Gabon: Quand l’état de santé de Bongo relance le débat sur le contentieux électoral de 2016

Qu’est-il réellement arrivé à Ali Bongo ? Depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulent sur le ‘décès’ du président gabonais. Mais selon son entourage, le locataire du palais de bord de mer de Libreville est bien vivant, et a même déjà entamé son processus de rééducation. En attendant d’en avoir le cœur net, l’opposition gabonaise remet au goût du jour le contentieux électoral d’août 2016.

Samedi,  à Nkembo, quartier général de l’ancien Premier ministre, Jean Eyeghe Ndong, les partisans de Jean Ping, le principal opposant à Ali Bongo, étaient en meeting pour exiger que soit installé dans le fauteuil présidentiel celui qu’ils considèrent comme le véritable vainqueur de la présidentielle de 2016. “Pourquoi celui qui est élu n’est pas à la présidence?“, s’est interrogé Eyeghe Ndong, l’un des piliers de TGV (Train à grande vitesse), mouvement créé par Jean Ping lui-même et qui ambitionne de prendre le palais présidentiel.

Ce n’est pas 200 personnes, c’est 5000, 10.000, 20.000, même 50.000. Et ça doit être la même chose à l’intérieur du pays”, a lancé l’ancien chef du gouvernement gabonais devant les manifestants.

Du pur rêve, aux yeux de la majorité présidentielle qui affirme avoir déjà tourné la page d’une élection déjà vieille de plus de deux ans.

Victime d’un accident vasculaire cérébral le 24 octobre dernier, Ali Bongo Ondimba a passé un mois à l’hôpital King Faisal de Riyad. Il était annoncé cette semaine au Maroc où il doit poursuivre sa convalescence. Une longue absence qui a créé un vif débat autour de la vacance du pouvoir, même au sein de la majorité présidentielle.

Malgré tout, la coalition des 14 y croit toujours

Dans un communiqué rendu public jeudi,  le regroupement des quatorze partis a condamné la dispersion “à coup de gaz lacrymogène de toute tentative de regroupement de manifestants à Lomé et dans certaines villes de l’intérieur du pays,  les pourchassant jusque dans les maisons” au premier jour de sa série de manifestations.   La C14 dénonce une violation du “droit constitutionnel de manifestation”.

Sans être découragés par cette situation,  les responsables de ce regroupement remercient “vivement les populations togolaises pour leur mobilisation” et les appellent à “résister au coup de force que le régime militaire veut imposer“. Avant de leur  rappeler que “le mot d’ordre des
manifestations pacifiques des 6, 7 et 9 Juin 2018 est maintenu sur toute l’étendue du territoire”.

Pour terminer,  “la Coalition des 14 exhorte les populations à se mobiliser massivement pour le succès des manifestations du samedi 09 juin 2018 et à se tenir prêtes pour répondre au mot d’ordre de Togo mort du lundi 18 juin 2018 sur l’ensemble du territoire national”.

 

Togo : la LTDH s’indigne de la répression des manifestations et en appelle à un facilitateur international

Dans un communiqué rendu public vendredi, la Ltdh « constate avec amertume que le Gouvernement togolais ne faiblit pas dans la répression des manifestations publiques ». « Les forces de l’ordre ont, unique fois encore, fait preuve d’une barbarie exceptionnelle  dans la gestion des manifestations organisées par l’opposition togolaise », peut-on lire dans ce communiqué.

Pour l’association présidée par Me Célestin Agbogan, « aucune raison ne saurait justifier de telles violations des droits des citoyens manifestant pacifiquement dans un pays qui se veut État de droit ».

Ces faits, note la Ltdh, « contrastent hautement avec les mesures d’apaisement que le gouvernement a cru prendre et le dialogue auquel il invite la classe politique ».

C’est pourquoi elle en appelle constamment au sens de responsabilité du gouvernement et l’invite de nouveau à créer les conditions appropriées pour un dialogue franc et sincère, notamment, l’adoption de comportements plus honnêtes et  la désignation d’un facilitateur ou d’un médiateur international impartial, pour la tenue, dans un bref délai, du dialogue auquel il appelle, afin d’éviter l’enlisement de la crise.

Inquiète du danger que court le Togo en se mettant sur cette voie, la ligue interpelle pour la énième fois la  communauté internationale sur la situation du pays, au risque de voir la situation empirer « si aucune mesure plus sérieuse n’est prise dans le sens d’un règlement définitif de la crise sociopolitique togolaise ».

Jeudi 28 décembre 2018 en effet, une nouvelle manifestation de la coalition des 14 a été dispersée à coup de gaz  lacrymogènes au niveau du carrefour Deckon au centre-ville par les forces de l’ordre et de sécurité, faisant plusieurs blessés, et des arrestations. Selon le ministre en charge de la Sécurité, Damehame Yark, la marche n’avait pas pour point de chute Deckon. Un responsable de la coalition des 14 que nous avons contacté s’est dit indigné de ce comportement « du pouvoir de Lomé qui montre clairement qu’il n’a pas d’égard pour les responsables de l’opposition encore moins pour les citoyens qui ne partagent pas la même vision qu’eux ».