Doctorats dans les universités privées: la sortie de piste de « Sa » Majesté Watéba

Les 18 et 21 mai 2021, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche et le président de l’université de Lomé ont l’un à la suite de l’autre sorti des écrits qui ont laissé songeur le monde universitaire : ceux d’entre eux qui encadrent des thèses de doctorat dans les établissements privés d’enseignement supérieur sont tenus de signaler les encadrements en cours ou déjà réalisés, sous huitaine. « Passé ce délai, vous serez sanctionnés administrativement ». En tout cas, le décor est planté ; le professeur Kokoroko n’y est pas allé de main molle et le ministre Wateba n’entend pas laisser perdurer la pagaille dans son sous-secteur.

Pendant que le ministre Majesté Ihou Wateba relevait dans un courrier adressé au président de l’université de Lomé qu’il lui a été « donné de constater que certains enseignants des universités publiques du Togo, par leur caution, encouragent la délivrance des diplômes d’études supérieures dans certains parcours, plus précisément le doctorat dans des établissements privés d’enseignement supérieur, y compris les institutions régionales d’enseignement supérieur » et demandait aux enseignants du supérieur « de suspendre leurs interventions, jusqu’à la mise sur pied d’une commission pour étudier les conditions d’ouverture d’une formation doctorale dans lesdits établissements », Dodzi Komla Kokoroko, s’est fendu pour sa part d’une note de service. Dans celle-ci, le président de l’université de Lomé, Son « Excellence » Dodzi Komla Kokoroko rappelle à ses collègues enseignants-chercheurs qui encadrent des thèses de doctorat dans les institutions privées d’enseignement supérieur qu’ils sont « tenus de signaler les encadrements en cours ou déjà réalisés, sous huitaine ». Et de brandir le couperet : « passé ce délai, vous serez administrativement sanctionnés ».

Que sous-entendent les meilleurs amis Wateba et Kokoroko ?

A la lecture des écrits des deux éminents enseignants-chercheurs, il appert que le Professeur Majesté Ihou Wateba, ministre de l’enseignement supérieur, et ses services venaient de constater des « brebis galeuses » dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur et tiennent à y mettre de l’ordre.

Faisant suite au courrier de son ministre de tutelle, le président de l’Université de Lomé, s’est voulu très catégorique : il n’est pas question pour lui d’admettre que des enseignants du supérieur se permettent de « foutre » du désordre dans le secteur de son « meilleur ami », « Sa » Majesté Ihou Wateba. Pour ce faire, tout en prenant le soin de ne pas mentionner « les institutions régionales d’enseignement supérieur » dans sa note de service, tel un digne fils du roi Behanzin ou de Chaka Zoulou, Dodzi Komla Kokoroko intime l’ordre à ses administrés : « il est rappelé à votre attention que ceux qui encadrent des thèses de doctorat dans les établissements privés sont tenus de signaler les encadrements en cours ou déjà réalisés, sous huitaine ».

On devrait imaginer la débandade dans les rangs des valeureux et respectables enseignants-chercheurs de l’Université de Lomé. Ils sont en effet nombreux à intervenir dans les établissements privés et institutions régionales d’enseignement supérieur. Les togolais en ont vu sur les images des soutenances de thèse des sieurs Amévi Dabla, ancien directeur de radio Lomé ; Koutéra Bataka, ancien ministre de l’agriculture, Pierre Lamadokou, actuel ministre de la culture et plus récemment, Adolphe Pakaa, journaliste à TVT, etc.

Mais d’où est parti le constat du ministre Wateba ?

De mémoire d’homme, en dehors des écoles ecclésiastiques qui délivrent des parchemins qui n’ont de reconnaissance que dans la sphère de leur confession religieuse, aucune université privée, aucun établissement privé d’enseignement supérieur général ou professionnel, ne délivre de diplôme de doctorat au Togo. Seul l’Institut régional d’enseignement supérieur et de recherche en développement culturel (IRES-RDEC), un établissement régional d’enseignement supérieur qui, fort d’un partenariat avec l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) et la reconnaissance du Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (Cames), forme et délivre le doctorat de troisième cycle. D’après une source interne au ministère de l’enseignement supérieur, tout est justement parti des soutenances de thèses des apprenants de ces instituts avec l’encadrement des enseignants qui ne sont autres que ceux de l’Université de Lomé. En somme, les Professeurs (Maîtres de conférences et Professeurs titulaires) des universités du Togo ne devraient pas se permettre « ce crime de lèse-majesté ». Voilà donc qui a suscité le courroux de « Sa » Majesté Ihou Wateba, ministre de l’enseignement supérieur!

L’acte criminel est-il établi ?

En réalité, non ! C’est certainement la raison qui a conduit le professeur de droit Komla Dodzi Kokoroko à ne pas mentionner « institut régional d’enseignement supérieur » dans sa note de service.

En effet, les enseignants qui « se sont permis » d’aller encadrer les apprenants de cet institut régional n’ont commis aucune faute professionnelle. Au contraire, leur travail fait suite à une demande d’une organisation sous-régionale : l’Uemoa qui a suggéré et qui appuie la formation et la recherche en développement culturel à l’IRES-RDEC. L’Institut a mis en place (2013-2014) avec le soutien de l’Uemoa, un programme doctoral en « Art, Culture et Développement » dont le diplôme est reconnu par le Cames en novembre 2018, lit-on sur le site internet de l’IRES-RDEC. Il est évident que cet extrait a échappé aux services du ministre de l’enseignement supérieur. Encore faut-il…

Finalement, trop de bruit pour rien alors ?

Absolument ! Sa Majesté Monsieur le ministre de l’enseignement supérieur et son « meilleur ami », monsieur le président de l’Université de Lomé, ont trop tôt crié au loup ! Surtout, pour un rien du tout. On pourrait dire que le ministre de l’enseignement supérieur a poussé le président de l’Université de Lomé à la faute.

L’école doctorale de cet institut est dirigée par Kodjona Kadanga, Professeur Titulaire à l’université de Lomé, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Son comité scientifique est quant à lui, vice-présidé par le Professeur Essoham Assima-Kpatcha, par ailleurs directeur de l’enseignement supérieur au ministère éponyme. Kouméalo Anate, ancienne ministre de la Communication et ancienne directrice de l’Institut des sciences de l’information, de la communication et des arts (Isica) de l’Université de Lomé, y officie tout comme le Professeur Essohanam Batchana, actuel directeur de la recherche et de l’innovation de l’Université de Lomé. Des personnes ressources que le ministre aurait pu consulter. Ce qui lui aurait pu éviter une « sortie de piste ».

Mieux, en plus d’être soutenu par l’Uemoa, d’être un institut inter étatique de l’enseignement supérieur, l’IRES-RDEC a fait reconnaitre ses offres de formation par le Cames qui lui a délivré la reconnaissance en 2012 puis en 2018.

L’Expression n°6 du 13 juin 2021

Titre modifié

 

Université de Lomé | Acte 4 du tournoi «Grand 8»: La Faseg sacrée championne

Démarré le 6 janvier, ce tournoi a regroupé les huit meilleures équipes de football du championnat universitaire 2019.

La Faseg et la Faculté des sciences humaines et sociales (Fshs) ont obtenu leur billet pour la finale en battant respectivement la Faculté des sciences (Fds) sur un score de 4 buts à 2 et l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) sur un score de 2 buts à 0.

En finale, les économistes et gestionnaires se sont défaits des étudiants des sciences humaines et sociales par 2 buts à 0.

Pour cette 4e édition qui s’est déroulée en présence du président de l’université de Lomé, frofesseur Komla Dodzi Kokoroko, du directeur de cabinet du ministre chargé des Sports, Franck Kokou Missité, et du président de la Fédération togolaise de football ( FTF), Colonel Guy Akpovy, c’est une première qui entend contribuer à la promotion de la jeunesse universitaire et à la détection de nouveaux talents pour le championnat.

« Cette manifestation ressemble un peu à ce que nous appelons “rentrée sportive”. Après la rentrée académique, la rentrée pédagogie et la rentrée administrative, nous avons la rentrée sportive et bientôt il y aura la rentrée culturelle. Il s’agit d’une compétition entre les huit meilleures équipes de l’Université de Lomé, histoire de les réchauffer et de les remobiliser pour le championnat universitaire qui va démarrer en mars prochain », a indiqué Koffi Nutefé Tsigbé, directeur du Centre des oeuvres universitaires de Lomé (COUL).

La cérémonie de remise de récompenses s’est tenue sur la scène Bella Bellow de l’université de Lomé suivie d’un Méga concert. Le prix du meilleur buteur a été remporté par Issam Tchadjobo de la Faseg qui a marqué 4 buts en 3 matchs grâce à son doublée conduisant la Faseg à ce nouveau sacre.

Cette 4e édition du tournoi «Grand 8» a connu un franc succès, comme en témoignent la forte mobilisation et l’intérêt des étudiants à cette initiative qui s’inscrit dans le fil droit de la vision poursuivie par le président de l’UL, Prof Dodzi Kokoroko.

Khaled Bonfoh

Université de Lomé : Les doctorants ont enfin compris Kokoroko !

Jeudi, les doctorants promotion 2017-2018 réunis au sein d’un collectif ont rencontré le président de l’Université de Lomé, après leur sortie médiatique tapageuse. Au cours de cette rencontre qui ont essentiellement porté leurs conditions matérielles et financières, Pr Dodzi Kokoroko a déploré les déclarations du collectif relativement  aux changements universitaires en cours et qui nécessitent du temps et de la réflexion.

Quelle est l’importance de la de la rentrée doctorale prévue pour septembre 2018 avec des séminaires tout au long de l’année universitaire ? Quelle est la politique en cours d’accréditation des structures de recherche (SRU) ? Quid de la transmission du projet de décret sur les écoles doctorales (ED) au Ministère de tutelle au titre des travaux de la Commission UK-UL ? Les préjugés des interlocuteurs du président de l’université de Lomé sont déconstruits au terme de la rencontre. En témoigne ce communiqué du Secrétaire général du Collectif. « La présidence de l’UL nous a exhortés à nous organiser en association pour des échanges suivant une périodicité qui sera définie ultérieurement sur fond d’utiles conseils sur l’art de la thèse de doctorat », a écrit Joseph Balouki qui ajoute : « La présidence a également insisté sur le nécessaire changement de mentalités autant des doctorants que des directeurs de thèse ».

La présidence de l’université de Lomé a entamé la construction d’un Laboratoire sur budget 2019 de l’Université ; elle a par ailleurs un projet de construction du premier étage du bloc polyvalent devant abriter une salle qui sera dédié aux doctorants. Toutes informations qui ont été portées à la connaissance du Collectif, sans oublier la politique d’équipement en ouvrages de la Bibliothèque Universitaire et l’accès des doctorants aux réseaux wifi de l’Université en septembre prochain.

Repartis avec la promesse de Dodzi Kokoroko que leur doléance de revalorisation des bourses doctorales sera soumise à qui de droit, Joseph Balouki et les siens se disent disposés à garder le contact avec les structures habilités de l’UL pour avoir les informations utiles sur les formations doctorales. C’est sans nul doute la meilleure démarche pour éviter que des erreurs à l’avenir.