Gabon/Pierre-Clavier Maganga: “Allez annoncer au monde entier qu’Ali Bongo se porte mieux »

« Allez dans le monde entier, proclamez la bonne nouvelle aux populations : le président se porte bien ». Ces mots sont ceux du vice-président gabonais Pierre Clavier Maganga Moussavou. Une façon rassurer davantage le peuple gabonais partagé entre les rumeurs sur la mort du président Ali Bongo et les informations l’annonçant en pleine convalescence au Maroc.

« Nous l’avons vu, nous l’avons touché et nous espérons être à la hauteur pour qu’il puisse recouvrer pleinement sa santé. Il faut qu’on le rassure que le gouvernement et la présidence de la République se mettent au travail», a lancé Pierre-Claver Maganga Moussavou. «Rassurez le peuple gabonais en lui apportant le minimum dont il a besoin pour assurer la paix et la sérénité, ajoute t-il dans ses propos. Voilà le conseil que le président de la République nous a donné“.

Par loyauté, « voilà aussi l’engagement que le Premier ministre et moi-même avons pris devant le président de la République de nous montrer à la hauteur de la tâche afin qu’il ait le temps de recouvrer pleinement sa santé et nous revenir requinqué», s’est-il davantage voulu rassurant.
«Je tiens à vous dire que l’histoire est jonchée de cas où le président de la République est malade et prend le temps de se remettre en bonne santé. Il n’y a pas de limite à cela. Nous constatons que ce n’est pas l’occasion de parler de la vacance. Il est malade. Tout le monde peut être malade. Chacun de nous, chacun à son tour peut être malade», a-t-il conclu.

Met Gaye

Gabon: A qui profite l’état de santé du président Bongo?

De la surveillance médicale à la rééducation, Mohamed VI impose désormais ses vues sur l’ensemble de tout ce qui a trait avec son ami d’enfance, Ali Bongo Ondimba. C’est Abdelaziz Maaouni, médecin personnel du Souverain marocain, qui assure la surveillance médicale du président gabonais arrivé dans la capitale marocaine le 1er décembre sur insistance du roi. Et depuis, tous les autres praticiens déjà consultés par la famille Bongo sont tout simplement écartés.

L’influence de Mohamed VI sur le dossier Ali Bongo va au-delà de l’aspect médical. Récemment, des images du locataire du palais du bord de mer de Libreville dans sa chambre d’hôpital ont font le tour du monde.

Tout le monde ne peut plus voir le président

Présent à Rabat depuis le 1er décembre, le porte-parole de la Présidence gabonaise,  Ike Ngouoni Aila Oyouomi, est resté cloitré dans son hôtel. Brice Laccruche Alihanga ne connaîtra pas non plus un meilleur sort. Le directeur de cabinet présidentiel a dû séjourner dans la villa de Noureddine Bongo, le fils aîné du président gabonais, refusant la chambre que lui avait réservée le roi au ‘Jardin des Roses’ l’hôtel Sofitel de Rabat où sont logés les autres officiels gabonais.

A son retour dans la capitale gabonaise après un séjour de quelques jours à Londres, la Première dame, Sylvia Bongo a exigé que Park Sang Chul alias Monsieur Park, le garde du corps sud-coréen du président quitte la chambre d’hôpital d’Ali Bongo. Mais alors, pourquoi cette implication personnelle du Souverain marocain ?

Mettre un ami d’enfance à l’abri des ‘vautours’

L’annonce de l’accident vasculaire cérébral dont il est victime le 24 octobre dernier à Riyad, a suscité une vague de réactions au Gabon et à travers le continent, avec des rumeurs aussi folles que diversifiées, certains donnant même pour mort le président. Si dans les rangs de l’opposition ainsi dans une frange de l’opinion nationale gabonaise, ces réactions sont compréhensibles,  l’attitude de l’entourage du chef de l’Etat  est simplement sidérante !

Certains collaborateurs du président n’ont pas attendu une seule seconde pour vendre la peau de l’ours avant de l’avoir abattu. Et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Pressés de tourner la page Bongo, ces vrais-faux amis ont fait (et continuent de le faire) de la désinformation et de l’intox, leur première arme de combat. Dans la foulée, des journaux – essentiellement des sites internet – ont été montés de toutes pièces avec des titres ronflants et des contenus au ton diffamatoire à l’encontre des collaborateurs les plus fidèles du chef de l’Etat. Certaines rumeurs sur la supposée hémiplégie du président gabonais dont il a été même raconté qu’il « a perdu toutes ses facultés au point de ne plus jamais pouvoir diriger le Gabon » sont le fruit de l’imagination fertile de ces mercenaires de la plume au service des ingrats nourris au petit lait du palais. Ces thuriféraires de la cour ont même raconté sur le Haut représentant spécial du chef de l’Etat, Maixent Accrombessi, qu’il aurait été « chassé de l’hôpital militaire de Rabat ». Alors que la réalité démontre le contraire !

Échanger sur les conséquences de l’AVC avec Maixent Accrombessi

Depuis le 2 décembre, le Haut représentant spécial d’Ali Bongo séjourne dans la capitale marocaine, à la demande de ce dernier. Seul collaborateur à être autorisé (par le roi marocain) à rendre visite au président dans sa chambre d’hôpital, en dehors d’Hervé Patrick Opiangah, l’un des plus proches conseillers du président, Maixent Accrombessi échange régulièrement avec le malade sur les conséquences d’un accident vasculaire cérébral dont il avait été lui-même victime. Selon une source digne de foi, Maixent Accrombessi fait partie de ceux qui ont estimé que la capitale anglaise n’était pas une bonne destination pour Ali Bongo, suggérant que ce dernier poursuive sa convalescence et sa rééducation au Maroc, pays du Mohamed VI, qui passait ses vacances chez son ami d’enfance Ali qui à son tour préférait le Maroc pour ses vacances. Comme quoi, seuls les collaborateurs loyaux du président gabonais peuvent avoir cette autorisation du Souverain chérifien qui veille sur la santé de son ami comme du lait sur le feu.

Gabon: Quand l’état de santé de Bongo relance le débat sur le contentieux électoral de 2016

Qu’est-il réellement arrivé à Ali Bongo ? Depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulent sur le ‘décès’ du président gabonais. Mais selon son entourage, le locataire du palais de bord de mer de Libreville est bien vivant, et a même déjà entamé son processus de rééducation. En attendant d’en avoir le cœur net, l’opposition gabonaise remet au goût du jour le contentieux électoral d’août 2016.

Samedi,  à Nkembo, quartier général de l’ancien Premier ministre, Jean Eyeghe Ndong, les partisans de Jean Ping, le principal opposant à Ali Bongo, étaient en meeting pour exiger que soit installé dans le fauteuil présidentiel celui qu’ils considèrent comme le véritable vainqueur de la présidentielle de 2016. “Pourquoi celui qui est élu n’est pas à la présidence?“, s’est interrogé Eyeghe Ndong, l’un des piliers de TGV (Train à grande vitesse), mouvement créé par Jean Ping lui-même et qui ambitionne de prendre le palais présidentiel.

Ce n’est pas 200 personnes, c’est 5000, 10.000, 20.000, même 50.000. Et ça doit être la même chose à l’intérieur du pays”, a lancé l’ancien chef du gouvernement gabonais devant les manifestants.

Du pur rêve, aux yeux de la majorité présidentielle qui affirme avoir déjà tourné la page d’une élection déjà vieille de plus de deux ans.

Victime d’un accident vasculaire cérébral le 24 octobre dernier, Ali Bongo Ondimba a passé un mois à l’hôpital King Faisal de Riyad. Il était annoncé cette semaine au Maroc où il doit poursuivre sa convalescence. Une longue absence qui a créé un vif débat autour de la vacance du pouvoir, même au sein de la majorité présidentielle.