Systèmes Financiers Décentralisés (SDF): Le taux de dégradation du portefeuille à risque passe à 8,7%

Un atelier de réflexion sur les mécanismes de réduction du portefeuille à risque au sein des systèmes financiers décentralisés s’est tenu jeudi 07 novembre 2019 à Lomé. C’était en présence du représentant du Secrétaire d’État auprès de la présidence de la république chargé de l’inclusion financière et du secteur informel.

Cette initiative intervient suite au constat selon lequel le taux du portefeuille des SDF est passé de 4,9% à 8,7% contre une norme de 3%.

Le présent atelier vient donc à point nommé examiner les causes majeures de cette dégradation du portefeuille des SDF, ceci dans le but d’instaurer un plan d’action immédiat afin de proposer des solutions efficaces et immédiates.

Selon Tobias Gati, Directeur de la promotion de la finance inclusive, ce problème nécessite une attention particulière.

«On perd beaucoup d’argent. Il faudra trouver des solutions au niveau macro et méso et au niveau des institutions de microfinance. L’ideal serait de mener des actions prioritaires afin de mieux servir et mobiliser les populations qui à leur tour doivent honorer leur engagement en remboursant leur crédit afin d’atteindre l’équilibre en matière de gestion de crédit», a t’il déclaré.

Tobias Gati a également expliqué que le portefeuille à risque ne doit pas faire l’objet d’inquiétude mais c’est juste un mal qui a été détecté et qui sera immédiatement résolu.

Il faut rappeler que le portefeuille à risque est le poids des créances en souffrance dans l’encours total de crédit. Il permet au gestionnaire de crédit de mesurer la partie du portefeuille contaminé par les impayés et qui présente un risque de ne pas être remboursé.

Khaled Bonfoh

Guerre de leadership dans l’entourage de Faure Gnassingbé : Quand les suppôts de Mazamesso Assih s’en prennent à Victoire Tomégah-Dogbé

La semaine dernière, nous publiions un article intitulé « Togo/Enquêtes : Le FNFI ou la boutique privée de la Secrétaire d’Etat Mazamesso Assih ». Une publication qui a déchaîné une vague de tempête dans l’entourage de la Secrétaire d’Etat. Des plateformes WhatsApp aux réunions entre amis du ‘club’, « le journaliste qui a écrit cet article l’a fait pour son ventre». Se sentant visé par l’article, ce groupuscule d’arrivistes promet le « démantèlement de l’opposition confortablement installée dans les arcanes du pouvoir et qui a pour mission de saboter voire détruire les initiatives en faveur du développement et casser les hommes et les femmes qui incarnent véritablement la vision du chef de l’Etat ».

Mais de qui parlent-ils lorsqu’ils évoquent « l’opposition confortablement installée dans les arcanes du pouvoir » ? La réponse ne se trouve pas loin. Toujours dans leurs réactions, ces proches de Mazamesso Assih écrivent ceci : « Rien n’étonne quant aux références faites dans cette publication et le moment choisi: nul n’est indispensable! ». « Nous n’avons pas envie de revenir sur les crimes économiques de ces opposants tapis dans l’ombre du chef de l’Etat, mais ils seront tous débusqués et mis à nu ». Allusion faite à Victoire Sidémého Tomégah-Dogbé. En effet, dans l’article incriminé, Courrier d’Afrique écrivait que « même si elle n’est pas exempte de reproche, Victoire Tomégah-Dogbé traduit mieux l’aspect social de la gouvernance de Faure Gnassingbé », et qu’avec « un Fnfi devenu le temple par excellence  des règlements de compte et des pires transgressions sociales, et un projet PNPER aujourd’hui en souffrance sous Mazamesso Assih, la composition du très prochain gouvernement ne devrait pas se faire à tout hasard ». En clair, les suppôts de la Secrétaire d’Etat chargée de la Finance inclusive considèrent l’article en question comme une mission téléguidée par la directrice de cabinet de Faure Gnassingbé au moment où tous les regards sont tournés vers la composition d’un nouveau gouvernement qui se fait toujours attendre.

Quant au directeur général du Fonds national de la finance inclusive (Fnfi), qui s’est vu infliger une mise à pied, les partisans de la Secrétaire d’Etat trouvent normale la mesure prise par leur championne estimant que le sieur Yves Gnaba ne se plie pas aux ordres de sa supérieure hiérarchique préférant rendre compte à « son ancienne patronne (Victoire Tomégah-Dogbé, ndlr) à qui il doit toujours allégeance pour avoir été parachuté à ce poste pour services rendus ».

Laisser  la proie pour l’ombre

Mais en s’en prenant à Victoire Tomégah, ces activistes d’un autre temps semblent laisser l’ombre pour la proie. Pour mieux comprendre ce qui se passe, il convient de poser un certain nombre de questions.

D’abord, de quelles méthodes de gestion catastrophique au Fnfi parlent-t-ils avant la création en septembre 2017 du Secrétariat d’Etat chargé de la Finance inclusive et du secteur informel alors même qu’en quatre années d’exercice, le Fnfi avait accordé près 1,5 milliards de micro-crédits pour un montant de 73 milliards de F CFA ?

Ensuite, quant à l’ancien directeur général de la DOSI, M.  Bitoka, qu’ils accusent d’avoir fait « main basse sur 250 millions F CFA en un laps de temps » après le départ d’Ingrid Awadé pour la Caisse nationale de sécurité sociale, on se demande quelles sont les mesures disciplinaires prises par le Secrétariat d’Etat alors même que le budget annuel de la DOSI n’excède pas 500 millions de nos francs ? Curieux qu’un fonctionnaire de l’Etat puisse détourner la moitié du budget alloué à son département sans être inquiété par la hiérarchie, n’est-ce pas ?

Le précédent article remettait par ailleurs en cause les compétences de l’actuel directeur par intérim de la DOSI, Maséti Adiki, « un jeune du parti présidentiel dont le CV resterait toujours douteux ». Les défenseurs de l’actuel patron de la DOSI, arrivé il y a à peine trois mois et qui se la coule déjà douce là-bas, parlent d’un « jeune titulaire d’un Master en Management International, major de sa promotion avec Tableau d’Honneur, fonctionnaire au Ministère du Développement à la base, ayant occupé plusieurs postes de responsabilité pendant 15 ans ». Qu’à cela ne tienne ! Mais alors, quand et où le porte-sac du Secrétaire exécutif du parti présidentiel a-t-il décroché ce fameux diplôme ? Qui était son directeur de mémoire ? Et même si tout cela était vrai, quel est le lien entre un Master en Management et le secteur informel ?

Plus grave encore, en nous servant que le sieur Maséti Adiki a travaillé au ministère du Développement à la base pendant 15 ans, on tombe des nues ! Ce ministère n’a été créé qu’en 2008 avec l’arrivée de Gilbert Houngbo à la tête du gouvernement togolais. De plus, même Faure Gnassingbé, qui a créé ce ministère, n’a pas encore fait 15 ans au pouvoir. C’est donc un mensonge cousu de fil blanc.

Au regard de tout ce qui précède, il est clair que s’il y a des nominations pour services rendus, l’actuel DG par intérim de la DOSI, qui ne jure que par sa bienfaitrice Mazamesso Assih, elle-même sans carrière politique mais qui se voit parachuter dans le bureau de la jeunesse du parti UNIR en tant que Déléguée nationale adjointe, est le plus grand bénéficiaire, lui qui passe le plus clair de son temps dans son bureau officieux (politique) de la présidence de la République. Aklesso Atcholé, le patron du parti UNIR, doit recadrer son protégé.

Dans la suite de cette série d’enquêtes, nous reviendrons prochainement sur les relations conflictuelles qu’entretient la Secrétaire d’Etat Mazamesso Assih avec les directeurs des services affiliés à son département, les nominations fantaisistes, les menaces et intimidations à l’encontre des moins dociles. Le projet PNPER, où en est-on ? ‘School Assur’ ou la grosse arnaque institutionnelle…,  passeront également à la loupe de Courrier d’Afrique.

 

 

Enquête / Togo: Le FNFI ou la boutique privée de la Secrétaire d’État Mazamesso Assih

Septembre 2017, le Fonds national de la finance inclusive (Fnfi)  est officiellement détaché du ministère du Développement à base pour être confié au Secrétariat d’État chargé de la Finance inclusive et du secteur informel. Une jeune dame est nommée à ce poste. Son nom : Mazamaesso Assih, jusque-là employée au Fnfi. Un quitus pour cette gestionnaire de formation de régler ses comptes avec ses anciens patrons et de faire des misères à ses ex-collègues ainsi qu’aux différents services qui relèvent désormais de son département.

Le week-end dernier, dans la ville de Notsè, le personnel du Fonds national de la finance inclusive était en réunion pour dresser le bilan de l’année 2018  et l’étude et  validation de leur Plan de travail et Budget annuel 2019. Le directeur général du Fnfi, Yves Gnanba, s’est illustré par son absence à ce séminaire.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette absence remarquable ? Nous avons mené l’enquête. Selon nos informations,  le DG du FNFI était sous le coup d’une mise à pied à  lui infligée par sa supérieure hiérarchique c’est-à-dire  Mme le Secrétaire d’Etat chargée de la Finance Inclusive et de la Direction de l’organisation du secteur informel (DOSI).

Une promenade dans les couloirs du Fnfi nous a permis de découvrir l’inimaginable qui se passe au sein de cette institution du fait d’importantes irrégularités dans le fonctionnement du secrétariat d’Etat dont elle dépend directement.

Ce Secrétariat fonctionne comme s’il était la direction générale des structures sous sa responsabilité notamment le FNFI“, nous confie, visiblement agacé par les méthodes de sa patronne, un proche collaborateur de Mlle Assih.

En fait, tout a  changé.  Des nominations fantaisistes,  des Directeurs et chefs de sévices rétrogradés au profit de stagiaires,  une gestion de la comptabilité du Fonds (Fnfi, ndlr) par le Secrétariat d’État sur fond de chantages,  de menaces et de vengeance de la part de celle-là qui est, comme par magie, passée de son statut de  simple employée de Bureau à celui de Secrétaire d’État“, se plaint un agent du Fnfi qui ajoute que “cette situation a poussé beaucoup de personnes à  démissionner notamment la DAF du Fonds (Fnfi)”.

Tout ceci se passe sans que personne n’ose lever son petit doigt. “Tout le monde a  peur“, explique un autre qui s’interroge : “Qui peut l’ouvrir?” “La Secrétaire d’État est après tout la fille du Colonel Assih (ennemi juré de Gal Gnassingbé Eyadéma, remis en scelle par Faure Gnassingbé, ndlr) ; elle qui est par ailleurs Déléguée nationale adjointe du Mouvement des Jeunes Unir (parti au pouvoir, ndlr).  La messe est donc dite“, ajoute-t-il.

Décidé à tout nous raconter sur les méthodes de Mazamesso Assih, un employé du Fnfi aujourd’hui démissionnaire, nous donne rendez-vous dans un restaurant de la capitale. “Qui peut aisément se vanter de ses anciens chefs,  nommer ses amis et surtout ceux qui peuvent facilement rapporter tout ce qui se passe dans la boite?“, s’est-il questionné. “Parmi les amis qu’elle recrute sans compétences avérées, il y en a qui ont précisément pour mission d’espionner les autres départements notamment la DOSI. Là-bas, poursuit-il,  nous avons appris aussi entre-temps,  la mise à pied du DG par intérim,  puis sa rétrogradation et son remplacement il y a peine quatre mois par un jeune du parti Unir dont le CV resterait toujours douteux. Sans aucune expérience  ni stage à la DOSI, il en devient le DG.  Plusieurs personnes sont recrutées directement ou comme stagiaires puis nommées par fantaisie à des postes de responsabilité. Et chose curieuse, elles sont toutes issues d’une même ethnie”.

C’est la Secrétaire d’État qui gère tout.  Des ressources humaines au matériel en passant par le courrier et autres documents internes des Directions de son département, personne à l’exception d’elle n’a le droit de se mêler de quoi que ce soit au risque de se voir menacé de licenciement ou d’être licencié sans autre forme de procès.

Aujourd’hui, au sein du Fnfi, deux camps s’affrontent, l’un défendant la cause de la toute-puissante Secrétaire d’État, l’autre obligée de ronger ses freins.

Mazamesso Assih s’illustrerait, d’après les témoignages, par ses missions à  caractère politique sous la coupole du Fnfi, avec des avantages insolents. C’est le groupe de ceux qui subitement roulent en voitures peu de temps seulement après leur arrivée au sein de la boîte.

En face, il y aurait le camp des malheureux ou des insoumis.  C’est celui du DG Yves Gnanba. Ce sont des employés rompus à  la tâche et qui ont refusé de cirer les chaussures de leur ancienne collègue,  collaboratrice portée désormais au pinacle.

En nommant Mazamesso Assih au poste de Secrétaire d’État chargée de la Finance inclusive et du secteur informel, Faure Gnassingbé croyait ainsi faire la promotion de la jeunesse de sa famille politique. Malheureusement, celle-là même qui occupe un poste important au sein de son parti, est plutôt passée maitre dans l’art de porter un coup dur à son “mandat social”. Et même si elle n’est pas exempte de reproche, Victoire Tomegah-Dogbe traduit mieux l’aspect social de la gouvernance de Faure Gnassingbé.

Avec  un Fnfi devenu le temple par excellence  des règlements de compte et des pires trangressions sociales, et un projet PNPER aujourd’hui en souffrance sous Mazamesso Assih, la composition du très prochain gouvernement ne devrait pas se faire à tout hasard.

Affaire à suivre…