Il était une fois une coalition nommée C14!

Il ne manquait plus que ça! La Coalition de l’opposition formée au lendemain des manifestations du 19 août 2017 se vide progressivement de sa substance.  Quarante huit heures après la sortie du Parti des Togolais, c’est l’Alliance nationale pour le changement (ANC) qui crée la surprise en retournant les talons d’un regroupement qui ressemble désormais à une coquille presque vide.

En raison des divergences grandissantes entre sa vision de la lutte de libération héroïque et  courageuse du peuple togolais et les options inexplicables maintes fois retenues à son corps défendant, l’ANC, au cours de la réunion extraordinaire de son Bureau National ce jour 22 mars  2019, après en avoir délibéré, décide de poursuivre, en dehors de la C14, la résistance […] L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) se retire donc de la C14 avec effet immédiat.” C’est en ces termes que le parti de Jean-Pierre Fabre a annoncé ce vendredi soir son retrait de la C4.

Cette annonce de la plus importante formation politique de la Coalition n’est pas une surprise en réalité. Mercredi, une délégation de C14 a rencontré le chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, pour échanger sur l’actualité politique nationale. Aucun membre de l’ANC ne faisait partie de la délégation. Le communiqué du parti Orange porte à croire que tout est lié. “L’ANC demeure ouverte à toutes les forces démocratiques qui partagent la même vision, la même approche, et qui s’engagent à œuvrer avec cohérence et rigueur, avec persévérance et  sérieux, en ayant constamment à l’esprit les aspirations profondes du peuple togolais“.

Le Parti national panafricain (PNP) n’ayant pas lui non plus fait partie de la délégation va-t-il emboîter le pas à l’ANC? Rien n’est moins sûr ! Le retrait de l’ANC porte à trois le nombre de partis ayant officiellement quitté la Coalition sans compter les cinq autres partis qui ont suspendu leur participation aux activités de la C14. En attendant d’autres désertions dans les heures et jours qui viennent. Tout est donc à refaire.

Législatives 2018: L’opposition coalisée en appelle au sens de responsabilité du soldat togolais

Appel de la Coalition des quatorze partis de l’opposition à empêcher par “tous les moyens” les élections législatives, appuyé par le cri de détresse des leaders religieux pour que le vote soit reporté, d’une part, les mises en garde aux allures menaçantes du gouvernement togolais contre toute tentative d’entrave au bon déroulement du scrutin d’autre part…, tous les ingrédients sont réunis pour que la date de ce 20 décembre 2018 soit perçue comme celle de tous les dangers.

La Coalition de l’opposition ne semble pas résignée face à l’allure que prennent les choses. Les élections législatives vont avoir lieu ce jeudi 20 décembre. Mais la C14 croit toujours pouvoir empêcher leur tenue. Dans une déclaration ce mercredi, elle a encore dénoncé les conditions d’organisation de ces élections, et appelle à la mobilisation générale. “Peuple Togolais, si tu te dérobes au combat que ce régime t’impose, tu devras l’accepter tôt ou tard. Ce combat est dorénavant inévitable. Tu dois choisir entre l’acceptation illimitée de la tyrannie et une révolte salvatrice pour toi et pour les générations à venir“, lit-on dans le document.

Évoquant l’armée qui, selon elle, est instrumentalisée par le pouvoir de Lomé “pour détruire toute opposition digne de ce nom et réduire définitivement à néant toute idée d’alternance politique au Togo”, la C14 parle au cœur du soldat togolais. “Soldat togolais, ta responsabilité est entière dans le dénouement heureux de cette crise dans les prochaines heures. Ce combat est aussi le tien. Nous combattons un régime qui détruit l’espoir de tout un peuple, peuple auquel tu appartiens. Nous en appelons à ta responsabilité afin que tu épargnes les vies humaines et évites les mutilations de tes frères et sœurs en lutte pour le bien commun”, ajoute Brigitte Adjamagbo-Johnson.

Ce jeudi, sur les plus de 800 candidats présentés par le parti présidentiel (Unir) et d’autres formations politiques ainsi que des listes lindépendantes, 91 seront élus pour siéger à l’Assemblée nationale. Les principaux partis de l’opposition réunis au sein de la Coalition n’y prennent pas part.

Togo: Les manifestations de la Coalition interdites à Bassar

Les manifestations prévues par la Coalition de l’opposition à partir de ce jeudi 29 novembre pourront-elles avoir lieu dans les villes de Sokodé, Bafilo et Mango? Pas si sûr ! Et c’est une autre ville du Togo qui vient s’ajouter à la liste des zones interdites à la C14.

Dans une note adressée aux responsables de la Coalition, le Préfet de Bassar a simplement interdit la série de manifestations qui débutent ce jeudi. Le Col Faré Bonfoh justifie sa décision par des “affrontements armés entre les ethnies Konkomba et Tchokossi dans le Ghana avec à la clé, l’intrusion et la circulation anarchique des armes à feu dans le grand Bassar“, créant une situation sécuritaire “très fragilisée et délétère” dans la préfecture.

Selon des “renseignements concordants” qu’il dit d, le préfet affirme que des “individus malintentionnés s’activent à mettre à profit les marches  politiques pour troubler gravement l’ordre public“.

Ainsi, “en attendant que la situation secsécurita soit assainie par les forces de l’ordre“, le Col Bonfoh ne veut voir aucùne manifestation de quelque “bord politique” que ce soit se dérouler dans sa préfecture.

Une mesure qui porte à quatre le nombre de villes où les manifestations de l’opposition sont interdites, alors même que des voix s’élèvent pour demander que soit levé l’état de siège de fait imposé à Sokodé, Bafilo et Mango.

Togo/Réformes politiques : La CEDEAO tient au texte proposé par son expert

La Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) continue de suivre de près l’évolution de la situation politique togolaise, notamment en ce qui concerne l’avant-projet de loi modifiant certains articles de la Constitution togolaise. Elle l’a signifié ce mercredi à la Coalition des 14.

Le texte proposé par le professeur Badara Fall porte sur les articles 59, 60 et 100 de la Constitution du 14 Octobre 1992 conformément aux recommandations de la feuille de route de la CEDEAO. Lequel texte a été transmis ce jour à la C14 mais avec une version “légèrement modifiée” selon un communiqué du regroupement dirigé par Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson.

La référence au nombre d’électeurs inscrits pour le calcul de la majorité absolue au premier tour a été retirée pour ne retenir que les suffrages exprimés“, souligne la C14 qui considère que “cette modification ne remet nullement en cause le rétablissement du mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour l’élection du Président de la République“.

Le communiqué ajoute que la CEDEAO a clairement notifié à la Coalition son soutien à cette modification qui « vise à rendre cet article conforme à la règle et à la pratique dans les pays de notre sous-région ».

Rassurée, l’Opposition coalisée dit prendre acte de la nouvelle mouture de l’avant-projet et souhaite que, “dans un esprit de compromis et de consensus, le projet de loi à soumettre à l’adoption  de l’Assemblée nationale reflète fidèlement la lettre et l’esprit de l’avant-projet de la CEDEAO“.

Exprimant leur gratitude à l’organisation sous régionale en l’occurence aux deux facilitateurs “pour tous les efforts qu’ils ne
cessent de déployer en vue d’une résolution pacifique de la grave crise sociopolitique qui mine le Togo”, Adjamagbo-Johnson et les siens remercient par ailleurs toutes les Togolaises et tous les Togolais pour “leur
confiance et leur détermination“.

 

Togo : La C14 appelle la CEDEAO à vite arrêter le processus électoral pour éviter le pire

Recensement électoral enclenché depuis une semaine mais boycotté par les partis membres de la Coalition des quatorze, incompréhension entre pouvoir et opposition quant à la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI)…, la feuille de route proposée par la Cedeao semble dans l’impasse. Les élections auront-elles lieu suivant le chronogramme actuel ? La C14 n’entend pas s’embarquer dans ce train qui se dirige, selon elle, vers une gare dangereuse. Elle en appelle donc à la vigilance des chefs d’Etat de la sous-région.

La Coalition des 14 partis reste sur sa droite ligne et ne compte pas fléchir face à ce qu’elle appelle « coup de force du pouvoir ». Face à la presse lundi, la C14 a exprimé son mécontentement par rapport au traitement qui est réservé à la feuille de route proposée par la CEDEAO.

À en croire ce regroupement de partis d’opposition, les conditions d’organisation d’une élection frauduleuse sont réunies  La C14 estime que les jalons de la fraude sont perceptibles à travers plusieurs anomalies avérées. Elle exige donc la reprise des opérations de recensement lorsque la Commission électorale nationale indépendante sera effectivement et recomposée et installée.

En ce qui concerne le découpage électoral qui présente, aux yeux de la Coalition, des déséquilibres inacceptables, le principe d’ « un homme une voix » s’impose comme la meilleure solution.

Les partis coalisés appellent par ailleurs la CEDEAO à « rester vigilante face à la tendance du régime  à exploiter la présence des experts électoraux et des observateurs électoraux comme  une caution à leurs entreprise frauduleuse. »

Le recensement, même s’il est prorogé de 24 heures pour la zone 1, doit être boycotté. Et à la question de savoir si l’opposition va toujours appeler les populations de la zone 2 à s’abstenir à se faire enrôler,  Brigitte Adjamagbo-Johnson  est catégorique : « Bien sûr, nous appelons les populations à rester à l’écart de ce qui se fait actuellement par la CENI. Ce qui se passe dans la zone 1 nous donne raison ».

La Coalition annonce pour les prochains jours, les résultats d’une étude relevant le caractère déséquilibré du découpage électoral au Togo.

Stanislas AZIATO

Togo / Patrick Lawson: “Nous avons eu tort d’arrêter les manifestations car c’est la seule arme qu’on avait”

Cela fait un mois que la CEDEAO a proposé une pour une sortie de crise au Togo. Mais visiblement tout est au point mort. Comment est-ce que vous l’analysez ?

Je suis inquiet. Je n’ai rien à cacher là-dessus. J’ai cru au départ que la CEDEAO aura le souci de se racheter après tout ce qui s’est passé particulièrement en 2005. Mais tel que les choses évoluent, sans vouloir sérier le groupe des chefs d’Etat, je préfère parler de la CEDEAO globalement : Cela ne nous rassure guère. Des chefs d’Etat de la CEDEAO sont également inquiets, mais ce n’est pas le lieu de citer des noms. Considérons que c’est une organisation qui a pris le problème du Togo en main et elle a le devoir de trouver des solutions. Cela fait un mois que cette feuille de route qui, d’ailleurs insatisfaisante, est sortie. Nous ne comprenons pas que jusqu’à présent, les facilitateurs ou leurs représentants ne soient pas revenus et on a vu même le président de la Commission venir à Lomé tout seul. Tout cela n’est pas rassurant pour nous. Nous avons confié notre sort en partie aux facilitateurs parce que nous avons considéré qu’ils sont conscients du problème togolais. Nous ne voudrions pas que le sort du Togo soit désormais entre les mains d’un fonctionnaire.

Est-ce que cette feuille de route peut permettre au Togo de mettre fin à la crise ?

Je demeure sceptique. En 1990, lorsqu’il y a eu l’insurrection, c’est parce que le pouvoir d’Etat était confisqué par un seul homme, une seule famille, un seul clan. Les Togolais se sont soulevés et comme remède, nous nous sommes prescrits la constitution de 1992, croyant que ça allait réconcilier les filles et fils du Togo. Tel n’a pas été le cas. Le régime ayant tiré des leçons des élections de 1994 et 1998, décida de modifier complètement et unilatéralement la constitution originelle de 1992. En 1994, le mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours a permis à l’opposition et singulièrement au CAR et à l’UTD de remporter les élections législatives. En 1998, le fichier électoral moins corrompu, et la vigilance des membres dans les bureaux de vote, ont permis à Gilchrist Olympio de battre à plate-couture le régime déjà trentenaire.
Ainsi donc, ce mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours a été supprimé aussi bien pour les législatives que pour les présidentielles. Plus grave, en 2002, les fondamentaux de la constitution de 1992 ont été modifiés. En 2005, ils l’ont exacerbé en la charcutant un peu plus. Et aujourd’hui nous avons ce que nous avons. Des années ont passé. Le sort des togolais ne sait guère amélioré : Pas de route, pas de pain quotidien, pas d’écoles. Une dictature sournoise a pris la place de celle plus brutale. Les Togolais, mécontents et soucieux de l’avenir de la jeunesse, ne cessent de répondre aux différents appels à manifester des forces démocratiques. Leurs sorties devenaient de plus en plus massives. Je ne citerais pour preuves que celles des 12 Juin et du 03 Août. Cette dynamique populaire va permettre aux togolais de briser le mur artificiel qui voudrait scinder le Togo en deux, le Nord et le Sud. On allait vivre le phénomène social total du 19 Août, date à la quelle, les togolais ont fait écrouler le mur de la honte : dans une symbiose extraordinaire, tous les togolais se sont retrouvés pour dire non au régime cinquantenaire. C’est la grande différence. C’est ce qui s’est passé le 19 août et il est compris de tout le monde que le peuple togolais est seul, uni et indivisible ; que ce peuple refuse le régime tel qu’il est et le dirige aujourd’hui. Ce peuple veut que les choses changent. De 19 août à aujourd’hui, avec le soutien populaire beaucoup de choses ont pu être faites par la C14. Mais, lorsqu’on lutte, c’est la vigilance de tous les temps. Et a cet effet, je nous fais des reproches. Cela n’engage que moi. Cela n’engage pas mon parti. Nous avons eu tort d’arrêter les manifestations parce que c’est la seule arme qu’on avait. Et aujourd’hui, le régime le sait. Il nous fera toutes les entourloupettes pour nous empêcher de reprendre les manifestations, notre arme redoutable et populaire. Si on avait continué les manifestations, en les conjuguant avec notre capacité de négocier, les deux conjuguées auraient pu donner quelque chose d’extraordinaire. Cependant, j’espère que ça va se corriger parce que le régime lui-même pousse à ce que les populations, elles-mêmes se révoltent et ça ne va pas tarder, je suis convaincu.

L’opposition n’a pas de représentant à la commission électorale nationale indépendante mais l’institution fonctionnent et prépare les législatives ?

Avant de vous répondre, je voudrais vous dire : ‘Autres temps, autres mœurs’. Il n’est plus question qu’on nous pousse et qu’on accepte d’aller aux élections dans n’importe quelles conditions. C’est fondamental cette précision. Répondre précisément à votre question, aujourd’hui, nous n’accepterons plus qu’on nous impose les membres de notre quota. On ne peut plus nous choisir notre entité. Si la CENI paritaire comme nous le souhaitons, cela veut dire que sur les 17 membres, l’opposition choisira ses 8 membres et il revient au parti UNIR d’en faire au temps. UNIR ne peut nous imposer le choix de no membres. Et il va de soit que la 17ème personne ne peut et ne doit être qu’un homme de consensus et d’équité. Dans ces conditions, il revient à l’opposition de choisir exclusivement ces 8 membres. Et il faut que cela soit clair pour tout le monde. On ne pourra pas faire autrement parce que nous avons assez concédé sur ces choses et je vous dis : on ne le fera plus. Il y a également le problème du fichier électoral. Ce fichier doit être repris de fond en comble et avec à la clé, la biométrie intégrale. A la C14, dans la société civile et dans la diaspora, nous nous battrons jusqu’au dernier souffle. Je suis sûr que le vaillant peuple togolais prendra une fois encore son destin en main et ne comptera pas uniquement sur les seules forces humaines et limitées des partis de l’opposition. La détermination des populations est la seule arme dont dispose les forces démocratiques.

En ce qui concerne la CEDEAO, je m’interroge, sur ce qui peut encore nous arriver. Qu’aucune organisation ne vienne nous dire que le pouvoir est assez avancé dans les travaux, avec la collaboration avec ZETES, qui a fait trop de mal au Togo. Nous ne l’entendons plus de cette oreille. Je vous dis, la représentation nationale doit être désormais le fait du peuple et non le fait du prince. Il faut que ce soit au cours des élections transparentes et crédibles que le peuple désigne désormais ces représentants. Et non plus par le jeu des fraudes.

C’est pourquoi nous nous battrons pour qu’il ait un fichier électoral clair, une CENI paritaire et indépendante, des experts jouent leurs rôles d’objectivité, une Cour Constitutionnelle recomposée et juste. Et n’oublions pas qu’en dehors des réformes électorales, il y a les réformes constitutionnelles pour lesquelles les Togolais sont allés dans la rue. Nous devrions éviter de nous contenter seulement des réformes électorales. C’est avec les réformes constitutionnelles et institutionnelles que les Togolais sauront que les choses ont changé, qu’il n’y aura plus d’élections truquées faites de violences. C’est le seul climat dans lequel il n’y aura pas d’abstention, ni de personnes déplacées pour cause d’élections. Nous ferons ainsi des élections, des moments de bilan et d’acte civil.

Vous n’êtes pas d’accord avec la CENI actuelle mais au niveau de la C14 pourrait-on voir une alliance électorale s’il faut nécessairement aller aux élections ?

Je trouve ce débat pour le moment surréaliste, vous savez, je suis l’un de ce qui ont commencé la C14, je suis Vice Président de l’ANC, parti que préside Jean Pierre Fabre. Un parti comme le nôtre ne peut souffrir de dyarchie. Le président lui-même nous représente et fait bien son travail au sein de la C14 ; un travail exténuant qu’il fait avec dextérité. C’est juste pour vous dire que j’ai eu l’avantage de prendre part à certaines réunions fondamentales pour la C14 : Par exemple celle au cours de laquelle nous avons convenu que notre plateforme de travail serait le plus petit dénominateur commun.

Réformes !réformes !réformes ! Les partis ne perdent pas leur autonomie. Une fois que l’environnement politique sera assaini, nous irons aux élections. Il se trouve que, pour avoir travaillé ensemble, cela exige une forme de solidarité et de cohésion. Alors peut on dire, sans coup férir que nos partis politiques peuvent prendre part aux échéances à avenir, sans aucune forme d’alliance électorale, entre les partis de la C14, voire même avec d’autres partis de l’opposition? Non. Personne ne peut le dire. Ce que nous n’acceptons pas, c’est qu’on commence par parler d’alliance électorale alors qu’on n’a pas encore résolu les problèmes des réformes, réformes constitutionnelles, réformes électorales. Parler déjà d’alliance en croyant que celle ci peut permettre de gagner les élections dans n’importe quelles conditions, est un leurre. Écoutez-moi bien. je ne dis pas que le régime RPT /UNIR est plus fort que nous. Non. Nous allons perdre ces élections parce que si nous n’avons pas assaini l’environnement institutionnel et constitutionnel, les Togolais ne seront pas rassurés, ils n’iront pas voter. Si nous n’avons pas de bonnes conditions de participation à ces élections, un fichier fiable, une CENI digne de ce nom avec une Cour Constitutionnelle qui dit vraiment le droit, si nous n’avons pas un découpage (électoral, ndlr) reformulé, il n’y aura pas de transparence. A cela s’ajoute le vote de la diaspora. Ce qui implique et nécessite la création de nouvelles circonscriptions électorales dédiées aux togolais de l’étranger. Juste pour rappel, le vote de la diaspora fait partie de nos revendications, comment allons-nous le faire, si nous ne tenons pas compte de leur existence dans le découpage électoral qui s’impose d’ailleurs.

Une autre préoccupation : S’agissant du mode de scrutin proportionnel à la plus forte moyenne, c’est le mode de scrutin qui permet au parti au pouvoir de par le système communautariste d’avoir 18 voire 31 députés avant même qu’on ne commence la répartition des sièges. C’est pour cela que nous disons que le mode de scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour les législatives est ce qui est juste aujourd’hui. C’est vrai, je reconnais que cela favorise les personnalités mais lorsqu’on parle des personnalités dans ces conditions, c’est aussi des personnalités locales. Un cultivateur qui se respecte, un bon père de famille est une personnalité dans son milieu et à ce titre est respecté. Est-ce que nous le comprenons ? Voilà comment nous, nous voyons les choses.

Cependant, il ne nous effleure pas l’esprit de refuser une alliance électorale avec des femmes et des hommes avec qui on fait la lutte. Seulement nous disons que sachons raison gardée. Il n’est pas encore temps et il y a des réalités dont il faut tenir compte. Tout le monde connait ces réalités. Lorsqu’on crée un parti et on travaille sur le terrain, ce n’est pas facile de faire table rase du travail fait par les camarades de parti. Et cela n’est pas propre au Togo. Cependant, nous nous faisons un devoir de faire des sacrifices mais on attend de voir les réformes d’abord pour juger du type d’alliance qui peut se faire. Il faut juste que chacun de nous soit raisonnable.

Pour vous président qui êtes de la commission Environnement et changement climatique à l’Assemblée Nationale, comment ces questions sont-elles traitées?

Je me permettrai de faire une petite digression. C’est de moi-même que j’ai choisi d’animer la commission de l’environnement au Parlement. Les miens au parti ont dit mais comment le vice président peut choisir une commission qui n’a pas de prestige comme les autres. Mais vous savez, j’aime la connaissance et j’admire ceux qui en ont particulièrement dans le domaine des énergies renouvelables, de l’environnement. Ce n’est pas mon domaine de prédilection. Mais j’anime, je veux comprendre, j’amène les gens à mieux expliquer parce que c’est une réponse à la pauvreté. Celui qui a l’électricité, a de quoi manger. Par exemple l’électricité rurale intervient dans beaucoup de domaines aujourd’hui. Je vous assure j’ai trouvé des Togolais brillants dans ce domaine. Que ce soit du coté du gouvernement, du parti au pouvoir ou encore de l’opposition et même des particuliers. Je pense qu’il est maintenant important que la volonté politique accompagne toute initiative qui vise la promotion du domaine.

Nous sommes aussi préoccupés dans la commission par l’érosion côtière, ce phénomène me touche particulièrement. Ma ville Aného s’en va, ma ville meurt à cause de l’érosion côtière. Nous sommes entre le fleuve et la mer. Je voudrais interpeller tous les fils d’Aného. Qu’ils soient de UNIR ou de l’opposition, qu’ils prennent conscience parce que pour vivre, il faut avoir des terres, pour vivre ces terres doivent servir à cultiver, à pêcher. Pour faire de la politique à Aného, ces terres doivent exister. C’est la seule promesse politique qui vaille la peine.

Togo: La C14 compte sur les facilitateurs pour le reste de ses revendications

La Coalition des quatorze partis de l’opposition togolaise (C14) a réagi, mercredi dans la soirée, à la feuille de route proposée par la Conférence des chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) lors du sommet tenu mardi à Lomé.  La C14 prend acte des recommandations et compte sur les facilitateurs pour le reste de ses revendications. Dans son communiqué,  la Coalition “prend acte des recommandations de la  CEDEAO relatives à la situation sociopolitique du Togo“. Toutefois, précise le document, “elle observe plusieurs insuffisances majeures, notamment l’absence de l’évocation d’un gouvernement de transition chargé de conduire  les réformes institutionnelles et électorales et de la question sécuritaire“.

La coalition déplore surtout que les Chefs d’Etat de la CEDEAO “n’aient pas jugé opportun d’examiner  le cœur du problème togolais, qui est, l’obstination du chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbe  à se porter candidat pour un quatrième mandat en 2020. Alors que la règle au sein de la CEDEAO,  prescrite par le Protocole additionnel pour la bonne gouvernance et l’Etat de droit, est de deux  mandats“.

Dans sa feuille de route, la CEDEAO a appelé la classe politique togolaise à organiser les élections législatives le 20 décembre prochain. Une date “irréaliste” aux yeux de la C14  qui regrette que le mode de scrutin de ces élections n’ait pas été précisé.

Quant  au retour à la Constitution de 1992 dans sa version originelle, l’organisation et le déroulement d’élections transparentes et crédibles, le regroupement présidé par Brigitte Adjamagbo-Johnson parle “d’imprécisions” dans le communiqué final de la CEDEAO  “dans un pays qui ne connaît que la fraude et la  violence électorales“.

Malgré ces réserves,  la coalition “accueille avec intérêt la poursuite du dialogue et compte bien aborder en profondeur  tous ces problèmes avec la facilitation lors des rencontres qu’elle souhaite très prochaines”.

Exprimant sa reconnaissance aux deux facilitateurs “pour leur implication personnelle  dans la recherche d’une solution à la crise togolaise, pour la qualité de leur écoute et pour leur disponibilité“, la C14 voudrait pouvoir compter sur eux pour une meilleure prise en compte des attentes “légitimes des populations togolaises” à qui elle demande de rester “vigilantes, mobilisées et déterminées pour la suite de la lutte”.

 

Togo: Les manifestations de la coalition de l’opposition reportées à la semaine prochaine

Comme dans son premier communiqué, le regroupement dirigé par Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson félicite les facilitateurs de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest qui, “dans leur communiqué du 27 juin 2018, ont invité le gouvernement à garantir le droit et la liberté de manifester en toute sécurité sur l’ensemble du territoire national.”

Sans renoncer à la série de manifestations annoncées, la C14 réaménage le calendrier de celles-ci “en raison de contraintes d’agenda“. Ainsi, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson et les autres leaders de la coalition se rendront au chevet des détenus de la prison civile de Lomé le mercredi 18 juillet puis à la prison de Kara et celle de Sokodé le jour suivant.

Les meetings d’information et de sensibilisation, eux, démarrent le vendredi 20 à Mango pour se terminer le 28 à Kpalimé, en passant par Bafilo, Sokodé, Lomé, Tsévié et Atakpamé.
Le message sera le même dans toutes les localités: le retour à la constitution de 1992 dans sa version originelle, les réformes institutionnelles, la révision du cadre électoral y compris le droit de vote des Togolais de la diaspora.
La libération des manifestants arrêtés dans l’exercice de leur droit constitutionnel et la levée de l’État de siège de fait des villes de Mango, Bafilo, Sokodé, Tchamba, Kara et des quartiers de Lomé, l’arrêt immédiat des rafles dans les quartiers de Lomé et sur toute l’étendue du territoire et le retour des réfugiés et des déplacés, sont également les sujets qui seront abordés lors de ces rencontres d’échanges entre les responsables de la C14 et les populations.

Crise togolaise – France, CEDEAO, pouvoir et C14 : un vrai cocktail indigeste

L’appel de la C14

«Togolaises et Togolais des villes de Mango, Bafilo, Sokodé, Lomé, Tsévié, Atakpamé et Kpalimé, Organisations de défense des droits de l’Homme, associations de presse, syndicats et associations de la société civile, travailleurs des secteurs publics et privés, revendeuses des marchés, taximen, zémidjans, étudiants, munis de drapelets togolais, une fois encore, soyons tous au rendez-vous les 13, 14, 21, 28 et 29 juillet 2018 aux lieux des meetings pour recevoir les informations appropriées au renforcement de votre détermination ».

C’est par ces mots que la Coalition des 14 partis de l’opposition togolaise a appelé mardi à la reprise de ses manifestations, pour exiger le retour à la Constitution originelle de 1992, les réformes institutionnelles, la révision du cadre électoral y compris le droit de vote des Togolais de la diaspora, la libération des manifestants arrêtés dans l’exercice de leur droit constitutionnel et la levée de l’état de siège de fait dans les villes de Mango, Bafilo, Sokodé, Tchamba, Kara et des quartiers de Lomé, l’arrêt immédiat des rafles dans les quartiers de la capitale et sur toute l’étendue du territoire et le retour des réfugiés et des déplacés.

Boukpessi et le « risque d’une crise institutionnelle »

L’appel à manifester à Sokodé, Bafilo, Tchamba et Mango, quatre villes en état de siège de fait, va-t-il être couronné de succès ? On ne connait pas pour l’heure la position du ministre en charge de l’Administration territoriale. En revanche, on sait ce que pense Payadowa Boukpessi des élections législatives. « Nous courons le risque d’une crise institutionnelle si nous n’organisons pas les élections législatives au Togo avant la fin de l’année 2018 », a déclaré le ministre samedi lors du symposium de la jeunesse organisé à Kara, en marge de la fête traditionnelle Evala.

Ces propos de Payadowa Boukpessi sonnent dans les oreilles des opposants au pouvoir de Lomé comme la « confirmation de la volonté du régime de faire un passage forcé ». « Ce n’est pas étonnant que Boukpessi dise ces choses, puisque cela va dans le fil droit de ce qu’a déjà dit la Cour Constitutionnelle d’Aboudou Assouma aux ordres du prince », a analysé un des responsables de la Coalition.

Qu’est-ce donc qu’une crise institutionnelle ? Me Zeus Atta Messan Ajavon persiste et signe : « le vide constitutionnel n’existe pas ! ». Le ministre et le professeur de Droit parlent-ils de la même chose ?

Macron, le statut quo et le Nigeria

S’exprimant récemment sur la situation politique togolaise, Emmanuel Macron a indiqué que « le statut quo n’est plus possible pour le Togo ». Un bout de phrase interprété par chaque camp selon que cela l’arrange. Pour les partisans du pouvoir, le statut quo signifie la crise actuelle née le 19 août 2017 et « alimentée par l’opposition ». Tandis que dans les rangs de l’opposition, ces propos du président français résonnent comme la « lassitude d’un chef d’Etat français de voir la même famille biologique diriger tout un pays pendant un demi-siècle ».

En tous les cas, le président français compte bien proposer un schéma de sortie de crise qui implique le Nigeria en pole position. “Le président (Muhammadu, ndlr) Buhari entre en période électorale,  et je pense que le Nigeria aura,  après cette période électorale,  un rôle important à jouer à la solution de cette crise “, avait-il déclaré ajoutant que “la France viendra en soutien de ces solutions portées par les chefs d’État africains et l’Union africaine“.

Un politologue togolais, qui a requis l’anonymat, coupe la poire en deux : « Par cette déclaration, Emmanuel Macron veut juste rappeler au Nigeria que la France a la main sur la crise togolaise. Une façon d’éteindre les déclarations tapageuses de Buhari et lui dire que le Nigeria ne peut agir dans la crise togolaise que dans le périmètre que la France aura aménagé pour les acteurs régionaux ». « Entendons-nous bien, les élections au Nigeria, c’est en 2019. Est-ce à dire que les Togolais vont devoir attendre d’ici là ? Moi je pense que la solution à la crise togolaise n’est pas extérieure. Il faut nécessairement une stratégie interne qui sera appuyée par l’extérieur », propose-t-il.

Vivement les recommandations de la CEDEAO !

Les 30 et 31 juillet, les chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao se réuniront en sommet à Lomé. Des recommandations pour une sortie de crise sont très attendues.  Là encore, pouvoir et opposition tentent de tirer  le drap chacun de son côté. A Lomé II, le discours est presque le même : « le Togo est un Etat souverain, Faure Gnassingbé est un président élu. Il n’appartient pas à ses pairs de la CEDEAO de venir le déloger ou de lui imposer de ne pas être candidat en 2020 », glose un ministre conseiller du chef de l’Etat togolais, un pilier de la vieille garde.

L’opposition, elle, ou tout du moins la Coalition, se montre sereine. Pour Brigitte Adjamagbo-Johnson, présidente de la C14, « la CEDEAO n’irait que dans le sens de la volonté du peuple ». Jean Eklou, le leader de la jeunesse de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), parti membre du regroupement des 14, met en garde contre le « tollé général » qu’il pourrait y avoir au cas où les recommandations de l’Organisation sous régionale ne seraient pas « conformes aux attentes du peuple togolais ».

C’est qui le peuple togolais ? A qui appartient le peuple ? Que veut ce peuple ?  C’est une difficile équation à résoudre pour Alpha Condé, Nana Akufo-Addo et leurs pairs de la sous-région. Mais déjà, Jean-Pierre Fabre est catégorique : « la CEDEAO ferait preuve d’une insoutenable légèreté aujourd’hui si elle proposait, encore une fois, après ce drame, que Faure Gnassingbé soit admis à se présenter pour un 4e mandat, contre la volonté de la majorité des Togolais, comme le confirme le sondage Afro-Baromètre rendu public récemment ». Bon à suivre…

Ambroise D.

 

 

 

Malgré tout, la coalition des 14 y croit toujours

Dans un communiqué rendu public jeudi,  le regroupement des quatorze partis a condamné la dispersion “à coup de gaz lacrymogène de toute tentative de regroupement de manifestants à Lomé et dans certaines villes de l’intérieur du pays,  les pourchassant jusque dans les maisons” au premier jour de sa série de manifestations.   La C14 dénonce une violation du “droit constitutionnel de manifestation”.

Sans être découragés par cette situation,  les responsables de ce regroupement remercient “vivement les populations togolaises pour leur mobilisation” et les appellent à “résister au coup de force que le régime militaire veut imposer“. Avant de leur  rappeler que “le mot d’ordre des
manifestations pacifiques des 6, 7 et 9 Juin 2018 est maintenu sur toute l’étendue du territoire”.

Pour terminer,  “la Coalition des 14 exhorte les populations à se mobiliser massivement pour le succès des manifestations du samedi 09 juin 2018 et à se tenir prêtes pour répondre au mot d’ordre de Togo mort du lundi 18 juin 2018 sur l’ensemble du territoire national”.