Togo / Faure Gnassingbé et son 4e mandat : des débuts tumultueux

Lundi 4 mai 2020, un officier de l’armée togolaise au physique assez imposant est retrouvé mort dans son bureau. Les premières informations relayées sur les réseaux sociaux évoquent un couteau retrouvé dans le cou du chef corps du 1er bataillon d’intervention rapide (BIR). Peu de temps après, des sites internet parlent des balles retrouvées dans le corps du lieutenant-colonel Bitala Madjoulba. De quoi cet officier est-il réellement mort ? Les conspirationnistes y voient un règlement de compte entre officiers Nawdba et Kabyè, deux ethnies du nord Togo, qui se livreraient une guerre de leadership au sein de l’armée togolaise. Il n’en fallait pas mieux pour que les populations de la préfecture de Doufelgou, d’où est originaire le défunt, se répandent dans la rue pour réclamer le corps de leur « fils ». « Dans notre tradition, quand une personne meurt assassinée, on ne laisse pas le corps à la morgue. Il y a des rites spéciaux à faire, et on l’enterre immédiatement », commente Gerry Taama, natif et parent de l’officier « assassiné », lui-même ancien officier de l’armée togolaise, reconverti à la politique depuis une dizaine d’années déjà.

Cette manifestation réprimée dans le sang – un mort et des blessés – se passe dans un contexte de crise sanitaire liée au coronavirus. Pendant ce temps, dans la capitale Lomé, ce sont les prisonniers de la principale maison d’arrêt, qui ont fait parler d’eux mardi. Pris dans un tourbillon de psychose suite à la détection de 20 cas positifs au covid 19 dont un décès, ces détenus réclament depuis ce matin leur libération immédiate. Pour se faire entendre, ils n’ont pas hésité à écrouler un mur de la clôture de la prison, obligeant les militaires à intervenir à coup de gaz lacrymogènes. Dans la foulée, Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du chef de l’État togolais, en prison depuis 2009 pour une affaire de tentative de coup d’État, serait introuvable à l’heure actuelle. Il s’agirait, si l’information était avérée, d’une simple exfiltration pour une destination plus sécurisée, affirment certains.

Avant cela, il y a deux semaines, peu avant l’investiture de Faure Gnassingbé, c’est l’arrestation rocambolesque de Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, qui réclamait sa victoire à la dernière élection présidentielle, qui a mis le Togo à la une de l’actualité dans ce contexte de coronavirus.

Sans compter qu’une enquête est ouverte, selon le ministre en charge de la sécurité, pour faire la lumière sur la mort de deux jeunes Togolais qui auraient succombé entre les mains des agents des forces de sécurité chargés de faire respecter le couvre-feu, une des mesures prises par le chef de l’État dans le cadre de la lutte contre l’épidémie qui a déjà tué 11 personnes.

Après le mandat social diversement apprécié par les Togolais, les uns saluant les prouesses de Faure Gnassingbé à travers le Fonds national de la finance inclusive (Fnfi) et ses dérivés, les autres n’ayant rien vu à l’exception du fameux hôpital Saint Pérégrin resté à l’étape de la pose de la première pierre, le nouveau quinquennat renferme beaucoup de défis pour le président togolais. Mais pour le moment, il faut d’abord calmer les populations de Siou, Baga, Ténéga, Koka, Niamtougou par d’autres moyens que les gaz lacrymogènes et les balles réelles, régler le cas des prisonniers de Lomé, et surtout ne pas baisser la garde face au coronavirus. Quant à Agbéyomé Kodjo et sa dynamique dirigée par Mgr Kpodzro, leur cas semble avoir déjà été réglé : interdiction formelle de dire quoi que ce soit sur le scrutin du 22 février remporté à plus de 70% selon les résultats officiels.

“Tout ça sent pas bon”, balaie un observateur de la vie politique togolaise pour qui, “c’est depuis le 19 août 2017 que le pouvoir (de Faure Gnassingbé, ndlr) a commencé à prendre de sérieux coups”.

Ambroise D.

 

Togo | Un 4e mandat pour Faure Gnassingbé: Et maintenant?

Trève de polémique désormais, le lion a repris son règne pour cinq nouvelles longues années, devrait-on dire pour clouer le bec aux adversaires politiques de Faure Gnassingbé, encore sceptiques quant à la crédibilité des résultats du scrutin présidentiel du 22 février dernier. Le vin est tiré, il faut le boire, concluraient les supporters du “champion” de Lomé 2. Sauf que les plus de sept millions de Togolais, eux, ne vont pas se taire. Leurs attentes pour les cinq années à venir sont encore grandes.

“[…] Devant Dieu et le peuple togolais seul détenteur de la souveraineté populaire, nous Faure Essozimna Gnassingbé, élu président de la République togolaise, conformément aux lois de la République, jurons de respecter et de défendre la constitution et de respecter loyalement les fonctions que le peuple nous confiées”. Ainsi le président réélu renouvelait-il ses promesses au peuple souverain, dimanche 3 mai 2020 devant les juges de la Cour constitutionnelle.

Concrètement, que se cache-t-il dans ces promesses de Faure Gnassingbé et à quoi s’attendre tout au long de ce nouveau quinquennat?

Selon le rapport Doing buisness 2019 de la banque mondiale, le Togo est classé parmi les pays les plus réformateurs de la sous-région ouest-africaine. Auréolé par ce que beaucoup considèrent comme un exploit, Faure Gnassingbé s’engage à renforcer le climat des affaires en vue de faciliter les investissements au profit de la création des emplois devant aboutir à la réduction systématique du chômage au Togo.

Pour cela, le chef de l’Etat togolais ne jure que par son fameux Plan national de développement (PND) pompeusement lancé il y a un an. Son objectif est d’arriver à atteindre une croissance de 7,6% à l’horizon 2022 et faire du Togo un pays émergent et prospère.

“Toute philosophie se construisant sur les ruines d’une autre”, il est prudent de questionner le dernier mandat “social” de Faure Gnassingbé avant de lever les yeux vers de nouvelles montagnes, d’où viendrait le secours que les Togolais semblent attendre désespérément. Réformes dans le secteur agricole, projet d’électrification des zones rurales, modernisation des infrastructures existantes, initiatives incitatives de l’économie informelle, des efforts ont été réalisés dans ces domaines même s’ils sont jugés insuffisants.

Mais l’impression générale qui se dégage au terme du mandat 2015-2020, c’est qu’il y a beaucoup promesses non tenues comme la construction du fameux hôpital Saint Pérégrin qui peine à sortir de terre après la farce de la pose de la première pierre. Un système sanitaire défaillant avec des hôpitaux qui manquent toujours de matériel dont des scanners, problèmes de l’éducation toujours non résolus, décentralisation ‘tropicalisée’ avec une loi qui fait des élus locaux, les valets des représentants du pouvoir central, la corruption avec à la clé l’impunité dont jouit l’entourage du chef de l’État, le troisième mandat de Faure Gnassingbé était tout sauf social.

Avec l’irruption du coronavirus qui a mis au goût du jour le caractère flatteur de la prospective de sa gouvernance, Faure Gnassingbé doit sérieusement se mettre au travail pour tenter de regagner la confinace d’une partie des Togolais qui avaient pourtant cru en sa jeunesse, malgré les conditions de son accession au pouvoir. La composition du premier gouvernement de ce nouveau quinquennat nous renseignera sur la bonne volonté ou non du président togolais de rattraper les retards accumulés ces quinze dernières années .

Khaled Bonfoh

“Le seul défaut de Faure Gnassingbé, c’est qu’il est trop bon”, René Kapou

L’exercice n’est pas tout à fait aisé pour tous les partisans et autres thuriféraires de la cour. Si Gilbert Bawara, Christian Trimua, Malick Natchaba, Charles Kondi Agba s’en sortent habilement, beaucoup d’autres soutiens du candidat du parti au pouvoir se prennent souvent les pieds dans le tapis.

“Faure Gnassingbé est le meilleur des candidats. Les Togolais doivent voter pour lui pour pouvoir bénéficier de l’assurance maladie”, a lâché René Kapou, universitaire et cadre du parti Union pour la république (Unir) ce mardi matin sur Victoire FM.

Un argument de campagne qui ne saurait convaincre les esprits avisés qui ont une idée claire du bilan des quinze ans de gouvernance de Faure Gnassingbé. Confronté par le journaliste Joachim Agbétsim, ce professeur de droit se défend : “Faure Gnassingbé a un grand sens du devoir patriotique. Il est rassembleur”.

Et quand on lui pose la question de savoir si son candidat était exempt de tout défaut au point de voir en lui le seul Togolais capable de conduire encore les affaires du pays, l’ancien directeur général de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) divinise son champion. “Le seul défaut de Faure Gnassingbé, c’est qu’il est trop bon”.

Voilà qui est clair, Faure Gnassingbé qui se sent “fort dans le sang de Jésus” est un “homme sans défaut” à qui les Togolais doivent confier un quatrième mandat s’ils désirent avoir une assurance maladie et bénéficier des bienfaits du Plan national de développement (PNP) devenu un verset biblique cité à tout bout de champ.

Présidentielle au Togo : une campagne électorale à deux vitesses

Accusée d’utiliser les moyens de l’Etat en faveur de son candidat, l’Union pour la république (UNIR) se défend. “Que ceux accusent UNIR d’utiliser les moyens de l’Etat apportent la preuve de leurs accusations”, réagissait récemment le ministre Trimua. Il est donc de bon aloi que certains exemples soient cités pour convaincre Christian Trimua qui a expliqué que ce sont des militants et cadres de UNIR qui ont personnellement mis leurs propres moyens dans la campagne de Faure Gnassingbé.

Le code électoral togolais, en son article 92, dispose que “pendant la durée de la campagne électorale, des emplacements spéciaux seront réservés dans chaque circonscription électorale par l’autorité compétente pour l’apposition des affiches électorales. Dans chacun des emplacements, une surface égale est attribuée à chaque candidat ou liste de candidats; tout affichage relatif aux élections, même par affiches timbrées, est interdit en dehors de ces emplacements ou sur les emplacements réservés aux autres candidats”.

La mairie de Lacs 1 dirigée par, Alexis Aquereburu, un cadre de UNIR, est-elle un bien privé ou public? Le personnel qui y travaille le fait-il pour un parti politique ou pour l’Etat togolais? Que dire des affiches de campagne de Faure Gnassingbé placardées sur la clôture de la mairie de Kloto 1 ? Quid des écoles publiques dont les bâtiments ont été soudainement peintes en bleu et blanc en lieu et place du jaune et marron habituels? Le bâtiment du nouveau collège d’enseignement général jouxtant l’école primaire publique de Soviépé, dans la commune d’Aflao Gakli en est une illustration.

Il est aussi loisible de constater que des écoles sont fermées avec des élèves habillés aux couleurs du parti au pouvoir. Une violation de l’article 36 de la Constitution togolaise qui dispose que “l’Etat protégé la jeunesse contre toute forme d’exploitation ou de manipulation”.

Pourquoi la cérémonie d’inauguration du centre médico-social d’Akoumapé dans la préfecture du Vo récemment par le chef de l’Etat ressemblait-elle plus à une activité politique du parti UNIR qu’à une cérémonie officielle qui engage l’Etat togolais? L’hôpital de Kpendjal peint aux couleurs du parti au pouvoir et récemment inauguré ne participe-t-il pas des moyens de l’Etat qui servent de publicité électorale?

Même le sport est mis à contribution. Samedi à Atakpamé, Faure Gnassingbé a inauguré la nouvelle pelouse synthétique du stade de la ville. A ses côtés, il y avait le président de la Fédération togolaise de football (FTF), Guy Akpovy, et des gardes du corps habillés en militants UNIR.

Les fonctionnaires qui sont militants de l’ANC, MPDD, MCD, PSR, Santé du Peuple, ADDI, peuvent-ils venir au bureau habillés en t-shirts du candidat de leurs partis respectifs, ainsi que le font ceux qui soutiennent Faure Gnassingbé? Pis, il a été demandé aux fonctionnaires de l’Etat de “descendre sur le terrain”.  Actuellement, beaucoup battent campagne pour le candidat de UNIR.

Quand la télévision nationale fait de “grands dossiers” sur les réalisations du gouvernement en période électorale, il s’agit d’un déséquilibre du temps d’antenne accordé aux candidats et donc d’une mise à profit d’un moyen de l’Etat au profit d’un candidat.

Lors des meetings de campagne du parti au pouvoir, il n’est pas rare de voir des agents des forces de sécurité nationales habillés aux couleurs de UNIR. Sont-ils des agents de sécurité privés avec des outils de l’Etat ou des fonctionnaires de la Grande muette soutenant un candidat comme on a pu le voir lors de l’investiture du candidat Faure Gnassingbé, avec des forces de défense et de sécurité, hilaires, scander “un coup KO”?

Le financement public n’est pas une faveur du gouvernement

Aucun des sept candidats n’a encore eu les fonds du financement public promis par le gouvernement.  “On a dû réduire les meetings, déclare-t-il. Au lieu de faire des grands meetings, on fait des petits meetings. Chaque candidat aujourd’hui fait avec les moyens du bord. Il s’agit souvent de la participation des amis. Il y a des gens généreux parfois qui apportent leur soutien à des candidats”, s’est plaint lundi Mouhamed Tchassona Traoré, candidat du Mouvement citoyen pour la démocratie (MCD).

Même Christian Trimua, qui joue le porte-parole de Faure Gnassingbé, le président sortant, s’en plaignait ce lundi. “Nous demandons au gouvernement de faire en sorte que nous puissions rentrer dans nos fonds”, s’est lamenté le ministre des Droits de l’homme. Une façon en réalité assez ironique pour lui de répondre à ceux qui accusent le président-candidat de rouler sur les moyens de l’Etat.

La campagne électorale a officiellement démarré le 06 février, mais les fonds du financement public dorment toujours au trésor public. Or, la loi n° 2013-013 du 07 juin 2013 portant financement public des partis politiques et des campagnes électorales dispose que “l’Etat contribue au financement des campagnes électorales des partis et regroupements de partis politiques ainsi que des candidats ou listes de candidats dans le cadre des élections législatives et présidentielles. Le montant de cette contribution est inscrit dans la loi de finances de l’année de l’élection visée. S’il n’a pas été prévu dans la loi de finances de l’exercice en cours, ce montant est fixé par décret en conseil des ministres”.

Le conseil des ministres du 5 décembre 2019 a fixé à 500 millions de francs CFA le montant du financement de la campagne électorale de la présidentielle du 22 février. Ce décret n’ayant pas encore été mis en application, c’est à une campagne à deux vitesses qu’on assiste depuis le début.

A trois jours de la fin de la campagne, même s’ils reçoivent le financement public, les candidats de l’opposition partent à une compétition sans armes égales. Dans ce cas, est-il envisageable que Jean-Pierre Fabre, Agbéyomé Kodjo, Mouhamed Tchassona Traoré, Aimé Gogué, Komi Wolou et Georges Kuessan, dans un élan de solidarité, décident de suspendre leur campagne et exiger que les pendules soient remises à l’heure? Qui des six candidats pour oser le pas vers les autres? L’opposition togolaise est à l’épreuve de son leadership.

Ambroise D.

 

 

 

 

 

 

 

Présidentielle au Togo: des jeunes entrepreneurs derrière Faure Gnassingbé

Le groupe des jeunes entrepreneurs unis pour une nation émergente (JEUNE) a tenu une conférence de presse samedi 1er février 2020 à Lomé pour remercier le chef de l’État Faure Gnassingbé pour “ses apports multiples et multiformes dans le développement et l’épanouissement des jeunes et femmes entrepreneurs du Togo”.

Pour la circonstance, le thème choisit est ” remercier le chef de l’État pour la mesure de l’octroi de 25% de marchés publics aux jeunes et femme entrepreneurs “.

Une occasion pour les responsables du groupe JEUNE de dresser le bilan des actions menées par Faure Gnassingbé pour les accompagner vers l’émergence.

“Le président de la république portant la jeunesse au coeur de ses ambitions pour le Togo, a non seulement encouragé l’entrepreneuriat des jeunes avec des initiatives comme le FAIEJ mais surtout depuis deux ans a accordé 25% des marchés publics exclusivement aux jeunes et aux femmes entrepreneurs. Nous le remercions pour son attachement à la cause jeune et lui réitérons notre admiration à son égard pour son leadership à la tête du Togo. Nous lui déclarons notre soutien et notre engagement derrière lui et son gouvernement pour conduire à bon port le projet de développement du pays”, a déclaré Weloff Boukpezi, coordonnateur de JEUNE.

Pour sa part, Body Dayimou, chargé à l’organisation des jeunes, a expliqué que le bilan de 2019 en termes de réalisation de marchés publics s’avère encore plus alléchant selon les statistiques.
“En 2018, plus de 4000 jeunes ont été consultés et ont bénéficié de cette mesure de 25%. Nous, jeunes entrepreneurs, avons réalisé plus de 12 milliards de marchés publics en 2018. Les bilans de 2019 sont encore plus vertigineux, les bilans sortiront bientôt”, a t’il indiqué.

En guise de remerciement, un cadeau a été offert symboliquement au chef de l’État par l’association JEUNE par l’entremise du Directeur général de l’ARMP, Aftar Morou, présent à cette conférence de presse et qui a saisi l’opportunité pour encourager les jeunes entrepreneurs à redoubler d’efforts pour atteindre le quota de marchés publics qui leur est réservé.

Le groupe des jeunes entrepreneurs unis pour une nation émergente appelle toute la population togolaise à cultiver la paix et la cohésion sociale. Ils s’engagent à promouvoir toutes ces valeurs en cette période pour des élections apaisées.

Khaled Bonfoh

Faure Gnassingbé : “Le favori incontournable” d’Abass Kaboua

Jeudi au cours d’une conférence de presse, le MRC s’est ajouté à la liste de partis politiques qui ont déclaré leur flamme au candidat du parti au pouvoir.

Comme argument, Abass Kaboua met en avant les succès des Forces de défense et de sécurité togolaises qui “assurent et garantissent efficacement la sécurité intérieure du pays”.

Pour Abass Kaboua, Faure Gnassingbé demeure le favori incontournable de cette élection “pour le bien-être des populations, à travers une politique sécuritaire bien maîtrisée et bien implantée”.

Le MRC invite donc sa base électorale à voter “très massivement” pour le candidat du parti UNIR lors de l’élection de 2020.

«Il vaut mieux traiter avec le sorcier qu’on connait bien et qui fait le moindre mal, que de traiter avec de vieux tortionnaires et pilleurs avides du pouvoir et qui de surcroît bénéficient des grâces de ceux contre qui ils sont en compétition .Faure Gnassingbé est celui que le MRC soutient. Soyons avec lui et il vaincra le 22 février 2020 », à déclaré le président du MRC Abass Kaboua

Khaled Bonfoh

Togo | Fin d’un faux suspense: Faure Gnassingbé candidat à un 4e mandat

Faure Gnassingbé a enfin déclaré sa candidature à l’élection présidentielle du 22 février. Le président togolais sortant a été investi mardi par son parti UNIR, Union pour la République, au bout d’un long faux suspense qui a alimenté les débats.

Après “les sollicitations et supplications” des mouvements et associations affiliés à UNIR, Faure Gnassingbé a enfin accepté d’être candidat à un 4e mandat. «Je dis oui», a répondu le président togolais devant des milliers de militants enthousiasmés et “fiers des résultats” de leur “champion” mardi à Lomé.

Après une tournée nationale organisée du 26 au 29 décembre 2019, et au vu du rapport final des travaux de restitution dans les cinq régions du Togo et dans le grand Lomé, le bureau exécutif du parti UNIR a donc décidé de ne pas changer “l’équipe qui gagne”  “considérant le climat précieux de paix, de sécurité et de stabilité qui règne dans notre pays et considérant les progrès enregistrés par le Togo sur les plans politique, économique et social et reconnaissant ses qualités personnelles et aptitudes avérées d’homme d’État”.

Le choix de Faure Gnassingbé a été opéré, selon ses partisans, “conformément  à la constitution, à la loi électorale et aux dispositions statutaires du parti et s’inscrivant dans les perspectives d’accélération du développement et d’atteinte de la prospérité partagée qui s’ouvrent à notre pays à travers sa vision et son action.”

Faure Gnassingbé est le 19e candidat officiellement investi pour le scrutin du 22 février.

Khaled Bonfoh

Présidentielle 2020: Pourquoi tant de mystère autour du candidat d’UNIR?

Dans trois jours, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) va clôturer les dépôts de dossiers de candidature à l’élection présidentielle du 22 février. Si l’organe de gestion des élections au Togo affirme ne pas encore avoir reçu de dossier officiel malgré le retrait de 24 formulaires de candidature, le cas du candidat du parti au pouvoir continue de faire débat.

S’il a habitué les Togolais aux annonces de dernière minute, le silence de Faure Gnassingbé quant à sa probable candidature à la présidentielle de cette année est une curiosité. Pour certains, le président togolais, au pouvoir depuis quinze ans, sera bel et bien au rendez-vous du 22 février. Sa fameuse phrase – en vernaculaire – prononcée lors du lancement officiel du rapport pays Doing Business l’année dernière serait une déclaration de candidature. “Je pense déjà à l’année prochaine (2020, ndlr). Ne me couvrez pas de honte”, avait lâché Faure Gnassingbé.

D’autres, embêtés par un possible quatrième mandat du chef de l’État togolais, pensent qu’il serait sous pression et qu’il pourrait renoncer à se présenter à cette élection. Pour les défenseurs de cette thèse, la France d’Emmanuel Macron ne serait pas favorable à un quatrième mandat du fils de Gnassingbé Éyadéma. Ils estiment même que des chefs d’État des pays de la CEDEAO seraient contre cette idée. Ils ajoutent que, même dans le camp présidentiel, il y aurait des remous quant à celui qui doit porter l’étendard bleu pour le scrutin à venir. On évoque le nom d’Emmanuel Kodzo Adédzé, l’actuel ministre chargé du commerce, comme le choix de Faure Gnassingbé pour être son dauphin. Un choix que les caciques du pouvoir auraient rejeté. Et les supputations vont bon train.

C’est dans cette foulée que les réseaux sociaux annoncent un congrès du parti UNIR pour ce dimanche 5 janvier 2020 dans la ville de Kara (plus de 400 km au nord de Lomé) pour acter la candidature de Faure Gnassingbé. Mais aux dernières nouvelles, et toujours selon les médias sociaux, le congrès annoncé et qui aurait drainé une foule immense de cadres du parti, aurait été reporté voire annulé. La désignation devrait se faire en toute discrétion, croit savoir le confrère Atlanticinfos.com.

Dans cet embrouillamini, il est difficile de faire confiance à quelque information que ce soit. Une certitude cependant, l’annonce de la candidature de Faure Gnassingbé cette année ne se fera pas comme un couteau dans du beurre. L’idée même d’une quatrième candidature de “l’homme simple” courrouce l’opposition et une frange de la population qui y voient de la “provocation”. Par ailleurs, Faure Gnassingbé et Yahya Jammeh étaient les seules curiosités de l’espace CEDEAO où l’expérience de l’alternance a été faite par tous les pays. Mais depuis 2017, le Gambien a surpris le monde entier laissant seul, son ex-homologue togolais, sur ce chemin que même Pierre Nkurunziza ne veut plus emprunter.

Ambroise DAGNON

2020 et le mythe Faure Gnassingbé : Faux suspense ou preuve de sérénité ?

Déjà treize candidats déclarés à l’élection présidentielle dont le premier tour est prévu pour le 22 février 2020. Un scrutin qui a plutôt l’air d’une foire où tout se mélange. Des candidats potentiellement présidentiables à ceux qu’on pourrait appeler des « plaisantins », tout le monde veut occuper le fauteuil présidentiel l’année prochaine. Curieusement, celui qui l’occupe depuis bientôt quinze ans maintient toujours le suspense autour de sa volonté ou non de briguer un quatrième mandat. A deux mois du scrutin…

« Seigneur, dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri ». Tel le centurion qui suppliait Jésus de dire un seul mot pour que son serviteur recouvrât la santé, beaucoup de Togolais attendent avec impatience d’entendre leur président dire un mot sur sa candidature à l’élection qui arrive. Même les partisans les plus irréductibles du « non au 4e mandat de Faure Gnassingbé » veulent bien savoir ce que trament le locataire de la Marina et ses « laborantins » pour 2020. Et pourtant, l’intéressé a donné un indice.

Lors du lancement dernièrement du rapport pays Doing Business 2019, le chef de l’Etat togolais a clairement dit à l’assistance qu’il songeait à 2020. « Je pense déjà à 2020. Comme on dit chez nous, ne me couvrez pas de honte l’année », avait-il déclaré en vernaculaire, sur un air de plaisanterie. Mais pour beaucoup de lecteurs attentifs de la politique togolaise, la candidature de Faure Gnassingbé à un quatrième mandat ne fait l’objet d’aucun doute. Mais visiblement, cela ne rassure guère les Saint Thomas. Tant que le président ne parle pas, le suspense demeure, le mystère reste entier. Y compris dans les rangs de ses propres partisans.

Quand les instances d’UNIR sont muettes, les associations s’en mêlent

C’est à la limite de la supplication. Ce sont les mouvements et associations de soutien au président togolais qui ont donné le ton le 23 novembre dernier à Kpalimé (120 km au nord-ouest de Lomé).  Ils ont clairement exprimé aux instances dirigeantes de l’Union pour la République (UNIR, au pouvoir), leur vœu de voir leur « champion » se présenter au scrutin du 22 février. De quoi faire des vagues.

Le samedi 7 décembre, c’est à Biltta, à un peu plus de 200 km au nord de Lomé, que le même appel a été réitéré par les pro-Faure. Le secrétaire exécutif du parti présidentiel a réagi. « Faure Gnassingbé est notre candidat naturel que nous avons sollicité et que le peuple sollicite. Ce peuple qui porte la voix de Dieu. Et donc, nous n’avons pas besoin qu’il dise oui », a déclaré Aklesso Atcholi. De quoi clore le débat autour de la candidature ou non de Faure Gnassingbé en 2020 ? Définitivement ?

Que cache ce mythe ?

Le débat sur la candidature de Faure Gnassingbé en 2020 est aussi passionnant que sensationnel. Si certains estiment que, d’un point de vue juridique, rien n’empêche le président actuel de briguer un quatrième mandat l’année qui vient, d’autres trouvent contraire à la morale que qui est au pouvoir depuis 2005 veuille encore se présenter à une élection. Ces derniers soutiennent même que l’aspect juridique de la question est discutable.

A deux moins de l’élection, l’annonce de la candidature de Faure Gnassingbé viendrait-elle trop tard pour que les gens veuillent qu’il se prononce hic et nunc ? L’intéressé lui-même devrait-il en dire plus que ce qu’il avait déjà déclaré lors du lancement du rapport pays Doing Business ? Pourquoi tant de mystère autour de cette candidature ? La candidature de Faure Gnassingbé poserait-elle problème ainsi que le susurrent certaines mauvaises langues depuis quelque temps ? Ou est-ce simplement une preuve de sérénité face à des adversaires visiblement pas encore en ordre de bataille malgré l’annonce précoce de leur candidature ? Personne ne devrait manquer la suite du feuilleton.

Ambroise DAGNON

Togo: Le PND au cœur de la visite de Cyril Ramaphosa ce jeudi

Cyril Ramaphosa est attendu ce jeudi après-midi à Lomé. Le président sud-africain sera accueilli à l’aéroport international Gnassingbé Éyadéma, par son homologue togolais, Faure Gnassingbé.

Cette visite, voulue par le N°1 togolais, s’inscrit dans le cadre de la coopération économique entre les deux pays.

Cette visite de deux jours intervient « au moment où l’Afrique du Sud veut dynamiser ses échanges commerciaux et le Togo tirer les dividendes du renforcement de l’intégration commerciale africaine», indique une source officielle de la présidence togolaise.

Demain vendredi, Faure Gnassingbé et Cyril Ramaphosa auront un tête-à-tête qui sera suivi de la visite de plusieurs infrastructures de développement, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement (PND 2018-2022).

L’Afrique du sud s’intéresse bien au Togo via plusieurs de ses entreprises qui avaient marqué leur désir de s’y installer, dont la Technology Innovation Agency (TIA).

En 2018, Faure Gnassingbé prenait part à l’investiture de Cyril Ramaphosa.

Ambroise D.