La e-République des barbus

Nicolas Dion (nom fictif), dans un accent nasillard, comme on le connaît pour les Canadiens, s’empresse de poser la question à notre barbu. « Monsieur Nadjombé, comment se fait-il que votre homologue Justin Trudeau se rend chaque jour à son bureau alors que vous, vous venez encore nous enseigner ? »

Selon Jean Paul Sartre, « il est beaucoup plus facile pour un philosophe d’expliquer un nouveau concept à un autre philosophe qu’à un enfant. Pourquoi ? Parce que l’enfant pose les vraies questions ». La mayonnaise du remix de La République du Golfe (Hôtel où Alassane Ouattara et son gouvernement s’étaient réfugiés en 2011) n’a pas pris. Le navire en carton de la DMK se vide au jour le jour de ses occupants, qui le visage hagard, se découvrent sans pagaie, ni boussole.

La volubilité affichée en citant les noms de supposés soutiens à l’interne et à l’extérieur, reçoit à la figure la réponse d’un écho aux décibels rachitiques. Pris entre l’étau des quolibets et l’enclume d’un gouvernement chauve, le PM Nadjombé, sans tabouret, a choisi d’exceller dans l’établissement du record du PM le plus court, en termes de durée dans l’histoire des républiques des Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne, paru il y a plus de deux siècles.

Le vaudeville offert par la DMK provoque des démangeaisons chez les combattants, pressés de revoir les stratégies pour affronter l’adversaire. Il assèche les réservoirs brûlants d’envie de revanche, instaure un malsain statu quo et prend à la gorge les forces de l’opposition en faction.

La résistance portée par la DMK est belle. Elle consacre l’une des plus belles innovations promises au peuple togolais, la contestation à travers le web. Plus besoin de se faire bouffer les semelles, plus besoin de se faire bouffer par le soleil, seules les empreintes digitales en pâtiront.

Sans attendre longuement comme son alter ego Mme Dogbé, la DMK dans une cohérence inégalée, par l’intermédiaire des chasseurs de tête, a déniché l’oiseau rare. Le nouveau PM, un consultant ingénieur de logiciels, aura la lourde charge d’approfondir le e-gouvernement, pour le compte des e-Togolais, sur le territoire du e-Togo, avec l’utilisation des crypto-monnaies pour les e-fonctionnaires du Togo. Le service après-vente de la gouvernance sous l’ère DMK en featuring avec le “Saint-Esprit” est en bonne marche. Les pièces de rechange sont en train d’être déployées pour relancer le moteur.

Qui vous a dit que le virtuel était loin du réel ?

Ambroise DAGNON