, est-il envisageable que Jean-Pierre Fabre, Agbéyomé Kodjo, Mouhamed Tchassona Traoré, Aimé Gogué, Komi Wolou et Georges Kuessan, dans un élan de solidarité, décident de suspendre leur campagne et exiger que les pendules soient remises à l’heure? Qui des six candidats pour oser le pas vers les autres? L’opposition togolaise est à l’épreuve de son leadership.

Ambroise D.

 

 

 

 

 

 

 

Gilbert Bawara: “Les seules fois où Agbéyomé s’est fait élire, c’est quand l’opposition a boycotté les élections”

“La seule chose que les Togolais retiennent de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Agbéyomé Kodjo, c’est Fréau Jardin, un triste épisode qu’il n’a jamais eu le courage d’assumer”, a pesté le bras droit de Faure Gnassingbé sur radio Victoire FM mercredi matin.

Selon Gilbert Bawara, la candidature d’Agbéyomé Kodjo ne fait ni chaud ni froid au pouvoir de Lomé. Mais alors, pourquoi autant d’attaques contre le candidat désigné par Mgr Philippe Fanoko Kpodzro? Le ministre s’explique: “Comment quelqu’un qui n’a aucun ancrage dans son Yoto natal peut-il faire peur? Non, Agbéyomé Kodjo ne fait peur à personne. Les seules fois où il s’est fait élire, 1999, 2002, 2018, c’est parce que l’opposition avait boycotté les élections. En 2013, tête de liste d’une coalition avec des partis importants comme l’ANC, Agbéyomé Kodjo a été battu chez lui. Le jour où je me ferai battre dans mon Doufelgou, j’en tirerai les conséquences et je ne chercherai plus d’autres responsabilités au-dessus de mes moyens”.

“Quand vous avez été député, vous avez participé aux délibérations sur la réforme constitutionnelle, vous avez salué cela, et qu’au détour d’une campagne électorale, vous commencez à remettre en cause ce que, hier, vous avez adulé, c’est de l’incohérence”, a ajouté M. Bawara qui qualifie “d’insignifiante” la candidature de M. Kodjo.

Depuis qu’il a été investi candidat, Agbéyomé Kodjo ne cesse d’être la cible des attaques venant de toutes parts. Mardi, sur une radio locale, c’est un autre ministre de Faure Gnassingbé, Christian Trimua, qui le traitait de “vendeur de fruits et légumes” qui est avec le pouvoir pendant “la saison des mangues” et avec l’opposition pendant “la saison des papayes”.

Le premier tour du scrutin est prévu le 22 février. Faure Gnassingbé, qui est à la recherche d’un quatrième mandat, a en face de lui, six candidats dont Jean-Pierre Fabre venu en deuxième position avec près de 35% des suffrages, alors qu’Agbéyomé Kodjo était crédité, lui, de 0,9% lors de la présidentielle de 2015.

Togo | Présidentielle 2020: Vers une mutualisation des moyens des candidats de l’opposition

 

La photo a fait le tour des réseaux sociaux mardi soir. On y voit Jean-Pierre Fabre, le candidat de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), entouré de Pr Komi Wolou, porte-flambeau du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR), Aimé Tchabouré Gogué qui défend les couleurs de l’Alliance pour la démocratie et le développement intégral (ADDI) et un représentant de Mouhamed Tchassona Traoré, candidat du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD).

Pour beaucoup, il s’agit des prémices d’une fusion de ces candidatures au profit sûrement de Jean-Pierre Fabre. Mais en réalité, il n’en est rien. Néanmoins, les quatre candidats en plus de Georges Kouessan du parti ‘Santé du Peuple’ pourraient se soutenir sur le terrain de la campagne électorale.

Cette initiative portée par Me Zeus Ata Messan Ajavon et qui est adressée à l’ensemble des candidats de l’opposition, consistera, si elle aboutissait, pour chaque candidat d’œuvrer, dans son fief, à la victoire de toute l’opposition.

En effet, n’ayant pas les moyens de se faire représenter dans tous les bureaux de vote, les candidats de l’opposition pourront compter sur les délégués de chacun de leurs partis. En d’autres termes, là où il est absent, le MCD par exemple peut compter sur le délégué de l’ANC et inversement. L’objectif étant de veiller à la transparence du scrutin.

Candidat désigné par Mgr Kpodzro, Agbéyomé Kodjo a déjà enregistré des soutiens. Brigitte Adjamagbo Johnson, coordinatrice de la défunte Coalition des 14, est actuellement la porte-parole de l’ancien premier ministre. Dans cette situation, monsieur Kodjo pourra-t-il se mettre dans la dynamique de Me Ajavon? En tout cas, le patron du MPDD ne considère pas Jean-Pierre Fabre comme un adversaire.

Une chose est sûre, il ne s’agit pas de fusionner les candidatures derrière un seul candidat. L’alternance étant l’objectif de chacun des six candidats de l’opposition, l’initiative de Zeus Ajavon ne devrait pas avoir des difficultés à prospérer. Face au pouvoir en face dont le candidat est déjà donné vainqueur par ses soutiens.

Ambroise DAGNON

Togo | Gérard Adja: “Cette année, UNIR aussi fera l’expérience de l’opposition”

Gérard Adja est catégorique : Mgr Philippe Fanoko Kpodzro n’a pas été manipulé dans la désignation d’Agbéyomé Kodjo, ainsi que tentent de le faire croire certaines personnes qui ne comprennent pas le choix du prélat.

“Pensez-vous vraiment que Mgr Kpodzro connu pour sa clairvoyance, peut être manipulé ? Non, c’est faire injure à sa sagesse et au crédit que nous lui accordons”, a expliqué le directeur chargé de la mobilisation du candidat Agbéyomé.

“Je suis moi-même surpris par l’engouement et la mobilisation autour de monsieur Agbéyomé Kodjo. Cette mobilisation fait trembler le pouvoir de Lomé”, a-t-il indiqué.

Depuis la désignation du candidat des “forces démocratiques”, une guerre de communication s’est ouverte sur les réseaux sociaux, entre les pro-Fabre, le candidat de l’ANC, et les pro-Agbéyomé. “Nous n’avons aucun problème avec Jean-Pierre Fabre. Pourquoi avoir des problèmes avec celui qui a le même objectif que nous? Monsieur Fabre aussi veut l’alternance. Sans lui, l’alternance n’est pas possible. Le quatrième mandat de Faure Gnassingbé reste le seul adversaire d’Agbéyomé Kodjo”, a martelé M. Adja.

Répondant à ceux qui remuent le passé “peu glorieux” d’Agbéyomé Kodjo, Gérard Adja a expliqué que beaucoup de contre-vérités sont colportées notamment dans cette affaire de “célébration des milliards” par l’ancien directeur général du port autonome de Lomé. “Agbéyomé Kodjo n’a pas fêté de milliards. Il s’agit plutôt d’une anecdote. À l’occasion de l’anniversaire de son épouse, monsieur Kodjo avait signé des contrats de plusieurs milliards de francs. Une Camerounaise, présente le jour-là, avait manifesté sa joie en disant “fêtons ces milliards”. C’est de là qu’est partie cette fille rumeur”, a-t-il relaté saluant les qualités de son candidat qu’il décrit comme un homme de “rigueur, de autorité et d’efficacité”.

Le Conseiller municipal de Golfe 7 se dit confiant quant à la victoire de son candidat cette année. Pour cela, Gérard Adja compte sur la mobilisation des électeurs et “la capacité d’organisation” de l’équipe de campagne de Kodjo, mue par la “foi” prêchée par l’archevêque émérite.

Ambroise DAGNON

Présidentielle 2020: Tikpi Atchadam soutiendrait-il Agbéyomé Kodjo?

Agbéyomé Kodjo n’a pas tardé à partager le lien sur son compte Twitter. C’est le site d’information Africa Rendez-vous qui lance la bombe. Le journal de Sylvio Combey, qui s’appuie sur un message audio de Tikpi Atchadam, affirme que le leader du PNP considérerait le choix porté sur l’ancien premier ministre comme “un bon choix pour ‘sauver la situation”.

Africa Rendez-vous transcrit même des extraits de l’audio qu’il cite. “Dans cette perspective, ils pourront faire appel aux anciens chefs d’État, l’équipe de Niamey qui pourra rassuré Faure Gnassingbé et l’armée togolaise”, écrit le site.

Dans ce message audio, tikpi Atchadam aurait également insisté sur la nécessité d’une transition qui serait “le meilleur cadeau à offrir aux Togolais en cette année 2020”.

À y voir de près, une première première question se pose. Comment, en même temps qu’il “apporte son soutien” à Agbéyomé Kodjo, candidat au scrutin du 22 février, tikpi Atchadam parle-t-il encore de “transition”?

Par ailleurs, cette information qu’il convient de prendre avec précaution à l’heure actuelle, s’apparente à un virage à 180° du leader de la contestation du 19 août 2017. Tikpi Atchadam, qui ne croit pas aux institutions de la république du Togo, a toujours misé sur la rue pour renverser le pouvoir de Lomé. Le Saint-Esprit de Mgr Kpodzro se serait-il saisi de l’homme de Kparatao ? Une réaction de celui qui privilégie des messages audio sur les réseaux sociaux depuis son exil est très attendue dans les heures qui viennent.

Et si l’information publiée par Africa Rendez-vous s’avérait, pourrait-on parler de soutien de taille pour Agbéyomé Kodjo autour de qui certains leaders de partis d’opposition ont déjà fait bloc, vu que les partisans d’Atchadam sont supposés ne pas s’être inscrits sur les listes électorales?

Ambroise DAGNON