Bénin : Décès de l’ex-président de la Commission de la CEDEAO Marcel de Souza

Marcel de Souza n’est plus. L’ex président de la Commission de la CEDEAO est décédé ce matin à Paris des suites d’une crise cardiaque à l’âge de 65 ans.

Le beau-frère du président  béninois Boni Yayi s’était rendu dans la capitale française pour voir sa famille et pour faire un bilan de santé. Il devrait commencer ce bilan ce mercredi 17 juillet 2019, nous informent des sources proches sa famille.

Marcel de Souza fut ministre du Plan dans le gouvernement du président béninois Thomas Boni Yayi avant d’être élu à l’Assemblée nationale du Bénin. Avant Yayi dont il a été également conseiller technique à l’économie, il a servi aussi le président Soglo. Il a été membre de sa cellule macro économique aux côtés de Guy Adjanonhoun et autres.

Avec la Nouvevelletribune.info

Emprunt obligataire par appel public à l’épargne BIDC-EBID 6,40% 2019-2026

Dans le cadre de son programme d’investissement, la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) souhaite solliciter le marché financier de l’UMOA afin de mobiliser des ressources en vue de financer une partie de ses opérations générales de prêt dans ladite zone. Au total 132,14 milliards de FCFA ont été ainsi mobilisés successivement en 2006, 2010, 2014 et 2017, pour le financement de projets au sein de l’espace UEMOA.

La présente opération permettra de lever un montant additionnel de 25 milliards de F CFA qui viendra renforcer les interventions de la BIDC en faveur de six pays membres de l’Union. L’opération représentée par 2 500 000 obligations d’une valeur nominale unitaire de 10 000 F CFA, offre un taux d’intérêt annuel de 6,40% net de tout impôt dans l’ensemble des pays de la CEDEAO, sur une durée de 7 ans. Les intérêts seront payés semestriellement à partir de la première date anniversaire de la date de jouissance des titres.

Le remboursement du capital sera semestriel à raison d’un douzième (1/12) dudit capital par semestre avec un différé de deux semestres. Le Consortium formé par la SGI TOGO et CGF Bourse a été mandaté pour conduire cette opération qui s’étend sur l’ensemble du marché financier de l’UMOA et à l’international. Conformément à la réglementation de ce marché financier, cette opération doit être accompagnée par une campagne de communication à l’échelle sous régionale. MIVASOCIAL la plus grande plate forme africaine s’associe à cette campagne de promotion.

Il est à rappeler que La BIDC est une Institution financière internationale qui bénéficie pour l’atteinte de ses objectifs et dans l’exercice de ses fonctions des immunités et privilèges reconnus aux institutions financières internationales.
Aussi, le capital souscrit n’est-il que partiellement appelé et que la partie non
appelée à savoir «le capital sujet à appel» sert de garantie aux emprunts et prêts contractés par la BIDC.

Au 31 décembre 2018, le capital autorisé est de 1 000 000 d’UC, dont un capital
sujet à appel de 307,3 millions d’UC soit 244.76 milliards de FCFA.

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Aminata Toungara : “Il ne faut pas précipiter les élections” au Togo

Voilà qui va relancer le débat au niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Alors que le gouvernement togolais se dit prêt à aller aux élections législatives le 20 décembre conformément à la feuille de route de la CEDEAO, une voix et non des moindres vient de s’élever pour demander le report des scrutins pour préserver la paix déjà fragile dans le pays de Faure Gnassingbé.

Dans une interview à BBC ce dimanche, la vice-présidente du Parlement de la CEDEAO a mis en garde contre les risques d’embrasement si les élections étaient maintenues au 20 décembre. “Le Togo est un petit pays de la sous-région. S’il s’embrase, le Ghana, le Bénin, la Côte prendront un coup“, s’inquiète Aminata Kamara Toungara qui se demande si “on a besoin de cet embrasement“.

La députée ivoirienne du RDR, le parti d’Alassane Ouattara, se dit surprise par la fermeté de l’opposition togolaise qui n’entend pas participer à ces élections qu’elle considère comme frauduleuses. “On n’a jamais pensé que l’opposition (la C14, ndlr) allait avoir une position aussi radicale. On s’est dit qu’ils ont discuté et qu’ils allaient prendre ce qui leur revient comme place (leurs sièges à la CENI, ndlr)“, explique-t-elle.

Il ne faut pas précipiter les élections. Moi, je pense en âme et conscience qu’il faut attendre“, a-t-elle ajouté promettant qu’elle discutera avec le président de la Commission de la CEDEAO pour attirer son attention sur la gravité de la situation togolaise.

Aminata Kamara Toungara souhaite par ailleurs que les chefs d’État ouest africains puissent parler à leur homologue togolais. “Je souhaite que les chefs d’État puissent se retrouver et qu’ils disent au président de mettre balle à terre, […] et qu’on reporte la date de ce élections, “, a-t-elle plaidé.

Plaidant pour un report de ces élections, elle estime que mars-avril serait la période raisonnable pour permettre à l’opposition de se présenter, “afin qu’on puisse aller dans un pays normal” car “rien ne vaut la paix“.

Samedi, Gilbert Bawara, le ministre togolais de la Fonction publique, a estimé que la campagne commence mardi et que les élections auront lieu le 20 décembre. Pendant ce temps, l’opposition coalisée continue de manifester dans tout le pays pour arrêter le processus électoral. La sortie médiatique de la vice-présidente du Parlement de la CEDEAO devrait ajouter à l’incertitude qui plane déjà sur la tenue de ces scrutins.

Togo/Bawara : “Mardi, la campagne commence et le scrutin aura lieu le 20 décembre”

Les élections législatives auront-elles vraiment lieu le 20 décembre ? Rien ne pourrait empêcher cela, selon Gilbert Bawara. Invité de l’émission ‘Le monde en 7’ sur la chaîne de télévision New World Info ce samedi, le bras droit de Faure Gnassingbé ne semble pas ébranlé par les manifestations de l’opposition coalisée qui assure qu’elle passera par “tous les moyens” pour barrer la route à ce qu’elle considère comme une mascarade électorale.

Mardi, la campagne commence, et le scrutin aura lieu le 20 décembre. Je ne vois pas de raison de vous dire le contraire“, a déclaré le ministre togolais de la Fonction publique qui, à la question de savoir si les élections auront lieu sans les partis membres de la Coalition, répond : “en démocratie, il faut savoir respecter les droits et les libertés des uns et des autres notamment les droits et libertés des partis politiques de décider ou non de participer à des scrutins électoraux“. Et de mettre en garde contre les conséquences du boycott sur les échéances post-législatives.

Si pour certains, le boycott aiderait à préserver toutes les chances pour les échéances futures que certains considèrent comme majeures, c’est leur droit. Mais tout le monde sait aussi quelle sera la conséquence de la non-participation aux législatives. En n’étant pas dans l’opposition parlementaire, on ne fait pas partie automatiquement de la CENI”, a-t-il insisté.

Une assurance qui contraste avec la détermination de la C14 à se mettre en travers des rails du train électoral. Depuis vendredi en effet, à l’appel de ce regroupement, des manifestations sont observées dans plusieurs villes du Togo rappelant le souvenir de celles du 19 août 2017. Gilbert Bawara persiste et signe: “ je le répète, il n’y aura pas un nouveau 19 août au Togo“.

Qui doit céder? Les citoyens ou l’État ? Qu’est-ce qui doit prévaloir? La volonté de chacun de nous ou la loi? Nous sommes en République, et en République, ce qui est important, c’est que la loi soit respectée. Et nous en tant que gouvernement, nous ferons respecter la loi. Nous ferons prévaloir l’autorité de l’État”, a-t-il insisté avant de relativiser: “vous allez encore dire que je menace, non, ce n’est pas une menace“.

Abordant la question des réformes, l’ancien ministre de l’administration territoriale a voulu lever l’équivoque : “La feuille de route n’a jamais dit qu’il faut faire les réformes avant les élections législatives”, ajoutant que les chefs d’Etat de la CEDEAO, en invitant la classe politique togolaise à privilégier la voie référendaire, étaient conscients que les réformes (par voie référendaire) n’étaient pas faisables en même temps que les législatives.

Quid du débat entourant la proposition de l’avant-projet de réforme constitutionnelle d’Alioune Badara Fall? “La désignation d’un expert constitutionnaliste n’a pas été prévue par la feuille de route de la CEDEAO, explique Gilbert Bawara. C’est la Commission de la CEDEAO, qui exécute généralement les recommandations de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement, qui a décidé, à titre d’appui technique et d’accompagnement du gouvernement et des acteurs politiques, de commettre un expert pour nous proposer un texte. […] Et même lorsqu’un État signe une convention, le gouvernement a la latitude d’apporter des amendements avant la ratification par les députés qui gardent eux aussi leur liberté d’amendement”

Le 22 décembre, il y aura le Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO. La Conférence appréciera le comportement et l’attitude des uns et des autres, les actes et les mesures qui ont été engagés dans le sens du respect de la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO”, conclut le ministre Bawara

 

Togo/Réformes politiques : La CEDEAO tient au texte proposé par son expert

La Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) continue de suivre de près l’évolution de la situation politique togolaise, notamment en ce qui concerne l’avant-projet de loi modifiant certains articles de la Constitution togolaise. Elle l’a signifié ce mercredi à la Coalition des 14.

Le texte proposé par le professeur Badara Fall porte sur les articles 59, 60 et 100 de la Constitution du 14 Octobre 1992 conformément aux recommandations de la feuille de route de la CEDEAO. Lequel texte a été transmis ce jour à la C14 mais avec une version “légèrement modifiée” selon un communiqué du regroupement dirigé par Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson.

La référence au nombre d’électeurs inscrits pour le calcul de la majorité absolue au premier tour a été retirée pour ne retenir que les suffrages exprimés“, souligne la C14 qui considère que “cette modification ne remet nullement en cause le rétablissement du mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour l’élection du Président de la République“.

Le communiqué ajoute que la CEDEAO a clairement notifié à la Coalition son soutien à cette modification qui « vise à rendre cet article conforme à la règle et à la pratique dans les pays de notre sous-région ».

Rassurée, l’Opposition coalisée dit prendre acte de la nouvelle mouture de l’avant-projet et souhaite que, “dans un esprit de compromis et de consensus, le projet de loi à soumettre à l’adoption  de l’Assemblée nationale reflète fidèlement la lettre et l’esprit de l’avant-projet de la CEDEAO“.

Exprimant leur gratitude à l’organisation sous régionale en l’occurence aux deux facilitateurs “pour tous les efforts qu’ils ne
cessent de déployer en vue d’une résolution pacifique de la grave crise sociopolitique qui mine le Togo”, Adjamagbo-Johnson et les siens remercient par ailleurs toutes les Togolaises et tous les Togolais pour “leur
confiance et leur détermination“.

 

Togo: La CEDEAO condamne toute forme de violence à l’étape actuelle de la crise

Dans un communiqué en date du lundi 26 novembre 2018, la CEDEAO dit être informée de la diffusion des “écrits et des propos pour appeler à des initiatives susceptibles de créer le désordre et de susciter la violence au Togo“. Des messages que l’organisation sous régionale considère comme étant de “nature à compromettre les efforts qui sont en cours pour mettre fin à la à la situation difficile que connaît le pays“.

Par conséquent, elle renvoie les parties prenantes de la crise togolaise à la Feuille de route du 31 juillet qui, en ses articles 39 et 40, a condamné tout recours à la violence, conformément à “l’esprit et la lettre du Protocole de la CEDEAO relatif au Mécanisme de prévention, de gestion, de règlement de conflits, de maintien de la paix et de la sécurité, ainsi que son Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance“.

Le communiqué de la CEDEAO désapprouve donc ces écrits et propos qui, selon elle, “vont à l’encontre du souci d’apaisement” si cher à la Facilitation entreprise par les chefs d’Etat.

Par ailleurs, la CEDEAO se montre plus ferme en lançant un appel “pressant à toutes les parties prenantes à la crise pour qu’elles s’abstiennent de recourir à la violence et s’inscrivent résolument dans la voie du dialogue et de la concertation“.

Réaffirmant leur détermination à “tout mettre en oeuvre en vue de l’application de la feuille de route du 31 juillet 2018“, la CEDEAO espère pouvoir compter sur la collaboration de la société civile et des médias en vue d’une résolution pacifique de la crise actuelle.

Les élections législatives sont prévues pour se dérouler le 20 décembre selon la feuille de route de la CEDEAO. L’opposition coalisée a appelé au boycott des opérations de recensement électoral. Elle entend employer “tous les moyens” pour empêcher la tenue de ces élections qu’elle considère comme frauduleuses. Une série de manifestations est même prévue à partir de ce jeudi 29 novembre. Le ministre de la Sécurité, Damehame Yark, a prévenu ceux qui tenteront d’empêcher la tenue de ces scrutins, déclarant qu’il n’y aura pas de pardon pour « ceux qui se mettraient au travers de ces élections ».

Togo: Après le recensement, le MCD exige la révision du chronogramme des élections

Après son dernier communiqué qui a suscité une vague de réactions au sein de la Coalition des 14 partis de l’opposition dont il est membre, le Mouvement Citoyen pour la Démocratie (MCD) fait une nouvelle sortie. Alors qu’on croyait qu’il était dans une logique participationniste, le parti de Mouhamed Tchassona-Traoré exige plutôt du gouvernement, la révision du chronogramme électoral en vue d’obtenir un fichier électoral dépourvu de tout germe conflictogène.

Dans un nouveau communiqué de presse rendu public ce lundi, le Mouvement Citoyen pour la Démocratie “se réjouit de ce que son appel du 14 novembre invitant les populations à saisir cette occasion à titre conservatoire, a été suivi“.

L’étape de la session de rattrapage des opérations de recensement étant passée, Tchassona Traoré et son parti s’attaquent désormais à un autre aspect du processus électoral en cours: le chronogramme des élections. “A présent, le MCD demande au gouvernement de revoir le chronogramme des élections législatives pour permettre à la CENI recomposée et aux experts de la CEDEAO de proposer aux Togolais un fichier électoral acceptable justifiant la convocation d’un corps électoral connu“, peut-on lire dans le document.

A cela s’ajoutent la libération des personnes arrêtées dans le cadre des manifestations politiques et la levée de l’état de siège dans les villes de Mango, Bafilo et Sokodé; ce qui constitue  “le minimum indispensable pour une élection crédible et apaisée“, aux yeux du MCD qui renouvelle par ailleurs son appel à la Communauté internationale, la CEDEAO en particulier, à “continuer à appuyer le Togo dans la quête de solution à la crise actuelle afin que les prochaines élections législatives puissent véritablement combler les attentes de la communauté nationale et internationale“.

Le 14 novembre dernier, le MCD, parti membre de la C14, avait appelé les Togolais à saisir ce qui apparaissait comme la dernière chance donnée par la CENI qui avait prorogé de trois jours, les opérations de recensement électoral. Une sortie qui a provoqué le courroux de la Coalition qui a promis des “sanctions appropriées” au parti de Tchassona Traoré.

Togo: Le MCD et la stratégie du recensement électoral à titre conservatoire

Dans un communiqué de presse ce mercredi, le parti de Me Mouhamed Tchassona Traoré appelle “ses militants ainsi que l’ensemble de la population togolaise à aller se faire recenser à titre conservatoire aux dates et lieux indiqués par la CENI“. Une démarche plutôt surprenante pour un parti membre de la Coalition des 14 partis de l’opposition. Le MCD justifie son choix par la position de la CEDEAO et du Groupe des 5 qui, en plus d’appeler la classe politique togolaise à jouer, chacun en ce qui le concerne, sa partition pour une sortie de crise, s’engagent à accompagner le Togo vers la réussite des prochaines élections.

Ces appels de l’organisation sous régionale et des chancelleries occidentales sont assortis de leur engagement à accompagner le Togo vers des élections crédibles. Le MCD prend donc au mot la CEDEAO et le G5 non seulement pour cet engagement devant l’histoire mais aussi pour leur appel au gouvernement togolais de libérer toutes les personnes détenues dans le cadre des manifestations politiques“, souligne le communiqué.

Par ailleurs, le parti demande au gouvernement togolais de “s’approprier, dans leur forme et teneur, les communiqués de la CEDEAO et du G5 pour faire cesser toutes sortes de violence et l’exhorte à lever  l’état de siège de fait imposé dans les villes de Sokodé, Bafilo et Mango“.

Pour finir, Me Tchassona Traoré et les liens invitent le gouvernement à “libérer, dans les meilleurs délais, toutes les personnes arrêtées dans le cadre des manifestations politiques et qui sont encore détenues dans les prisons togolaises“.

 

 

 

Togo : La C14 appelle la CEDEAO à vite arrêter le processus électoral pour éviter le pire

Recensement électoral enclenché depuis une semaine mais boycotté par les partis membres de la Coalition des quatorze, incompréhension entre pouvoir et opposition quant à la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI)…, la feuille de route proposée par la Cedeao semble dans l’impasse. Les élections auront-elles lieu suivant le chronogramme actuel ? La C14 n’entend pas s’embarquer dans ce train qui se dirige, selon elle, vers une gare dangereuse. Elle en appelle donc à la vigilance des chefs d’Etat de la sous-région.

La Coalition des 14 partis reste sur sa droite ligne et ne compte pas fléchir face à ce qu’elle appelle « coup de force du pouvoir ». Face à la presse lundi, la C14 a exprimé son mécontentement par rapport au traitement qui est réservé à la feuille de route proposée par la CEDEAO.

À en croire ce regroupement de partis d’opposition, les conditions d’organisation d’une élection frauduleuse sont réunies  La C14 estime que les jalons de la fraude sont perceptibles à travers plusieurs anomalies avérées. Elle exige donc la reprise des opérations de recensement lorsque la Commission électorale nationale indépendante sera effectivement et recomposée et installée.

En ce qui concerne le découpage électoral qui présente, aux yeux de la Coalition, des déséquilibres inacceptables, le principe d’ « un homme une voix » s’impose comme la meilleure solution.

Les partis coalisés appellent par ailleurs la CEDEAO à « rester vigilante face à la tendance du régime  à exploiter la présence des experts électoraux et des observateurs électoraux comme  une caution à leurs entreprise frauduleuse. »

Le recensement, même s’il est prorogé de 24 heures pour la zone 1, doit être boycotté. Et à la question de savoir si l’opposition va toujours appeler les populations de la zone 2 à s’abstenir à se faire enrôler,  Brigitte Adjamagbo-Johnson  est catégorique : « Bien sûr, nous appelons les populations à rester à l’écart de ce qui se fait actuellement par la CENI. Ce qui se passe dans la zone 1 nous donne raison ».

La Coalition annonce pour les prochains jours, les résultats d’une étude relevant le caractère déséquilibré du découpage électoral au Togo.

Stanislas AZIATO

Togo / Patrick Lawson: “Nous avons eu tort d’arrêter les manifestations car c’est la seule arme qu’on avait”

Cela fait un mois que la CEDEAO a proposé une pour une sortie de crise au Togo. Mais visiblement tout est au point mort. Comment est-ce que vous l’analysez ?

Je suis inquiet. Je n’ai rien à cacher là-dessus. J’ai cru au départ que la CEDEAO aura le souci de se racheter après tout ce qui s’est passé particulièrement en 2005. Mais tel que les choses évoluent, sans vouloir sérier le groupe des chefs d’Etat, je préfère parler de la CEDEAO globalement : Cela ne nous rassure guère. Des chefs d’Etat de la CEDEAO sont également inquiets, mais ce n’est pas le lieu de citer des noms. Considérons que c’est une organisation qui a pris le problème du Togo en main et elle a le devoir de trouver des solutions. Cela fait un mois que cette feuille de route qui, d’ailleurs insatisfaisante, est sortie. Nous ne comprenons pas que jusqu’à présent, les facilitateurs ou leurs représentants ne soient pas revenus et on a vu même le président de la Commission venir à Lomé tout seul. Tout cela n’est pas rassurant pour nous. Nous avons confié notre sort en partie aux facilitateurs parce que nous avons considéré qu’ils sont conscients du problème togolais. Nous ne voudrions pas que le sort du Togo soit désormais entre les mains d’un fonctionnaire.

Est-ce que cette feuille de route peut permettre au Togo de mettre fin à la crise ?

Je demeure sceptique. En 1990, lorsqu’il y a eu l’insurrection, c’est parce que le pouvoir d’Etat était confisqué par un seul homme, une seule famille, un seul clan. Les Togolais se sont soulevés et comme remède, nous nous sommes prescrits la constitution de 1992, croyant que ça allait réconcilier les filles et fils du Togo. Tel n’a pas été le cas. Le régime ayant tiré des leçons des élections de 1994 et 1998, décida de modifier complètement et unilatéralement la constitution originelle de 1992. En 1994, le mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours a permis à l’opposition et singulièrement au CAR et à l’UTD de remporter les élections législatives. En 1998, le fichier électoral moins corrompu, et la vigilance des membres dans les bureaux de vote, ont permis à Gilchrist Olympio de battre à plate-couture le régime déjà trentenaire.
Ainsi donc, ce mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours a été supprimé aussi bien pour les législatives que pour les présidentielles. Plus grave, en 2002, les fondamentaux de la constitution de 1992 ont été modifiés. En 2005, ils l’ont exacerbé en la charcutant un peu plus. Et aujourd’hui nous avons ce que nous avons. Des années ont passé. Le sort des togolais ne sait guère amélioré : Pas de route, pas de pain quotidien, pas d’écoles. Une dictature sournoise a pris la place de celle plus brutale. Les Togolais, mécontents et soucieux de l’avenir de la jeunesse, ne cessent de répondre aux différents appels à manifester des forces démocratiques. Leurs sorties devenaient de plus en plus massives. Je ne citerais pour preuves que celles des 12 Juin et du 03 Août. Cette dynamique populaire va permettre aux togolais de briser le mur artificiel qui voudrait scinder le Togo en deux, le Nord et le Sud. On allait vivre le phénomène social total du 19 Août, date à la quelle, les togolais ont fait écrouler le mur de la honte : dans une symbiose extraordinaire, tous les togolais se sont retrouvés pour dire non au régime cinquantenaire. C’est la grande différence. C’est ce qui s’est passé le 19 août et il est compris de tout le monde que le peuple togolais est seul, uni et indivisible ; que ce peuple refuse le régime tel qu’il est et le dirige aujourd’hui. Ce peuple veut que les choses changent. De 19 août à aujourd’hui, avec le soutien populaire beaucoup de choses ont pu être faites par la C14. Mais, lorsqu’on lutte, c’est la vigilance de tous les temps. Et a cet effet, je nous fais des reproches. Cela n’engage que moi. Cela n’engage pas mon parti. Nous avons eu tort d’arrêter les manifestations parce que c’est la seule arme qu’on avait. Et aujourd’hui, le régime le sait. Il nous fera toutes les entourloupettes pour nous empêcher de reprendre les manifestations, notre arme redoutable et populaire. Si on avait continué les manifestations, en les conjuguant avec notre capacité de négocier, les deux conjuguées auraient pu donner quelque chose d’extraordinaire. Cependant, j’espère que ça va se corriger parce que le régime lui-même pousse à ce que les populations, elles-mêmes se révoltent et ça ne va pas tarder, je suis convaincu.

L’opposition n’a pas de représentant à la commission électorale nationale indépendante mais l’institution fonctionnent et prépare les législatives ?

Avant de vous répondre, je voudrais vous dire : ‘Autres temps, autres mœurs’. Il n’est plus question qu’on nous pousse et qu’on accepte d’aller aux élections dans n’importe quelles conditions. C’est fondamental cette précision. Répondre précisément à votre question, aujourd’hui, nous n’accepterons plus qu’on nous impose les membres de notre quota. On ne peut plus nous choisir notre entité. Si la CENI paritaire comme nous le souhaitons, cela veut dire que sur les 17 membres, l’opposition choisira ses 8 membres et il revient au parti UNIR d’en faire au temps. UNIR ne peut nous imposer le choix de no membres. Et il va de soit que la 17ème personne ne peut et ne doit être qu’un homme de consensus et d’équité. Dans ces conditions, il revient à l’opposition de choisir exclusivement ces 8 membres. Et il faut que cela soit clair pour tout le monde. On ne pourra pas faire autrement parce que nous avons assez concédé sur ces choses et je vous dis : on ne le fera plus. Il y a également le problème du fichier électoral. Ce fichier doit être repris de fond en comble et avec à la clé, la biométrie intégrale. A la C14, dans la société civile et dans la diaspora, nous nous battrons jusqu’au dernier souffle. Je suis sûr que le vaillant peuple togolais prendra une fois encore son destin en main et ne comptera pas uniquement sur les seules forces humaines et limitées des partis de l’opposition. La détermination des populations est la seule arme dont dispose les forces démocratiques.

En ce qui concerne la CEDEAO, je m’interroge, sur ce qui peut encore nous arriver. Qu’aucune organisation ne vienne nous dire que le pouvoir est assez avancé dans les travaux, avec la collaboration avec ZETES, qui a fait trop de mal au Togo. Nous ne l’entendons plus de cette oreille. Je vous dis, la représentation nationale doit être désormais le fait du peuple et non le fait du prince. Il faut que ce soit au cours des élections transparentes et crédibles que le peuple désigne désormais ces représentants. Et non plus par le jeu des fraudes.

C’est pourquoi nous nous battrons pour qu’il ait un fichier électoral clair, une CENI paritaire et indépendante, des experts jouent leurs rôles d’objectivité, une Cour Constitutionnelle recomposée et juste. Et n’oublions pas qu’en dehors des réformes électorales, il y a les réformes constitutionnelles pour lesquelles les Togolais sont allés dans la rue. Nous devrions éviter de nous contenter seulement des réformes électorales. C’est avec les réformes constitutionnelles et institutionnelles que les Togolais sauront que les choses ont changé, qu’il n’y aura plus d’élections truquées faites de violences. C’est le seul climat dans lequel il n’y aura pas d’abstention, ni de personnes déplacées pour cause d’élections. Nous ferons ainsi des élections, des moments de bilan et d’acte civil.

Vous n’êtes pas d’accord avec la CENI actuelle mais au niveau de la C14 pourrait-on voir une alliance électorale s’il faut nécessairement aller aux élections ?

Je trouve ce débat pour le moment surréaliste, vous savez, je suis l’un de ce qui ont commencé la C14, je suis Vice Président de l’ANC, parti que préside Jean Pierre Fabre. Un parti comme le nôtre ne peut souffrir de dyarchie. Le président lui-même nous représente et fait bien son travail au sein de la C14 ; un travail exténuant qu’il fait avec dextérité. C’est juste pour vous dire que j’ai eu l’avantage de prendre part à certaines réunions fondamentales pour la C14 : Par exemple celle au cours de laquelle nous avons convenu que notre plateforme de travail serait le plus petit dénominateur commun.

Réformes !réformes !réformes ! Les partis ne perdent pas leur autonomie. Une fois que l’environnement politique sera assaini, nous irons aux élections. Il se trouve que, pour avoir travaillé ensemble, cela exige une forme de solidarité et de cohésion. Alors peut on dire, sans coup férir que nos partis politiques peuvent prendre part aux échéances à avenir, sans aucune forme d’alliance électorale, entre les partis de la C14, voire même avec d’autres partis de l’opposition? Non. Personne ne peut le dire. Ce que nous n’acceptons pas, c’est qu’on commence par parler d’alliance électorale alors qu’on n’a pas encore résolu les problèmes des réformes, réformes constitutionnelles, réformes électorales. Parler déjà d’alliance en croyant que celle ci peut permettre de gagner les élections dans n’importe quelles conditions, est un leurre. Écoutez-moi bien. je ne dis pas que le régime RPT /UNIR est plus fort que nous. Non. Nous allons perdre ces élections parce que si nous n’avons pas assaini l’environnement institutionnel et constitutionnel, les Togolais ne seront pas rassurés, ils n’iront pas voter. Si nous n’avons pas de bonnes conditions de participation à ces élections, un fichier fiable, une CENI digne de ce nom avec une Cour Constitutionnelle qui dit vraiment le droit, si nous n’avons pas un découpage (électoral, ndlr) reformulé, il n’y aura pas de transparence. A cela s’ajoute le vote de la diaspora. Ce qui implique et nécessite la création de nouvelles circonscriptions électorales dédiées aux togolais de l’étranger. Juste pour rappel, le vote de la diaspora fait partie de nos revendications, comment allons-nous le faire, si nous ne tenons pas compte de leur existence dans le découpage électoral qui s’impose d’ailleurs.

Une autre préoccupation : S’agissant du mode de scrutin proportionnel à la plus forte moyenne, c’est le mode de scrutin qui permet au parti au pouvoir de par le système communautariste d’avoir 18 voire 31 députés avant même qu’on ne commence la répartition des sièges. C’est pour cela que nous disons que le mode de scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour les législatives est ce qui est juste aujourd’hui. C’est vrai, je reconnais que cela favorise les personnalités mais lorsqu’on parle des personnalités dans ces conditions, c’est aussi des personnalités locales. Un cultivateur qui se respecte, un bon père de famille est une personnalité dans son milieu et à ce titre est respecté. Est-ce que nous le comprenons ? Voilà comment nous, nous voyons les choses.

Cependant, il ne nous effleure pas l’esprit de refuser une alliance électorale avec des femmes et des hommes avec qui on fait la lutte. Seulement nous disons que sachons raison gardée. Il n’est pas encore temps et il y a des réalités dont il faut tenir compte. Tout le monde connait ces réalités. Lorsqu’on crée un parti et on travaille sur le terrain, ce n’est pas facile de faire table rase du travail fait par les camarades de parti. Et cela n’est pas propre au Togo. Cependant, nous nous faisons un devoir de faire des sacrifices mais on attend de voir les réformes d’abord pour juger du type d’alliance qui peut se faire. Il faut juste que chacun de nous soit raisonnable.

Pour vous président qui êtes de la commission Environnement et changement climatique à l’Assemblée Nationale, comment ces questions sont-elles traitées?

Je me permettrai de faire une petite digression. C’est de moi-même que j’ai choisi d’animer la commission de l’environnement au Parlement. Les miens au parti ont dit mais comment le vice président peut choisir une commission qui n’a pas de prestige comme les autres. Mais vous savez, j’aime la connaissance et j’admire ceux qui en ont particulièrement dans le domaine des énergies renouvelables, de l’environnement. Ce n’est pas mon domaine de prédilection. Mais j’anime, je veux comprendre, j’amène les gens à mieux expliquer parce que c’est une réponse à la pauvreté. Celui qui a l’électricité, a de quoi manger. Par exemple l’électricité rurale intervient dans beaucoup de domaines aujourd’hui. Je vous assure j’ai trouvé des Togolais brillants dans ce domaine. Que ce soit du coté du gouvernement, du parti au pouvoir ou encore de l’opposition et même des particuliers. Je pense qu’il est maintenant important que la volonté politique accompagne toute initiative qui vise la promotion du domaine.

Nous sommes aussi préoccupés dans la commission par l’érosion côtière, ce phénomène me touche particulièrement. Ma ville Aného s’en va, ma ville meurt à cause de l’érosion côtière. Nous sommes entre le fleuve et la mer. Je voudrais interpeller tous les fils d’Aného. Qu’ils soient de UNIR ou de l’opposition, qu’ils prennent conscience parce que pour vivre, il faut avoir des terres, pour vivre ces terres doivent servir à cultiver, à pêcher. Pour faire de la politique à Aného, ces terres doivent exister. C’est la seule promesse politique qui vaille la peine.