Réouverture effective des églises: Les impressions de l’APEGEF et de l’AEMPC

Communiqué de l’APEGEF et de l’AEMPC

(Relatif à la réouverture des églises)

Comme décidé par le Gouvernement réuni en Conseil des ministres le 28 octobre 2020, l’ensemble des églises de l’intérieur du pays ainsi qu’une partie dans le Grand Lomé ont repris leurs activités ce vendredi 07 novembre, huit mois après leur fermeture en raison du coronavirus.

L’Association des pasteurs et évangélistes de la génération de feu (APEGEF) et l’Association des églises et ministères protestants et charismatiques du Togo (AEMPC) se disent heureuses et remercient le Gouvernement pour cette mesure de réouverture totale des lieux de culte à l’intérieur du pays et graduelle dans le Grand Lomé.

Cette décision qui concerne “un nombre limité additionnel” des lieux de culte, “compte tenu de l’augmentation rapide de la pandémie et de la stratégie d’ouverture graduelle” témoigne encore une fois du respect que les autorités togolaises accordent à la liberté de culte et de religion consacrée par la Constitution de notre pays.

L’APEGEF et l’AEMPC, tout en renouvelant leur reconnaissance au Gouvernement, plaident pour une réouverture totale et rapide des lieux de culte dans le Grand Lomé, et rassurent les autorités de la bonne volonté des responsables ecclésiastiques d’oeuvrer en étroite collaboration avec la Force Sécurité Anti-covid pour que les églises ne deviennent pas des terreaux fertiles pour la propagation de la maladie.

L’Association des pasteurs et évangélistes de la génération de feu et l’Association des églises et ministères protestants et charismatiques du Togo invitent tous les responsables d’églises à veiller au strict respect des normes d’hygiène édictées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre le covid-19. Elles invitent chaque chrétien et chaque Togolais à faire preuve d’auto-discipline en tout temps et en tout lieu afin que la lutte contre le coronavirus soit efficace à tous les niveaux.

Fait à Lomé le 8 novembre 2020

Rév Pasteur Paul Koffi Kpodonou

Président APEGEF et AEMPC

Togo: La CNDH forme les agents de la FOSAP aux libertés individuelles et collectives

Ces formations sont axées sur le thème “respect des libertés individuelles et collectives en période d’état d’urgence sanitaire”. Après la première étape à Kara qui a permis de former plus de 30 agents le 11 septembre dernier, c’est le tour de Lomé qui a consisté à outiller jeudi 17 septembre 2020 plus de 70 agents de la FOSAP sur leur rôle fondamental en cette période de crise sanitaire.

Selon Mme Nakpa Polo, présidente de la CNDH, suite à la décision du gouvernement togolais de proroger l’état d’urgence de 6 mois, il s’est avéré indispensable d’octroyer à cette force spéciale mixte anti-pandémie les armes nécessaires sur les contours de la notion de l’état d’urgence afin d’éviter que les droits et libertés des citoyens soient remis en cause.

Je voudrais rappeler qu’il s’agit d’une mesure d’exception que l’exécutif prend pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public et la santé publique. Il a pour particularité de donner des pouvoirs supplémentaires aux autorités administratives et de restreindre les libertés individuelles et collectives. D’où cette mise en oeuvre de l’état d’urgence comporte des risques potentiels de violation des droits de l’homme, des libertés de circulation et d’entreprise, des libertés de réunions et d’associations, des libertés religieuses, du droit à la vie privée et familiale et le droit à l’éducation. Il importe dès lors que ceux qui ont la charge de veiller au respect des décisions prises en vertu de cet état d’urgence notamment la FOSAP maîtrisent parfaitement le sujet pour un respect scrupuleux des droits de l’homme“, a-t-elle expliqué.

Au total, la CNDH a procédé au renforcement de capacité d’une centaine d’agents de la FOSAP, selon les premiers responsables qui veulent aller plus loin que ça.

La CNDH ne va pas se limiter à la FOSAP, on va aussi aller parler à certains échantillons de la société pour que nous ayons une adhésion complète aussi bien de ceux qui sont chargés d’appliquer les mesures de restriction que ceux de la population qu’ils semblent subir afin de sauvegarder l’essentiel pendant cette crise“, a indiqué Blaise Narteh-Menssan, Secrétaire général de la CNDH.

Khaled BONFOH

 

Culture: La foire Adjafi, une édition 100% numérique

Pour cette édition, plusieurs activités sont prévues en prélude du lancement officiel de l’événement notamment des rencontres d’échanges, des séries de formations du personnel d’appui, des exposants et des participants à ce rendez-vous annuel, et des sensibilisations.

En dépit des contraintes sanitaires, les organisateurs restent optimistes. “Afin de permettre aux jeunes entrepreneurs qui n’ont pas les mêmes moyens que les grosses entreprises de ne pas passer une année blanche, il faut forcément un canal interactif. Voilà pourquoi la foire Adjafi a créé une plateforme numérique qui va permettre de refaire en mode virtuel la même chose qui se faisait sur le plan physique. Elle va permettre aux jeunes exposants de pouvoir mettre en avant leurs produits, accueillir des visiteurs et informer les visiteurs“, a indiqué Eder Etchri, directeur général de A Buisness et partenaire technologique de la foire Adjafi.

En termes d’innovation, on note entre autres le groupe A Buisness qui offre une assistance automatique afin de faciliter les visites et l’achat virtuel des différents produits.

Cette plateforme qui est d’abord un site web est disponible sur adjafi-9.com.

Etat d’urgence oblige, les responsables de la foire Adjafi ont promis de s’adapter et se conformer à toutes les décisions de l’État afin de mener à bien leur initiative qui, pour cette première édition en mode virtuel, est un coup d’essai qui à la fin pourrait devenir un coup de maître.

Khaled BONFOH

 

 

 

Covid-19 : L’Afrique frôle la barre d’un million de personnes contaminées

« Nous rappelons au public que le coronavirus est réel et existe en Gambie », poursuit la présidence dans une autre publication.

326 cas de coronavirus et 8 décès ont été déclarés depuis le début de l’épidémie dans le pays.

L’Afrique comptait 891 199 cas de coronavirus confirmés au 30 juillet. Le virus a déjà coûté la vie à 18 884 personnes sur le continent, selon le Centre africain des maladies de l’Union africaine. Les pays les plus touchés par la pandémie sont l’Afrique du Sud (471 123 cas dont 7 497 décès), l’Égypte (93 356 cas dont 4 728 décès), le Nigeria (42 208 cas dont 873 décès), le Ghana (35 142 cas dont 175 décès) ou encore l’Algérie (29 229 cas dont 1 186 décès).

Face à cette situation, les autorités kenyanes ont décidé de fermer les universités jusqu’à l’année prochaine. Pendant ce temps, le Zimbabwe est confronté à une grave crise sanitaire. Selon le Programme alimentaire mondiale (PAM), 60% de la population zimbabwéenne, soit 8,6 millions de personnes, sera, d’ici la fin de l’année, en situation d’insécurité alimentaire « en raison des effets combinés de la sécheresse, de la récession économique et de la pandémie ».

Le Fonds monétaire international vient d’approuver une aide d’urgence de 4,3 milliards de dollars en faveur de l’Afrique du Sud. Une aide pour soutenir les efforts des autorités qui font face à une situation sanitaire difficile et à de graves conséquences économiques.

Le Tchad, lui, va bénéficier d’une aide financière de la Banque africaine de développement (BAD) estimée à 55 millions d’euros.

Pour sa toute première intervention télévisée depuis le début de la pandémie, le souverain Mohammed VI a annoncé l’injection de 120 milliards de dirhams, soit 11 milliards d’euros, dans l’économie du royaume. Pendant ce temps, la courbe continue de grimper en Côte d’Ivoire qui enregistre 100 décès sur 15 913 cas et 100 confirmés.

Léonie Dégboé

 

Togo: L’APEGEF et l’AEMPC pour une réouverture totale des lieux de culte

Vendredi face à la presse à Tsévié, le président des deux associations chrétiennes a d’abord remercié le gouvernement d’avoir entamé la réouverture progressive des églises et autres lieux de culte. “Pour l’APEGEF et l’AEMPC, cette mesure des autorités est la preuve du respect de la liberté de culte consacrée par la Constitution togolaise”, a expliqué l’apôtre Paul Koffi Kpodonou.

Néanmoins, plaide-t-il, la joie des pasteurs sera plus grande si le gouvernement fait davantage en rouvrant le reste des lieux de culte. Et pour cela, Paul Kpodonou donne assure aux autorités de la discipline et de la bonne foi des responsables des églises membres des associations dont il a la charge, pour faire respecter les mesures barrières sur les lieux de culte.

Les trois ou quatre mois de fermeture des églises est une grande leçon pour les pasteurs. Aucun pasteur ne voudrait que son église soit refermée pour non-respect des mesures édictées par le gouvernement”, a expliqué l’apôtre Kpodonou.

Le Secrétaire général de l’APEGEF et de l’AEMPC s’est voulu plus explicite. “Ce sont les associations religieuses qui ont choisi les églises qui ont été rouvertes. Et pour cela, un contrôle strict a été effectué dans toutes les églises de nos associations sur toute l’étendue du territoire national pour constater l’effectivité du respect des mesures barrières. Vous conviendrez avec nous que les églises non membres des associations ne seront pas prises en compte”, a expliqué le Rév. Marcel Améblé. Et d’ajouter: “nous n’engageons pas un bras de fer avec l’État en demandant la réouverture totale des églises. Nous venons en négociateurs”.

Calendrier des examens de fin d’année au Togo: des questions se posent

Cette décision du gouvernement fait suite à “l’évaluation de la situation d’une part, sur le plan pédagogique par les ministres en charge de l’éducation, et d’autre part sur le plan épidémiologique par le ministre de la santé et de l’hygiène publique”. Ainsi, les examens de fin d’année se tiendront entre le 14 juillet et le 2 octobre 2020. Or, à l’annonce de la réouverture des classes d’examen le 12 juin dernier, le gouvernement avait dit que tout allait se dérouler dans une fourchette de quatre à six semaines. Avec le calendrier tel qu’établi, on va jusqu’à 15 semaines!

Une pression pour les élèves et les enseignants

L’examen du BEPC par exemple est prévu pour se dérouler du 1e au 5 septembre. Déjà affectés par la suspension des cours, les élèves de troisième pourraient avoir des difficultés à tenir jusqu’à la date de l’examen. Auront-is les ressources nécessaires pour suivre le rythme des révisions pour les deux prochains mois?

Les enseignants des établissements scolaires privés, dont la plupart se sont déjà plaints à plusieurs reprises d’être abandonnés par leurs employeurs pendant le “confinement”, vont-ils pouvoir tenir encore pour les deux prochains mois?

Les promoteurs d’écoles privées et leur comptabilité

Selon certains fondateurs d’écoles privées rencontrés à Lomé, la plupart des élèves des classes d’examen n’avaient pas encore soldé leurs frais de scolarité avant la fermeture des classes. “Généralement, les élèves des classes d’examen attendent jusqu’à la veille des examens pour solder afin d’avoir leur carte d’examen. Parfois même, il y en a qui ne paient pas et qui viennent chercher leur carte, promettant de régler la comptabilité après l’examen. Il est difficile de leur refuser la carte, pour ne pas les priver de l’examen”, explique, sous anonymat, un promoteur de lycée privé à Lomé. Et d’ajouter: “on leur donne la carte et le relevé de note reste à ce moment-là le seul moyen de pression pour entrer en possession de nos droits. Mais en cas d’échec, l’essentiel des impayés passent par pertes et profits”.

Deux hypothèses se dessinent face à cette situation: soit les promoteurs des écoles privées prennent en charge les enseignants pour les mois à venir, ce qui pourrait avoir d’énormes répercussions sur leur comptabilité, soit arrêter les cours le plus vite possible. En tous les cas, les candidats aux différents seront les premières victimes.

L’annulation des épreuves sportives

Pour l’année scolaire 2019-2020, les épreuves sportives sont purement et simplement annulées pour cause de la pandémie du coronavirus. Or, les candidats aux examens du BEPC et du BAC1 ont déjà passé leur examen sportif. Il aurait été donc plus intéressant de conserver ces notes et d’annuler les épreuves sportives du BAC2. Les frais engagés dans l’organisation de ces épreuves vont également passer par pertes et profits.

Les parents ont donc un énorme rôle à jouer dans la réussite ou l’échec de leurs enfants à l’issue de ces examens organisés au bout d’une année scolaire assez particulière.

Léonie Dégboé

Lutte anti-Covid 19: L’UFAD joue sa partition dans les communes d’Aflao

Composés de maïs, riz, savon, masques de protection etc, ces kits devraient permettre aux bénéficiaires, sélectionnés par dix dans chacun des 45 villages et quartiers des cantons d’Aflao Gakli et d’Aflao Sagbado, de faire face, tant soit peu, à la crise sanitaire liée au Covid 19.

“Le développement d’Aflao est la principale mission assignée à l’UFAD. Le bien-être de nos populations est une condition sine qua non pour atteindre cet objectif. Tant qu’ils sont en bonne santé, alors les fils et filles d’Aflao pourront oeuvrer au développement de leur communauté. La maladie du coronavirus est une réalité. Au niveau national, les premières autorités du pays luttent sans relâche contre la pandémie. Il est donc de bon aloi que chaque communauté, chaque citoyen, fasse ce qui est en son pouvoir pour que la lutte soit plus efficace. C’est donc ce qui justifie l’acte que nous avons posé ce samedi”, a expliqué, Raphaël Dogbé Tomi, président de l’UFAD.

“La lutte contre le Covid 19 est une affaire de tous. Le gouvernement n’a de cesse d’attirer l’attention des populations sur les dangers liés à cette pandémie, mais aussi sur l’importance des gestes barrières pour briser la chaine de contamination. Je tiens donc à remercier très sincèrement le comité exécutif de l’UFAD ainsi que toutes les bonnes volontés qui ont permis que le geste de ce jour soit devenu une réalité”, a ajouté Togbui Mawuto Awounor Detsu X, chef canton d’Aflao Gakli.

Cinq centres ont été retenus pour la cérémonie de remise des dons, à savoir les écoles primaires publiques de Wonyomé, de Ségbégan, Klémé, Gakli et Amadahomé. Togbui Dogbe Alley du trône royal Sémékonawo de Sagbado était également présent. Le préfet du Golfe, Komla Agbotsè, les maires Kossi Aboka et Aimé Djikounou ainsi que leurs premiers adjoints, tous natifs d’Aflao, ont également contribué au succès de l’opération Ufad riposte covid-19, de par leurs apports multiformes et leur présence à la cérémonie samedi.

Créée depuis plusieurs décennies sous le nom de Gsad (Groupe de solidarité d’Aflao pour le développement) avant de devenir l’Ufad à la faveur d’une assemblée générale en avril 2019, cette association regroupe tous les natifs d’Aflao vivant au Togo et à l’étranger. Elle a pour mission d’oeuvrer au développement de la communauté.

Léonie Dégboé

Togo – Covid 19: Des risques de contamination au centre d’hémodialyse du CHU de Lomé

Au Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio de Lomé, une situation attire l’attention. Il s’agit de la prise en charge des personnes sous dialyse mais atteintes de la Covid-19. En effet, ces malades de coronavirus sont transportées au centre d’hémodialyse du CHU Sylvanus Olympio. Une fois sur place, ils sont admis dans une salle à proximité de la salle des dialyses. Les infirmiers sont obligés de faire des allers-retours entre les deux catégories de malades, avec tous les risques de contamination que cela comporte.

Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’on se demande s’il ne serait pas plus prudent de déployer un ou deux appareils de dialyse sur la trentaine dont dispose le plus grand centre hospitalier de la capitale togolaise, pour le CHU Lomé commune réquisitionné pour le traitement des malades de la Covid-19. Est-on vraiment obligé de faire venir les personnes atteintes de coronavirus jusqu’au CHU Sylvanus Olympio?

Autre constat saisissant, le CHU Sylvanus Olympio ne dispose pas de dispositif de bain de désinfection approprié pour le personnel soignant après utilisation des combinaisons. Le risque de contamination est donc très élevé.

Par ailleurs, une source interne nous confie que certains infirmiers indélicats font du business sur le dos des dialyses. En effet, les trois cache-nez généralement contenus dans les combinaisons aux frais des malades, et qui doivent être utilisés par les soignants, sont détournés à d’autres fins, surtout en ces temps de Covid-19 où ces masques de protection sont devenus une véritable mine d’or. Ces infirmiers préfèrent n’utiliser qu’un seul cache-nez tant au chevet des dialyses ordinaires qu’au niveau des dialyses atteints de coronavirus.

Avec 14 morts sur les 591 personnes testées positives, le Togo ne doit pas baisser la garde quant au respect des gestes barrières. Et ce, à tous les niveaux, surtout dans les centres de santé censés être des abris sûrs pour les patients.

Léonie Dégboé

Togo – Covid19 : Dr Thon sensibilise les populations de Tsévié

Novi a profité de l’occasion pour installer des dispositifs de lave-mains aux deux grands carrefours de la ville et la distribution d’un important lot de cachez-nez aux populations massivement sorties pour écouter leur message.

Pour Dr Thon, c’est le moment de rappeler aux populations que le virus circule et la nécessité de respecter scrupuleusement les mesures barrières. “Il est extrêmement important pour tous de savoir que le virus continue de faire des victimes même si les mesures barrières sont de plus en plus assouplies. Nous ne devons pas baisser les bras. Au contraire nous devons intensifier le respect des gestes barrières”,  a-t-il déclaré.

Les populations ont, de leur côté, exprimé leur joie concernant la visite du mouvement Novi et ont promis de respecter les gestes barrières et de faire bon usage des différents dons.

Les Ambassadeurs du Mouvement Novi, qui n’ ont ménagé aucun effort en matière de sensibilisation depuis l’avènement du coronavirus au Togo, projettent de mener les mêmes actions dans d’autres localités.

Elom Adabé

Togo / Faure Gnassingbé et son 4e mandat : des débuts tumultueux

Lundi 4 mai 2020, un officier de l’armée togolaise au physique assez imposant est retrouvé mort dans son bureau. Les premières informations relayées sur les réseaux sociaux évoquent un couteau retrouvé dans le cou du chef corps du 1er bataillon d’intervention rapide (BIR). Peu de temps après, des sites internet parlent des balles retrouvées dans le corps du lieutenant-colonel Bitala Madjoulba. De quoi cet officier est-il réellement mort ? Les conspirationnistes y voient un règlement de compte entre officiers Nawdba et Kabyè, deux ethnies du nord Togo, qui se livreraient une guerre de leadership au sein de l’armée togolaise. Il n’en fallait pas mieux pour que les populations de la préfecture de Doufelgou, d’où est originaire le défunt, se répandent dans la rue pour réclamer le corps de leur « fils ». « Dans notre tradition, quand une personne meurt assassinée, on ne laisse pas le corps à la morgue. Il y a des rites spéciaux à faire, et on l’enterre immédiatement », commente Gerry Taama, natif et parent de l’officier « assassiné », lui-même ancien officier de l’armée togolaise, reconverti à la politique depuis une dizaine d’années déjà.

Cette manifestation réprimée dans le sang – un mort et des blessés – se passe dans un contexte de crise sanitaire liée au coronavirus. Pendant ce temps, dans la capitale Lomé, ce sont les prisonniers de la principale maison d’arrêt, qui ont fait parler d’eux mardi. Pris dans un tourbillon de psychose suite à la détection de 20 cas positifs au covid 19 dont un décès, ces détenus réclament depuis ce matin leur libération immédiate. Pour se faire entendre, ils n’ont pas hésité à écrouler un mur de la clôture de la prison, obligeant les militaires à intervenir à coup de gaz lacrymogènes. Dans la foulée, Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du chef de l’État togolais, en prison depuis 2009 pour une affaire de tentative de coup d’État, serait introuvable à l’heure actuelle. Il s’agirait, si l’information était avérée, d’une simple exfiltration pour une destination plus sécurisée, affirment certains.

Avant cela, il y a deux semaines, peu avant l’investiture de Faure Gnassingbé, c’est l’arrestation rocambolesque de Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, qui réclamait sa victoire à la dernière élection présidentielle, qui a mis le Togo à la une de l’actualité dans ce contexte de coronavirus.

Sans compter qu’une enquête est ouverte, selon le ministre en charge de la sécurité, pour faire la lumière sur la mort de deux jeunes Togolais qui auraient succombé entre les mains des agents des forces de sécurité chargés de faire respecter le couvre-feu, une des mesures prises par le chef de l’État dans le cadre de la lutte contre l’épidémie qui a déjà tué 11 personnes.

Après le mandat social diversement apprécié par les Togolais, les uns saluant les prouesses de Faure Gnassingbé à travers le Fonds national de la finance inclusive (Fnfi) et ses dérivés, les autres n’ayant rien vu à l’exception du fameux hôpital Saint Pérégrin resté à l’étape de la pose de la première pierre, le nouveau quinquennat renferme beaucoup de défis pour le président togolais. Mais pour le moment, il faut d’abord calmer les populations de Siou, Baga, Ténéga, Koka, Niamtougou par d’autres moyens que les gaz lacrymogènes et les balles réelles, régler le cas des prisonniers de Lomé, et surtout ne pas baisser la garde face au coronavirus. Quant à Agbéyomé Kodjo et sa dynamique dirigée par Mgr Kpodzro, leur cas semble avoir déjà été réglé : interdiction formelle de dire quoi que ce soit sur le scrutin du 22 février remporté à plus de 70% selon les résultats officiels.

“Tout ça sent pas bon”, balaie un observateur de la vie politique togolaise pour qui, “c’est depuis le 19 août 2017 que le pouvoir (de Faure Gnassingbé, ndlr) a commencé à prendre de sérieux coups”.

Ambroise D.