Edem Kodjo, un génie qui n’a jamais réussi à se faire comprendre chez lui

Pour le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, “la disparition de ce diplomate remarquable qui a oeuvré sans relâche en faveur de la paix et de l’unité du continent est une perte pour l’Afrique”.

Roch Marc Christian Kaboré présente ses condoléances à la famille de l’illustre disparu, à son homologue Faure Gnassingbé et au peuple togolais.

Edem Kodjo était un intellectuel togolais hors-norme. Ministre sous Gnassingbé Eyadéma, il fut l’artisan du creuset national voulu par l’ancien président togolais à travers la création du Rassemblement du peuple togolais (RPT). Secrétaire général de l’OUA (1978-1982), il avait pris ses distances vis-à-vis du pouvoir de Lomé, et n’est revenu au pays qu’après la conférence nationale de 1991.

Son “grand pardon” restera de mémoire l’une de ses actions politiques les plus fortes dans un Togo alors déchiré par les divisions politiques et ethniques. Il crée l’Union togolaise pour la démocratie (UTD) devenue plus tard la Convergence patriotique panafricaine (CPP). Premier ministre entre 1994 et 1996 puis en 2006 après la mort de Gnassingbé Eyadéma, les relations entre Edem Kodjo et Lomé II, où il était à la fois respecté et craint, ont cessé de briller a partir de 2011. À en croire son entourage, l’ancien SG de l’OUA s’était farouchement à l’idée d’un troisième mandat de Faure Gnassingbé.

En République démocratique du Congo, on se souviendra de lui comme étant celui dont la médiation a permis l’alternance politique entre Joseph Kabila et Félix Tsisekedi.

Un génie trop distant du peuple

Edouard Edem Kodjovi Kodjo avait le verbe haut. Il avait son auditoire, et pour percer sa pensée, il fallait appartenir à la galaxie des élus de la rhétorique politique. Déjà, quand il prônait le “grand pardon”, il disait la même chose que son compère Léopold Messan Gnininvi plutôt favorable à “la démocratie d’abord, multipartisme après”. L’accord politique conclu entre le RPT et l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio en 2010 n’était qu’une conséquence lointaine du discours prononcé par Kodjo bien des années plus tôt. Mouhamed Tchassona Traoré et son Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD), en proposant de “briser les murailles, remblayer les fossés et construire des ponts” en 2020, ne font que marcher sur un chemin déjà tracé par l’homme de Noépé.

Malheureusement, à l’image d’autres hommes politiques nationaux, Edem Kodjo était plutôt bon, très bon sur des sujets très pointus, dans les studios de radio et sur les plateaux de télévision. Sa rhétorique n’était pas comprise par la masse. Il n’a jamais réussi à expliquer à cette masse le fond de sa pensée politique et le bien-fondé de son action politique dans un Togo marqué par le manichéisme et les discours populistes. Ami de la France, respecté dans les sphères internationales, très en avance sur son époque, Edem Kodjo n’a pas su adapter son action politique aux réalités de son pays.

Homme d’État de grande carrure, intellectuel accompli, Edem Kodjo avait des qualités et compétences incontestables mais aussi le goût du détail, ce qui le mettait parfois sinon assez souvent sur ces grands chevaux, selon ses contemporains.

Auteur du célèbre ouvrage “Et demain l’Afrique” dans lequel il pense le devenir du continent qui lui tenait tant à cœur, Edem Kodjo est passé de l’autre côté du rideau, à 82 ans, sans jamais avoir eu le temps nécessaire pour parachever son œuvre de réforme de l’Union africaine qu’il accomplissait dans l’ombre avec des présidents comme Paul Kagamé.

Ambroise Dagnon

Covid-19 au Togo: de la nécessité de revoir la stratégie de riposte

Fermeture des écoles, églises et mosquées, bars et autres lieux de grands attroupements, les autorités togolaises ont pris un certain nombre de mesures, dès les premiers cas positifs de la maladie, pour circonscrire le mal. Mieux, le chef de l’Etat a décrété l’état d’urgence pour une période de trois mois avec un couvre-feu entre 19h et 06h dans une allocution télévisée. Le lendemain, c’est le ministre de la Sécurité, Damehane Yark, intervenant sur la même chaîne, réajuste l’horaire du couvre-feu qui est passé de 19h à 20h pour prendre fin à 06h du matin, et des précisions sur la couverture géographique de la mesure.

Dans la foulée, la ministre en charge des transports publie un communiqué qui interdit aux engins à deux roues et tricycles de transporter des personnes, et limite le nombre de passagers pour les véhicules de transport commun. Il n’en fallait pas plus pour provoquer un mouvement de protestation chez les conducteurs de taxis-motos dans la ville de Kara. Samedi, le ministre de la Sécurité et sa collègue en charge des Transports, pour faire baisser le thermomètre, sont revenus sur cette mesure pour en redéfinir les contours. Mais 24h après, Mme Zouréhatou a simplement suspendu sa décision qui devrait redevenir effective le 11 avril “en attendant que les mesures d’accompagnement prises en vue de soutenir les différentes couches vulnérables et socioprofessionnelles concernées soient effectives”.

Il est évident que cette pandémie a provoqué un vent de panique générale surtout dans un pays où le système santé est déplorable. La précipitation avec laquelle cette lutte est menée peut donc se comprendre. Mais pour plus d’efficacité dans ce combat, il est important que “ceux qui sont sont à la tête de l’Etat togolais respirent à fond pour prendre de bonnes décisions “, selon Koffi Telli du site d’informations Global Actu.

Il est important de ne pas céder à la panique au risque de prendre des décisions hâtives et contre-productives au final. Pascal Edoh Agbové, très actif dans la recherche de moyens pour venir à bout de cette maladie, propose que “les réflexions et propositions de mesures de lutte contre le Covid-19 soient confiées au comité de coordination de la riposte” mis en place par le gouvernement avec la possibilité de “l’élargir à la société civile, aux confessions religieuses, aux médias, aux chefferies traditionnelles, etc”.

Les mesures prises dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 doivent tenir compte des réalités de chaque pays. Ce qui se fait ailleurs n’est pas automatiquement reproductible ici. En même qu’il faut prendre des mesures pour endiguer ce mal qui frappe le monde depuis décembre dernier, il ne faut pas ignorer que la majorité des Togolais sont économiquement faibles, qu’ils vivent au jour le jour. En attendant de trouver la meilleure formule, les populations ont besoin de masques, désinfectants, de l’eau mais aussi d’informations justes pour se protéger contre la maladie.

Léonie Dégboé

Couvre-feu autour du Covid-19: violence d’État, paix de cimetière

La photo illustrant l’article n’est pas une photo récente

 

A-t-on besoin de dire que ce que des citoyens ont vécu dans les rues de Lomé, Tsevie et Sokodé est sans doute plus nuisible qu’une infection au Covid-19? Le Covid-19, on peut en guérir, il attaque le corps mais les violences gratuites des forces de sécurité atteignent les citoyens au plus profond de leur pathos, au plus intime de leur ontologique. Cette douleur est inoubliable. À ceux qui sont ainsi éprouvés, la promesse sus-evoquée n’est que du vent.

Violence d’État

L’un des échecs de Faure Gnassingbé depuis 2005, c’est bien la persistance de la violence d’État. En dépit de ses promesses renouvelées de modernisation de l’Etat togolais, c’est son incapacité à humaniser les pratiques des forces de défense et de sécurité.
Peut-on sensément comprendre en effet que des forces de sécurité se permettent de bastonner, de molester et de mutiler des citoyens pour le motif de les avoir surpris à une heure de couvre-feu ? “Au Togo, on violé les droits humains : les forces de l’ordre infligent des mauvais traitements aux citoyens. À chaque fois, les autorités promettent des enquêtes dont les résultats sont très rarement rendus publics. On assure l’opinion que “des sanctions sont prises” mais personne n’est jamais au courant de ces sanctions. Et le cycle de répète semaine après semaine, mois après mois, année après année. L’impunité continue. Ce n’est pas bon. Pas du tout”, a commenté, sur sa page Facebook, André Kangni Afanou, un défenseur des droits de l’homme.

“C’est de la violence gratuite, rien d’autre. Certains policiers et militaires togolais aiment trop montrer leurs muscles, même quand on n’en a pas besoin”, commente un autre défenseur des droits humains bien désabusé. “Ce qui est surprenant, c’est que cela ne change pas. On eût dit qu’il y a un module Terrorisme ou terreur dans la formation de ces forces de sécurité ” ajoute-t-il.

Justement, beaucoup ne comprennent pas pourquoi ces actes de violence gratuite sur les civils deviennent la norme au Togo. Sans que jamais aucun doigt, dans la hiérarchie, ne puisse se lever pour dire “Stop”. Cela suffit pour que certains analystes en tirent la conclusion que la violence est le soubassement du régime en place. “Je pende que Faure Gnassingbé doit travailler pour prouver le contraire “, conclut le défenseur des droits humains.

Pédagogie de la peur

Un contraste assez saisissant saute aux yeux dans ce pays. Dans les écoles et centres d’apprentissage, crise par l’argent des Scandinaves, l’État togolais a formellement interdit les châtiments corporels. L’instituteur, le prof ou le maître artisan qui ose frapper des apprenants tombe sous le coup de représailles justes. Dans le même temps, curieusement, les policiers, gendarmes et militaires se donnent à cœur joie aux violences physiques sur les citoyens.

Dans l’histoire du couvre-feu, des images et vidéos parlent déjà d’elles-mêmes. Sans doute que l’interdiction, maladroite, de la débrouillardise dénommée “zémidjan” révèlera-t-elle son lot de voies de fait. Cela ne surprendra personne dans le pays.
Mais alors, pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi des citoyens peuvent-ils être réduits à s’habituer au droit des forces de sécurité à les gifler, bastionner et pourchasser comme des souris?

C’est ce qu’on appelle la pédagogie de la peur. Imposer la terreur au peuple pour le contraindre à subir sans mot dire, voilà le mode d’emploi. De feu Gnassingbé Eyadema à Faure Gnassingbé, la logique ne change pas. La peur du gendarme qui n’a jamais été le commencement de la sagesse mais bien le développement de la clochardisation’ et de l’infantilisation, est toujours vivace dans la société togolaise. “Si tu fais ça, on va t’arreter”, ” Ce que tu dis là, tu peux reconnaître ta voix?”, “J’ai fait ça ainsi parce que je ne veux pas de problème”, voilà des déclarations dont la subsistance dans ce pays est une marque de déficit démocratique. Le contraire demeure un challenge.

Présidentielle 2020: Pourquoi tant de mystère autour du candidat d’UNIR?

Dans trois jours, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) va clôturer les dépôts de dossiers de candidature à l’élection présidentielle du 22 février. Si l’organe de gestion des élections au Togo affirme ne pas encore avoir reçu de dossier officiel malgré le retrait de 24 formulaires de candidature, le cas du candidat du parti au pouvoir continue de faire débat.

S’il a habitué les Togolais aux annonces de dernière minute, le silence de Faure Gnassingbé quant à sa probable candidature à la présidentielle de cette année est une curiosité. Pour certains, le président togolais, au pouvoir depuis quinze ans, sera bel et bien au rendez-vous du 22 février. Sa fameuse phrase – en vernaculaire – prononcée lors du lancement officiel du rapport pays Doing Business l’année dernière serait une déclaration de candidature. “Je pense déjà à l’année prochaine (2020, ndlr). Ne me couvrez pas de honte”, avait lâché Faure Gnassingbé.

D’autres, embêtés par un possible quatrième mandat du chef de l’État togolais, pensent qu’il serait sous pression et qu’il pourrait renoncer à se présenter à cette élection. Pour les défenseurs de cette thèse, la France d’Emmanuel Macron ne serait pas favorable à un quatrième mandat du fils de Gnassingbé Éyadéma. Ils estiment même que des chefs d’État des pays de la CEDEAO seraient contre cette idée. Ils ajoutent que, même dans le camp présidentiel, il y aurait des remous quant à celui qui doit porter l’étendard bleu pour le scrutin à venir. On évoque le nom d’Emmanuel Kodzo Adédzé, l’actuel ministre chargé du commerce, comme le choix de Faure Gnassingbé pour être son dauphin. Un choix que les caciques du pouvoir auraient rejeté. Et les supputations vont bon train.

C’est dans cette foulée que les réseaux sociaux annoncent un congrès du parti UNIR pour ce dimanche 5 janvier 2020 dans la ville de Kara (plus de 400 km au nord de Lomé) pour acter la candidature de Faure Gnassingbé. Mais aux dernières nouvelles, et toujours selon les médias sociaux, le congrès annoncé et qui aurait drainé une foule immense de cadres du parti, aurait été reporté voire annulé. La désignation devrait se faire en toute discrétion, croit savoir le confrère Atlanticinfos.com.

Dans cet embrouillamini, il est difficile de faire confiance à quelque information que ce soit. Une certitude cependant, l’annonce de la candidature de Faure Gnassingbé cette année ne se fera pas comme un couteau dans du beurre. L’idée même d’une quatrième candidature de “l’homme simple” courrouce l’opposition et une frange de la population qui y voient de la “provocation”. Par ailleurs, Faure Gnassingbé et Yahya Jammeh étaient les seules curiosités de l’espace CEDEAO où l’expérience de l’alternance a été faite par tous les pays. Mais depuis 2017, le Gambien a surpris le monde entier laissant seul, son ex-homologue togolais, sur ce chemin que même Pierre Nkurunziza ne veut plus emprunter.

Ambroise DAGNON

Journée internationale des personnes âgées: Les Séniors au coeur du PND

Le Togo a célébré mardi la journée Internationale des personnes âgées. « Vers une égalité entre les tranches d’âge », c’est le thème retenu par la communauté internationale pour commémorer cette journée initialement dédiée chaque 1er Octobre.

Pour le gouvernement togolais, à travers son ministère de l’action sociale et de la promotion de la femme, c’est l’occasion d’améliorer la protection à la prise en charge et à la valorisation du potentiel des personnes âgées au Togo.

À en croire la ministre de l’action sociale, Tchabinondji Yentchare, le thème de cette année s’aligne donc sur l’Objectif de développement durable numéro 10 (ODD10) qui met l’accent sur la réduction des inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre et indique également le rôle que peuvent jouer ces séniors dans le développement du pays en général et dans l’atteinte des objectifs du Plan national de développement (PND) lancé en début d’année par le gouvernement togolais.

Selon les Nations unies, les inégalités fondées sur les revenus, le sexe, l’âge, le handicap, l’orientation sexuelle, la race, la classe sociale, la religion et les inégalités de chance persistent à travers le monde, dans les pays et d’un pays à l’autre. Les inégalités constituent une menace pour le développement économique et social. Elles ont aussi des effets sur la réduction de la pauvreté et sapent le sentiment d’accomplissement et l’estime de soi des individus.

Pour Tchabinondji Yentcharé, le plus important est d’améliorer les conditions d’intégration sociale des personnes âgées de 60 ans et plus et à renforcer leur autonomie en vue de la capitalisation de leur contribution à l’effort de développement de notre nation.

«Je remercie le chef de l’État pour sa politique d’inclusion grâce à laquelle les personnes âgées se voient offrir de nouvelles perspectives pour leur épanouissement et davantage de place dans les programmes de développement», a t’elle martelé.

Au menu de cette journée, des causeries débats, des forras, des séances de conscientisation et des activités de réjouissance.

Les inégalités entre personnes âgées et jeunes se traduisent souvent à travers des éléments comme le lieu de résidence, le sexe, le statut socio-économique, la santé, les revenus, etc.
Selon le conseiller technique de la ministre de l’action sociale, Philippe Kodjo Yodo, les personnes âgées ont beaucoup de connaissance et d’expérience qu’elles peuvent partager avec les jeunes.
«Les personnes âgées peuvent continuer à encadrer la jeunesse en partageant avec elle leur savoir-faire et leur savoir-être. Elles peuvent apporter beaucoup dans la réalisation du PND», a t’il expliqué.

Entre 2015 et 2030, le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus devrait passer de 901 millions à 1,4 milliard d’individus. Le vieillissement rapide de la population, qui vient s’ajouter à d’autres changements sociaux et structurels, peut exacerber ces inégalités et, par conséquent, limiter la croissance économique et la cohésion sociale , indiquent les Nations unies.

Cette année, la journée internationale des personnes âgées entend attirer l’attention sur l’existence d’inégalités liées au vieillissement, qui sont souvent le résultat d’inégalités accumulées tout au long de la vie, et mettre en avant les risques que posent ces inégalités en termes de solidarité intergénérationnelle.

Cette journée veut également sensibiliser l’opinion et rappeler qu’il est urgent de prévenir les inégalités liées au vieillissement et de lutter contre celles-ci. Ils s’agira aussi d’explorer des changements sociétaux et structurels en termes de politiques de développement (apprentissage tout au long de la vie, politiques du travail proactives et adaptées, protection sociale et couverture maladie universelle) et de réfléchir aux bonnes pratiques, mettre en avant les progrès accomplis en ce qui concerne l’élimination des inégalités à l’égard des personnes âgées et contribuer à faire changer les discours négatifs ou les stéréotypes à leur sujet.

Le gouvernement togolais renouvelle son engagement à œuvrer davantage pour améliorer l’accès des personnes âgées aux services sociaux de base.

Khaled Bonfoh

Tournée de l’UCT sur l’appropriation des ODD pour la mise en œuvre du PND: L’étape de Tsevié

64 elus locaux de la région maritime ont été conviés à un atelier de sensibilisation et d’information sur les objectifs de développement durable (ODD) lundi à Tsevie (35 km au nord de Lomé).

C’est une initiative de l’Union des Communes du Togo (UCT) qui vise à renforcer les capacités des élus locaux en matière d’appropriation locale des ODD pour la mise en oeuvre efficace du Plan national de développement.

Selon Tcha-Kolow Esso, chargé de mission de l’UCT, les élus locaux doivent s’imprégner d’une meilleure connaissance des ODD pour une meilleure structuration de leurs actions de développement afin d’atteindre les cibles prioritaires de ces objectifs pour leur communauté respective.

Pour sa part, Etse Kodjo, préfet du Zio, a expliqué que le thème central de cette rencontre «ODD, enjeux et defis», consiste à créer et renforcer la solidarité entre les élus locaux afin de lutter convenablement pour l’émancipation et le développement des différentes communes.
«C’est un projet à fort impact qui doit contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations. Les élus locaux doivent mieux maitriser les ODD afin d’impulser un nouvel élan qui impacte considérablement les Togolais de toutes les couches sociales», a t’il déclaré.

Le rôle des élus locaux s’avère donc indispensable dans la réalisation du PND. Il consiste à identifier sur le terrain les personnes vivant dans la pauvreté, cibler les ressources et les services qui les aideront à s’en sortir, assurer les services de base au niveau local tels que l’eau et l’assainissement et développer une stratégie locale de développement économique pour la création d’emploi. Au sortir des travaux, Tcha-Kolow espère que les participants à cette rencontre pourront concilier les ODD et le PND, outil de développement des communautés locales et des collectivités territoriales.

Après Tsevié, cette tournée d’information et de sensibilisation va s’étendre sur Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong.

Khaled Bonfoh

Togo/Mois de la diaspora: Bientôt une Maison du savoir et des opportunités

Le coup d’envoi de la deuxième édition du Mois de la Diaspora constructive a été officiellement donné par le Collectif des Jeunes pour le Développement (CDJ) jeudi à Lomé en présence de plusieurs partenaires.

Après avoir fait d’un coup d’essai un coup de maître l’année dernière, le CJD veut faire de deuxième édition le catalyseur de développement du Togo grâce à diverses innovations.

Cette année, le défi majeur et capital est la construction d’une Maison du savoir et des opportunités (MSO) et d’un Fonds d’Investissement et de Solidarité africaine en faveur des jeunes. Selon les organisateurs, la MSO se veut incurbatrice pour les jeunes porteurs de projets.

«Elle offrira un cadre de regroupement d’idées. Et grâce au fonds d’investissement, nos États pourront nous appuyer dans la réalisation et la réussite de nos projets et surtout aider les jeunes à trouver du financement», a indiqué Moïse Tehando Kérékou, ancien ambassadeur du Bénin en Turquie et membre de la diaspora.

Pour sa part, Geneviève Clarkson, premier responsable de Start-up World a expliqué que l’entrepreneuriat togolais peut rehausser le niveau de croissance de 2,5 points en deux ans.

Pendant deux jours, plusieurs activités se dérouleront à savoir, une rencontre B to B à la mairie d’Agoè-Nyivé 1et une soirée de gala viendra marquer l’apothéose de la 2e édition du Mois de la diaspora africaine constructive.

Khaled Bonfoh

Togo/Présidentielle 2020: Candidats mercantiles s’abstenir

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 22 février 2020, indique le communiqué ayant sanctionné les travaux du conseil des ministres tenu ce jeudi. Mais le financement public annoncé va sans doute doucher les ardeurs de la pléthore de candidats déjà déclarés et de ceux qui sont encore dans le starting-block.

En application de l’article 79 du Code électoral, le conseil des ministres a donc fixé les différentes dates auxquelles devront se dérouler les différentes étapes de l’élection. Ainsi, la campagne électorale est fixée du 6 au 20 février et le vote même le 22 février 2020, conformément aux dispositions de l’article 65 de la Constitution togolaise.

S’ils sont désormais situés sur la date de l’élection, les candidats ont de quoi grincer les dents. En effet, selon le communiqué du conseil des ministres, le cautionnement à verser par les candidats est fixé à 20 millions de francs CFA tandis que le financement public à tous les candidats ne dépasse guère 500 millions de francs dont 60% seront versés avant le début de la campagne et les 40% restants après le scrutin, seulement aux candidats qui auront recueilli au moins 10% des suffrages exprimés.

Tous calculs faits, chacun des 12 candidats déjà déclarés se retrouvera avec 25 millions de francs. S’ils sont 13, l’enveloppe sera revue à la baisse c’est-à-dire à 23 millions.

En clair, chaque candidat à la présidentielle de 2020 paiera une caution de 20 millions de francs CFA contre une aide publique comprise entre 23 et 25 millions selon le nombre de dossiers retenus à l’arrivée par la Cour constitutionnelle. Or, quand on jette un regard sur les différents candidats, il est évident que très peu seulement pourront faire le score des 10% et plus pour espérer toucher le reliquat du financement de l’État. Les ardeurs mercantiles des candidats vont sûrement en pâtir.

Ambroise D.

Présidentielle 2020: «Il y a trop de bandits et de comédiens», selon Abass Kaboua

Le 5e congrès ordinaire du Mouvement des Républicains Centristes(MRC) a connu son apothéose dimanche 1er novembre 2019  à Danyi Apeyeme.

À l’unanimité, c’est le président sortant Abass Kaboua qui a été reconduit à la tête du parti pour un nouveau mandat de 5 ans.

En ce qui concerne l’élection présidentielle de 2020, «le MRC ne sera pas de la partie», a affirmé le leader du parti. «Je suis une personne avisée. Nous allons plutôt soutenir un parti politique et au moment opportun nous allons vous dévoiler le nom tout en nous basant sur nos intérêts. Il y a trop de bandits et de comédiens ».

Axé sous le thème « les réformes et après…», ce congrès a été l’occasion pour les militants et responsables du parti d’établir le bilan des années antérieures et d’élaborer de nouvelles stratégies.

Dans son discours de clôture, le patron du MRC il a déclaré que le nouveau mandat qui vient de lui être confié sera consacré aux besoins prioritaires dans la préfecture de Danyi.

«Nous allons créer des conditions devant permettre à la population de Danyi de vivre de la terre à travers la culture du café et du cacao. Nous allons y emmener des partenaires pour la modernisation des centres de santé. Nous allons également soutenir le système éducatif du milieu pour soutenir la jeunesse. Nous allons convoyer ses motopompes pour la construction de forages pour lutter contre la pénurie d’eau», a-t-il laissé entendre.

Le MRC est actuellement représenté  à l’assemblée nationale par son président Abass Kaboua et a deux conseillers municipaux.

Khaled Bonfoh

Présidentielle 2020: Le CACIT demande l’arrêt du processus

Le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) s’inquiète du processus électoral “non consensuel” en cours. Pour une élection présidentielle apaisée en 2020, le Collectif formule un certain de recommandations dont la suspension du processus afin d’ouvrir un dialogue autour des questions essentielles notamment celle des réformes.

Dans un communiqué publié vendredi, le CACIT note que, malgré les efforts faits par le gouvernement en initiant quelques réformes, beaucoup reste encore à faire pour un scrutin apaisé. Le Collectif estime que certaines recommandations clés de l’Accord politique global (APG) ainsi que celles contenues dans la feuille de route de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ou de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) ne sont pas prises en compte à ce jour.

Dans sa note, le collectif condamne les scènes de violences et d’agressions qui auraient été commises sur les forces de l’ordre et de sécurité à Lomé et à Sokodé lors de la récente manifestation prévue par le Front Citoyen Togo Debout. “Le CACIT déplore et condamne ces actes de violences si les derniers recoupements confirment ces faits et rappelle la nécessité d’œuvrer pour préserver, à tout prix la paix et la cohésion sociale”, précise le communiqué.

Dans la même veine, le CACIT condamne “les agressions physiques (bastonnades…)” dont certains citoyens auraient été victimes de la part des militaires et forces de l’ordre en patrouille dans certains quartiers de Lomé et de Sokodé.  “Le CACIT s’indigne contre ces actes de ceux qui sont censés assurer la sécurité de la population. Le Collectif condamne ces agissements et en appelle au Chef de l’Etat, au premier ministre et au ministre de la sécurité et de la protection civile“, peut-on lire.

Au regard de tout cela, le Collectif dirigé par Ghislain Nyaku exige l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités en vue de punir les auteurs présumés de ces actes d’agression, et formule des recommandations. A l’endroit du gouvernement, il demande l’arrêt du processus électoral en cours et l’ouverture d’un dialogue pour régler profondément les questions qui fâchent notamment la recomposition de la CENI et de la Cour constitutionnelle.

Le CACIT demande par ailleurs l’octroi des accréditations aux organisations de la société civile “dans un délai raisonnable en vue de garantir le plein exercice de leurs actions visant à l’accompagnement du processus”, et insiste sur la nécessité pour l’exécutif d’appeler “les forces armées togolaises à la retenue et à leur mission républicaine de protection du territoire et des citoyens“.

Invitant les organisations de la société togolaise à “mutualiser leurs efforts  pour aider la classe politique à parvenir à un cadre électoral consensuel“, le collectif demande à la communauté internationale d’évaluer “l’état de la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO et d’en tirer les conséquences qui s’imposent” et de renforcer son accompagnement au Togo, “en privilégiant le dialogue entre les acteurs politiques dans la transparence et l’équité“.

Giovanni KOFFI