Pour Charles Kondi Agba, Sokodé et Mango “restent des fiefs” du parti UNIR

Sokodé est une ville assiégée depuis les manifestations politiques du 19 août 2017. Charles Kondi Agba n’a pas la même grille de lecture. “Lorsque vous voyez des militaires à l’entrée et à la sortie de Sokodé, c’est pour la sécurité des populations de cette ville”, s’est défendu ce cadre du parti au pouvoir.

Quant à l’arrestation des militants du Parti national panafricain (PNP), Charles K. Agba a avoué que le pouvoir avait été pris de court le 19 août 2017. “Le sigle PNP est venu avec une méthode violente. Contrairement aux autres partis qui étaient là avant, le PNP veut prendre le pouvoir par la violence. Vous comprenez aisément que le gouvernement ne puisse pas laisser prospérer cette méthode et tous ceux qui sont proches du PNP colme le ‘Mouvement Tigre'”, a-t-il souligné.

Mango, l’autre ville du Togo qui a aussi souffert le martyr ne doit pas être présentée comme hostile à UNIR, selon Charles Kondi Agba. “C’est un fils de Mango, Malick Natchaba, fils de Fambaré Natchaba, qui est délégué national de la jeunesse du parti UNIR. Non, il faut arrêter de dire qu’à Mango, on n’aime pas UNIR”, a-t-il ajouté.

“Faure Gnassingbé est populaire, il est très aimé à Mango et à Sokodé comme il est aimé dans tout le Togo. Prenez juste les résultats des dernières élections municipales. Sur les 117 communes, nous (UNIR, ndlr) avons 97 communes. Avec nos alliés, nous avoisinons la centaine. Nous sommes présents dans les Lacs avec Me Aquereburu, l’ancien bâtonnier du barreau de Lomé. Nous sommes présents à Tsevié. La présidente de l’Assemblée nationale est la preuve vivante que UNIR est un parti d’envergure nationale”.

À la question de savoir pourquoi UNIR parle du 22 février comme si l’élection de déroulait à un seul tour, monsieur Agba le répète : “Faure Gnassingbé s’est levé tôt et le parti fait un travail de terrain pour lui assurer une large victoire au soir du 22 février”.

S’exprimant enfin asur l’investiture du candidat Agbéyomé Kodjo par Mgr Phillipe Kpodzro à travers une messe catholique, l’ancien ministre ne trouve rien d’anormal à cela. Sauf que “Dieu saura choisir les siens puisque nous somme nombreux à l’invoquer”.

Pascal Kuakuvi

Présidentielle 2020: Pourquoi tant de mystère autour du candidat d’UNIR?

Dans trois jours, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) va clôturer les dépôts de dossiers de candidature à l’élection présidentielle du 22 février. Si l’organe de gestion des élections au Togo affirme ne pas encore avoir reçu de dossier officiel malgré le retrait de 24 formulaires de candidature, le cas du candidat du parti au pouvoir continue de faire débat.

S’il a habitué les Togolais aux annonces de dernière minute, le silence de Faure Gnassingbé quant à sa probable candidature à la présidentielle de cette année est une curiosité. Pour certains, le président togolais, au pouvoir depuis quinze ans, sera bel et bien au rendez-vous du 22 février. Sa fameuse phrase – en vernaculaire – prononcée lors du lancement officiel du rapport pays Doing Business l’année dernière serait une déclaration de candidature. “Je pense déjà à l’année prochaine (2020, ndlr). Ne me couvrez pas de honte”, avait lâché Faure Gnassingbé.

D’autres, embêtés par un possible quatrième mandat du chef de l’État togolais, pensent qu’il serait sous pression et qu’il pourrait renoncer à se présenter à cette élection. Pour les défenseurs de cette thèse, la France d’Emmanuel Macron ne serait pas favorable à un quatrième mandat du fils de Gnassingbé Éyadéma. Ils estiment même que des chefs d’État des pays de la CEDEAO seraient contre cette idée. Ils ajoutent que, même dans le camp présidentiel, il y aurait des remous quant à celui qui doit porter l’étendard bleu pour le scrutin à venir. On évoque le nom d’Emmanuel Kodzo Adédzé, l’actuel ministre chargé du commerce, comme le choix de Faure Gnassingbé pour être son dauphin. Un choix que les caciques du pouvoir auraient rejeté. Et les supputations vont bon train.

C’est dans cette foulée que les réseaux sociaux annoncent un congrès du parti UNIR pour ce dimanche 5 janvier 2020 dans la ville de Kara (plus de 400 km au nord de Lomé) pour acter la candidature de Faure Gnassingbé. Mais aux dernières nouvelles, et toujours selon les médias sociaux, le congrès annoncé et qui aurait drainé une foule immense de cadres du parti, aurait été reporté voire annulé. La désignation devrait se faire en toute discrétion, croit savoir le confrère Atlanticinfos.com.

Dans cet embrouillamini, il est difficile de faire confiance à quelque information que ce soit. Une certitude cependant, l’annonce de la candidature de Faure Gnassingbé cette année ne se fera pas comme un couteau dans du beurre. L’idée même d’une quatrième candidature de “l’homme simple” courrouce l’opposition et une frange de la population qui y voient de la “provocation”. Par ailleurs, Faure Gnassingbé et Yahya Jammeh étaient les seules curiosités de l’espace CEDEAO où l’expérience de l’alternance a été faite par tous les pays. Mais depuis 2017, le Gambien a surpris le monde entier laissant seul, son ex-homologue togolais, sur ce chemin que même Pierre Nkurunziza ne veut plus emprunter.

Ambroise DAGNON

A Tsévié, les populations en colère contre l’ingratitude des cadres UNIR de la région Maritime

” L’insolence et l’ingratitude sont deux vices bien communs, mais quand on les éprouve, il est bien difficile d’être insensible”. Cette pensée de Marie-Thérèse Rodet Geoffrin, dans sa Lettre à Stanislas II Auguste, résume bien la réaction de la population de Tsévié samedi dernier devant des cadres de l’Union pour la République (UNIR). A deux mois de l’élection présidentielle.

Le samedi 7 décembre en effet, au relais de la commune de Tsévié, des cadres UNIR (au pouvoir) ont offert 64 motos aux représentants des comités préfectoraux de conducteurs de taxi-moto communément appelés ‘zémidjan’ des différents cantons de la région Maritime. Acte louable puisque les bénéficiaires vont rembourser sans intérêt. Toutefois c’est un geste insuffisant pour exprimer vivement la gratitude des acteurs qui étaient venus quelques mois plus tôt solliciter les suffrages des populations lors des municipales du 30 juin, et qui ne sont plus jamais revenus dire un simple merci.

Quelques motos et une sensibilisation sur le PND (Plan national de développement, ndlr), et c’est fini. On a voté pour eux, ils ne sont jamais revenus nous dire merci comme on l’a vu faire surtout dans les régions du nord (nord du Togo, ndlr). C’est déplorable“,  dénonce un militant visiblement en colère. Yawagan, une revendeuse venue assister à la cérémonie, condamne: “c’est très triste ce que font nos frères. Ils savent que nous existons seulement quand viennent les élections; après ça, ils disparaissent pour ne réapparaître qu’à la veille de nouvelles élections“.

Le premier tour de l’élection présidentielle, c’est le 22 février. Les opérations de charme vont bientôt commencer. Les cadres UNIR de la région Maritime, dont certains sont connus pour leur arrogance et leur ingratitude, peuvent déjà dresser le profil des comités d’accueil qui les attendent.

Crédit photo: Site officiel de UNIR

Présidentielle 2020 : UNIR dénonce l’attitude « peu responsable » de certains partis d’opposition

Après la première rencontre du comité de suivi des préparatifs de l’élection présidentielle de l’année prochaine, l’Union pour la République (UNIR) se dit heureux de l’allure que prennent les choses mais déplore le comportement « peu responsable » de certains partis de l’opposition.

Dans un communiqué rendu public mercredi soir, le parti présidentiel félicite le gouvernement pour « l’esprit d’ouverture ayant prévalu » lors de la réunion qui s’est tenue mardi au ministère de l’Administration territoriale, et qui a permis « la participation de la Commission électorale nationale indépendante et de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication ».

Toutefois, UNIR regrette que des partis d’opposition aient quitté la salle avant même que les discussions aient commencé. Pour Aklesso Atcholi, il s’agit d’une attitude « peu responsable » et des « agissements qui vont à l’encontre de la paix et de la stabilité ».

Le parti bleu invite donc tous les acteurs impliqués à poursuivre le processus en vue de la tenue du scrutin dans les délais constitutionnels. Il appelle par ailleurs les partis d’opposition à la retenue, au dialogue, à la concertation et à l’unité nationale.

Mardi, les représentants du Comité d’action pour le renouveau (CAR), ceux de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et de l’opposition coalisée (C14) ont tourné les talons de la salle où ils étaient invités par le ministre Payadowa Boukpessi pour des discussions sur le processus électoral en cours, arguant que leurs préoccupations n’ont pas été prises en compte par le représentant du gouvernement. Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson, la coordinatrice de la C14, assure qu’il ne s’agit pas, de la part de l’opposition, d’une volonté de bloquer le processus mais de s’assurer que les choses aillent dans le bon sens.

Ambroise DAGNON

 

 

Tokoin Elavagnon : Un petit soulagement en attendant l’assainissement total

Ce samedi, le candidat aux élections municipales du 30 juin dans la commune de Bè ouest et sa suite, appuyés par les services de l’ANASAP, ont troqué leurs paires de chaussures contre des bottes pour s’introduire dans ces méandres afin de désengorger un tant soit peu ces caniveaux sauvages obstrués, d’où s’exhale une odeur pestilentielle.

Je connais bien ce quartier pour y avoir grandi, mais j’ai été ému de compassion lors de notre dernier passage ici, au lancement de la campagne électorale. J’ai donc décidé, avec les miens, de mobiliser la jeunesse pour cette opération. Car c’est une question de santé publique“, a expliqué Kamal Adjayi qui remercie l’ANASAP et son directeur général pour avoir “accepté de nous prêter mains fortes“.

Cela fait un moment maintenant que nous cherchons à faire cette opération d’assainissement, mais faute de moyens matériels et financiers, nous n’y arrivons pas. En saison de pluie, c’est la croix et la bannière. Les caniveaux sont bouchés nous obligeant à quitter nos chambres. Merci à M. Kamal Adjayi et à tous les candidats UNIR de notre commune”, confie Antoine Lamboni, un riverain, qui promet la reconnaissance de Tokoin Elavagnon “le moment venu”.

Candidat à la mairie de Golfe 3, Kamal Adjayi a mis en place depuis un an un mouvement “Engagement pour l’Avenir” qui œuvre au développement communautaire.

En quête du suffrage populaire pour ‘amplifier’ le chantier du développement de Bè-ouest

Candidat du parti au pouvoir, UNIR (Union pour la République) dans la commune de Bè-ouest, Kamal Adjayi a été accueilli vendredi, sur le terrain en face du cinéma Canal Olympia de Lomé, par une foule en liesse. « Je suis votre fils, votre frère, votre cousin, votre neveu, je suis né ici, j’ai grandi ici. Je suis fier d’être parmi vous ce soir. Merci de vous être déplacés si nombreux ! », a lancé le candidat Adjayi à son arrivée sur les lieux.

Au milieu des danses populaires et cris de joie, le message de Kamal Adjayi  est sans ambiguïté. « J’appartiens à cette communauté. Nous avons déjà montré tout notre amour pour cette communauté. Nous sollicitons vos voix pour amplifier ce que nous avons déjà commencé. Je sais pouvoir compter sur vous », a-t-il dit.

Depuis presque un an, Kamal Adjayi, à la tête du mouvement ‘Engagement pour l’Avenir’, a fait parler de lui à travers des actions caritatives dans des établissements scolaires et centres hospitaliers de Lomé. Candidat sur la liste UNIR, il entend atterrir à la mairie de Golfe 3 pour contribuer significativement au développement de Bè-ouest.

Opération “Togo mort”: le vocabulaire excessif de Raymonde Kayi Lawson

Ce lundi 18 juin, à l’appel de la Coalition des quatorze partis de l’opposition togolaise, certains Togolais ont choisi de ne pas vaquer à leurs occupations. C’est l’opération que les quatorze partis ont baptisée “Togo mort”. En face, il y en a qui pensent que le Togo “est bien vivant”. Chacun est dans son rôle. Mais en appelant les Togolais à ne pas respecter le mot d’ordre de l’opposition, la Déléguée nationale des femmes du parti Unir a utilisé un vocabulaire un peu trop fort.

“Traîtres, assoiffés de pouvoir”, voilà les termes utilisés par Raymonde Kayi Lawson qui appelait, via un communiqué, à ne pas respecter l’opération “Togo mort”. « Pour nous, le Togo est cher, une nation bénie de Dieu. Il n’est pas mort notre cher Togo ; prouvons-le à ces traîtres, à ces assoiffés de pouvoir que notre Togo vit et vivra toujours en ouvrant nos magasins ce lundi, en allant au marché, au champ, à la rivière, au service, partout où nos pas ont l’habitude de fouler sans crainte ni inquiétude », a-t-elle martelé.

« Des marches de protestation, de colère, de dernier avertissement à l’opération dos tourné à la mer en passant par des vacarmes, ils sont arrivés aujourd’hui à l’opération Togo mort. Militantes convaincues de notre grand parti Unir, ne cédons pas au chantage », ajoute cette notaire dans ce message aux militants du parti au pouvoir.

L’appel de la C14 a-t-il été suivi? Le message de Raymonde Kayi Lawson de Souza a-t-il eu raison de l’opération “Togo mort”? A chacun d’en juger. Mais on se demande bien en quoi Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, Jean-Pierre Fabre, Dodji Apévon, Tikpi Atchadam, Jean Kissi et les autres leaders de ce regroupement de l’opposition sont des “traîtres” aux yeux de la Déléguée nationale du MFU.

Ambroise D.

Du 6 au 9 juin, l’opposition sera dans la rue, UNIR à l’église et près de sa jeunesse

Alors que le regroupement des 14 partis d’opposition démarre ce mercredi 06 juin,  une  série de manifestations à travers le Togo,  l’Union pour la République (Unir)  invite elle aussi ses militants et sympathisants à prendre part massivement à une série d’activités du Parti.

D’abord, une messe d’action de grâce sera dite aujourd’hui 06 juin 2018, marquant le 52e  anniversaire de Faure Gnassingbe,  président de la République et président du parti Unir, en l’église Notre Dame de la Rédemption de Bè Klikamé à Lomé et dans toutes les églises des chefs-lieux des préfectures. Cette messe sera suivie à partir de 10h d’un festival de football dénommé « Coupe du 06 juin » sur le terrain de Tokoin Forever.

À partir du 7 et ce jusqu’au 9, “le Mouvement des Jeunes Unir (MJU) échangera avec la jeunesse togolaise au cours des Rencontres Unies à Lomé et sur l’ensemble du territoire national suivies de diverses actions caritatives”. 

 

Mohamed MADI DJABAKATE: “Faure peut remercier Gilchrist de lui avoir conseillé de partir en 2020”

Soleil FM a abordé ces questions avec Monsieur Mohamed MADI DJABAKATE, président du Conseil d’administration du Centre pour la Gouvernance Démocratique et la Prévention des Crises (CGDPC). L’homme n’a pas manqué de parler du périple africain du président français, Emmanuel Macron. Lecture.

Soleil FM: L’actualité togolaise est marquée cette semaine par la sortie du président de l’Union des Forces de Changement, Gilchrist Olympio, qui annonce sa retraite politique. Que retenez-vous du parcours de l’homme ?
Mohamed MADI DJABAKATE: Un parcours en decrescendo d’un radical incompris au moment où il s’est compris lui-même. Un passé glorieux, un présent poussif et un futur anonyme. Plus profondément, un parcours essentiellement dicté par un entourage d’anciens compagnons de son feu père qui voyaient en son fils une opportunité de revenir aux affaires. Bref, un précurseur de Faure Gnassingbé qui comme lui est pris en otage par les compagnons de son père depuis le 5 février 2005. Tous deux ont une carrière politique intimement liée à leurs patronymes. En d’autres termes, un fils qui a fait les affaires d’un système dont son père a été fondateur jusqu’au moment de son éviction, en 2010, qui s’explique par son désir de s’assumer en remettant en cause une approche qui, selon lui, n’apportait pas les fruits escomptés.
Et c’est normal quand on comprend que son engagement politique était plus un combat entre le présumé assassin de son père et lui. La mort de Gnassingbé Eyadema en 2005 a pris de court Gilchrist qui s’est retrouvé sans adversaire pour poursuivre son combat.
En définitive, malgré la menace politique sérieuse qu’il a constituée au pouvoir d’abord de Eyadema et dans une certaine mesure de Faure, malgré tout ce passé politique bâti sur la dépouille de son père, Gilchrist Olympio a fini sa course politique la queue entre les jambes parce que fragilisé par la non application de l’accord UFC-RPT qui était devenu la justification de son revirement stratégique. Bref, il a été finalement détruit par le système qui a pris la place de celui créé par son père.
Dans sa déclaration, Gilchrist Olympio demande au Chef de l’Etat d’écouter la voie de la sagesse, de saisir l’occasion de rentrer dans l’histoire et de ne pas se présenter à la présidentielle de 2020. Un coup dur pour Faure Gnassingbé?
C’est clair que ce ne sont pas des propos de nature à avantager Faure. Car sans verser dans son ancienne méthode qui consistait à faire le sensationnel, Gilchrist a donné sa position pour le dialogue qui s’annonce : Faure doit terminer son mandat en cours et se retirer du jeu politique. Et pour donner l’exemple lui-même Gilchrist annonce son retrait. Un retrait qui en réalité est un message à tous ceux qui croyaient que le fils de Sylvanus était obsédé par le fauteuil présidentiel.
Gilchrist une fois de plus tend la main à Faure Gnassingbé pour qu’ils écrivent ensemble une nouvelle page de l’histoire du Togo : la fin de la prise en otage des togolais par les familles Gnassingbé et Olympio.
Il ne faut pas croire que cette sortie sonne le glas du divorce entre l’UFC et le régime (RPT d’hier et UNIR d’aujourd’hui). C’est juste une façon pour la victime de Soudou de donner de la voix et rappeler à tous les acteurs qu’il n’est pas devenu un simple trophée d’exhibition. Il  serait donc exagéré de dire que Faure a perdu un soutien de taille car il n’a jamais été dans le programme de Gilchrist de rester indéfiniment dans l’ombre de Faure. En faisant son choix de 2010, il se voyait plus dans la posture d’un Mandela qui faisait un compromis transitoire en attendant de reprendre le pouvoir au dernier président blanc. Sa stratégie a échoué car pris de court par ses lieutenants qui sont allés créer l’ANC version togolaise au moment où il avait besoin de surfer sur son mythe de premier opposant. Bref comme Edem Kodjo mis en minorité par le CAR devant le RPT, Gilchrist a été mis en minorité par les caciques de l’UFC devant le RPT.Cette situation était prévisible à cause de la mauvaise foi caractérisant le pouvoir en place et qui se traduit par le non-respect des accords signés de père en fils.
En revanche, le message de Gilchrist à l’endroit du président Faure au sujet de la présidentielle de 2020 est d’une maturité incontestable. Un repli de Faure en 2020 est sage car il vaut mieux prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge pour paraphraser Winston Churchill. Sinon il finira par voir les oiseaux déféquer sur sa tête à force de trainer sous l’arbre à palabre pour reprendre une pensée africaine.
 Certains diront qu’aucune loi ne l’empêche d’être candidat et que personne ne doit l’en dissuader. Mais il faut tout simplement que ces personnes prennent conscience du fait que cette crise togolaise qui malheureusement traverse les générations, n’a pas sa racine que dans les considérations juridiques de la dévolution et l’exercice du pouvoir, mais aussi a un caractère très historique. C’est un affront national que de se savoir gouverner par une seule famille sur plus d’un demi-siècle alors même qu’on dit être dans une République, un Etat de droit. Et cet affront, les Togolais veulent le laver peu importe leur appartenance politique ethnique ou religieuse.  Pour vous dire que même au sein du parti UNIR, les gens souhaitent ardemment un changement à la tête de l’Etat. Mais la peur de subir peut-être le même sort que les anciens ministres Boko, Bodjona et compagnie résigne plus d’un.
Faure peut remercier son Grand Frère et ami Gilchrist d’avoir pris position pour qu’il quitte le pouvoir en toute dignité.
 Aujourd’hui que Gilchrist Olympio semble lâcher Faure Gnassingbé, pensez-vous que ce soit un tournant décisif dans la crise sociopolitique que traverse le Togo?
Balle à terre. Gilchrist a donné sa position. Il revient au groupe des 14 de savoir comment le capitaliser. Somme toute, cet élément nouveau dans l’atmosphère politique déjà morose, ne peut constituer un tournant décisif dans la crise puisque les protagonistes de la crise sont bien connus et les tractations sont déjà mises en branle pour la tenue d’un dialogue qui puisse s’ouvrir sur une sortie de crise afin de soulager les souffrances des Togolais. La crainte reste l’interprétation que chaque partie fait du dialogue annoncé.
 Parlant de cette crise, des tractations sont en cours pour la tenue prochaine d’un dialogue. On a vu le président guinéen Alpha Condé recevoir les leaders de certains politiques en France ; on a aussi vu des émissaires du président ghanéen et ce dernier lui-même arriver au Togo. Quelle devrait être l’attitude de chacune des deux parties pour que ce dialogue soit le dernier et que l’on connaisse une issue définitive à la crise sociopolitique au Togo?
Effectivement, les tractations sont en cours pour l’ouverture très prochaine d’un dialogue. Mais eu égard aux discours qu’ont tenu certains leaders de la coalition de l’opposition au sujet de l’option du dialogue, on ne peut pas s’attendre à autre chose qu’un dialogue par procuration car les vrais protagonistes ne seront pas autour du dialogue. Il faut également rappeler qu’il y a une grave crise de confiance entre pouvoir et opposition qui trouve ses racines dans le triste sort ornemental qu’ont connu tous les accords politiques passés. C’est un secret de polichinelle. C’est d’ailleurs sur ça que voudrait jouer la coalition en disant que si leur plate-forme revendicative ne pouvait immédiatement être considérée, alors Faure devra démissionner puisqu’au vu de la longueur de la liste des accords et dialogues politiques stériles, rien ne leur garantit la sincérité d’un prochain dialogue.
Heureusement, je puis dire que sur la pression des tiers, les acteurs commencent par faire preuve de volonté et de disponibilité au dialogue, qui, comme on peut le remarquer, n’est pas irréfragable. Mais encore faut-il que déjà les acteurs adoptent une posture d’apaisement pour susciter un climat de quiétude afin de favoriser la convivialité entre les protagonistes. Et je crois que c’est à ce titre que le chef de l’Etat a pris au cours de cette semaine, certaines mesures non négligeables telles que la levée de l’état de siège sur la ville de Sokodé, la libération du docteur Samah, SG du Parti National Panafricain, sans oublier la libération en début de mois d’une quarantaine de personnes arbitrairement arrêtées puis détenues lors des manifestations de l’opposition, de même que la restitution des engins saisis lors de la marche du 7 septembre et aussi la levée de la procédure de contrôle judiciaire qui pesait sur Jean Pierre Fabre relativement au dossier de l’incendie des marchés de Lomé et de Kara.
Il est vrai que ces mesures restent en deçà des attentes formulées, surtout en ce qui concerne la libération des personnes arbitrairement détenues et aussi de la cessation de la chasse aux sorcières et de la répression des manifestations qui malheureusement continue dans certaines localités. Néanmoins il faut reconnaitre qu’un pas a été posé et inciter le chef de l’Etat à faire mieux.
De même du côté de l’opposition, même si la stratégie est désormais d’allier pression de la rue et dialogue, il serait raisonnable de donner un congé technique aux marcheurs et tendre progressivement vers des sit-in stratégiques. Il ne sert à rien de maintenir la tension électrique.
Aussi vais-je ajouter que tous les acteurs doivent revoir leurs discours ainsi que leur stratégie de communication afin de ne plus embraser le pays comme ce fut le cas depuis la veille du 19 août 2017. Un clin d’œil particulier sur ce point au Colonel Yark qui devrait faire plus dans la protection des civils que de jouer au chargé de communication du parti UNIR.
Enfin, j’exhorte tous les acteurs à être raisonnables et pragmatiques dans leurs prétentions et surtout de mettre en premier plan l’intérêt général qui se définit à travers les aspirations légitimes et clairement exprimées par le peuple. Et ces aspirations, je n’ai nul doute, sont contenues dans le rapport de la Commission sur les réformes même si nous pouvons dire qu’elles ne diffèrent en rien aux conclusions de l’APG signé en 2006 et qui n’a pas suffi malgré tout à éviter au Togo la crise actuelle.
Ce qui m’amène donc à insister sur le fait que chaque partie doit faire preuve de sincérité et de bonne foi, tout en mettant un accent particulier sur la part importante de la responsabilité du gouvernement dans l’aboutissement ou non du prochain dialogue. Ce qui n’exclue pas la responsabilité de l’opposition qui devra savoir raison gardée et être pragmatique. Au lieu de chanter la démission de Faure, elle devra plutôt entonner les revendications permettant de corriger un quart de siècle de rendez-vous manqués.
 Pendant ce temps, la coalition des 14 partis de l’opposition continue de manifester et dit utiliser ainsi sa seule arme pour maintenir la pression. Trouvez-vous opportunes ces manifestations ?
Je n’ai pu m’empêcher de le mentionner dans la question précédente. En réalité dire que ces manifestations que continue la coalition des 14 partis sont inopportunes, je ne le puis. Cette stratégie n’est que la résultante de l’histoire politique du pays. La crise de confiance a tellement gangréné la scène politique que l’opposition a peur de tomber encore dans le piège du marché de dupe qui a très longtemps caractérisé le système dépositaire du pouvoir depuis 1967.
Néanmoins je les invite à apprendre des dérapages de la grève générale illimitée tout comme des succès obtenus avant l’adoption de la charte des partis politiques.
Pour finir, abordons la tournée africaine du président français. Emmanuel Macron a prononcé un discours à l’Université de Ouagadougou 1 ; un discours dans lequel il semble appeler les dirigeants africains à plus d’actions à l’égard de leurs populations. Beaucoup ont aussi relevé une « humiliation » à l’endroit de son homologue Christian Kaboré. Une analyse de tout ceci?
 Une humiliation à l’endroit de son homologue Christian Kabore ? Pour moi, c’est une levée de bouclée émotive. S’il a fallu attendre l’arrivée de Macron pour climatiser des amphithéâtres, on ne doit pas être surpris d’être pris pour un technicien du froid. S’il a fallu l’arrivée de Macron pour que le Président se retrouve devant les étudiants, il ne faut pas être surpris de voir les étudiants aborder des questions qui n’ont rien à voir avec le visiteur. Par ailleurs, reconnaissons-le ! Même si les questions étaient contextualisées aux préoccupations de la jeunesse Burkinabè, aussi bien que son discours s’adressait à toute l’Afrique, autant ses ironies visent toute l’Afrique. C’est tout à fait normal quand on a des carences en bonne gouvernance de se voir interpellé. La Chine ne fut-elle pas colonisée ? Que dirons-nous des Etats-Unis ? Dites-moi si c’est leur métropole qui continue par leur dicter leur politique ou leur ligne de gouvernance ? L’Afrique doit se réveiller.
Merci à vous d’avoir répondu à nos questions.
Au-delà de l’honneur que vous me faites en m’invitant, c’est un devoir pour moi de penser l’avenir et le meilleur devenir de mon pays, mon continent et du monde entier. Alors merci à vous aussi de m’avoir donné l’opportunité de m’en acquitter.
 Interview réalisée à Lomé par Arafat DJAONA pour Soleil FM Guinée

Togo: UNIR à l’ère de la communication 2.0

Près d’un mois après son premier congrès statutaire, l’Union pour la République (parti au pouvoir au Togo) veut se conformer à son siècle, un siècle qui va de paire avec la communication 2.0. Mardi, UNIR a procédé au lancement officiel de sa nouvelle plateforme digitale : « www.unionpourlarepublique.com ». Le nouveau bureau exécutif entend ainsi redynamiser la communication du parti présidentiel.

www.unionpourlarepublique.com a pour vocation, d’après les premiers responsables d’UNIR, de renforcer les liens entre le parti et la population grâce à une interactivité sur la plateforme digitale. Une interactivité voulue, à en croire les initiateurs, par le président du parti et président de la République, Faure Gnassingbé qui veut être à « l’écoute permanente des Togolais » afin de leur apporter les « bonnes réponses à leurs préoccupations ».

« Notre parti est résolument engagé sur la voie de la modernité. Il est prêt à faire face aux défis qui se dressent sur son chemin et à saisir les opportunités qui s’offrent à lui. C’est pourquoi après le congrès de Tsévié,  nous avons pris la ferme résolution d’examiner les modalités pratiques pour renforcer sa communication politique partisane, la formation des militants pour sa meilleure visibilité afin de répondre aux exigences de la jeunesse qui est aujourd’hui le public cible majeur de l’action politique», a indiqué le Secrétaire Exécutif du parti UNIR, Atcholi Aklesso.

UNIR exploitera, a-t-il poursuivi, les voies et moyens pour se mettre au diapason de l’évolution de la technologie afin « de jouer pleinement » son rôle de contributeur à l’éducation politique et civique  des citoyens pour la consolidation de la démocratie et la construction de l’unité nationale. « C’est également une priorité pour le parti de se rendre plus audible auprès de cette frange importante de la population », a-t-il martelé.