Sauté … pour avoir sauté sa femme !

Dans la République très très démocratique des Saints, les actes du dedans ne doivent pas apparaître au dehors et les actes du dehors qui apparaissent au grand jour, ne font pas autant les choux gras. Dans la République très très démocratique des Saints, le sexe se pratique strictement dans la position vulgairement appelée Papa-Maman. Les initiatives pour pimenter les parties de jambes en l’air sont autorisées, c’est vrai, mais attention à ne pas laisser tomber la caméra et sa bande dans le domaine public.

L’orgasme provoqué dans l’opinion publique par cette vidéo pose fondamentalement deux problèmes :

  • Le Togo est-il une République de hautes valeurs, dont le préfet dans le classement de ses fils valeureux, par son acte, vient de se retrouver au bas, très bas de l’échelle ?
  • Dans la stratification des actes attentatoires à la dignité et à la conscience humaine, l’acte posé par le préfet est-il le plus grave des plus graves posés sur la Terre de nos aïeux ?

Il ne s’agit nullement de blanchir les doigts gynécologiques du préfet au motif que dans la République très très démocratique des Saints, des gens font pire. Loin s’en faut ! Mais, chacun, dans le tréfonds de sa case, devrait observer une minute de silence en mémoire de ses actes animaliers, sauvages, honteux, pervers et pernicieux que la technologie n’a pas malencontreusement étalés sur la place publique. Fini cette étape, l’on devrait demander une action de grâce, remercier Dieu et le dieu des nouvelles technologies, qu’on n’essaiera plus de récidiver non seulement l’acte commenté, mais aussi les situations assimilées.

Cependant, il est tout à fait surprenant et malheureux que dans notre République, on perde le sens de la hiérarchisation des fautes, des erreurs et que la plus minime soit sanctionnée très rapidement alors que les plus grosses bénéficient d’une totale impunité.

Dans quel pays sommes-nous, pour qu’on soit amené à saluer la décision d’un gouvernement qui limoge un préfet “doigteur”, alors que des gazeurs, des tueurs et les assassins de l’économie nationale, bien identifiés sous la camisole du pouvoir public, continuent d’être gardés soigneusement à leur poste ou d’être promus ?

Un préfet vient d’être sauté pour avoir sauté sa femme devant caméra, d’autres sont restés à leur poste pour avoir sauté des cervelles ou « pris un peu » dans l’argent public. Paradoxe ? Eh bien non, la leçon à tirer est que, sur instruction du très haut, chers compatriotes, vos doigts sont destinés à tirer, massacrer et à plonger dans l’argent public, et non farfouiller dans les fendus. La récompense est à ce prix.

Affaire de sextape dans le Yoto : Au delà de la polémique, la réalité des faits

Dans une vidéo qui continue de faire le tour des réseaux sociaux, on voit le Préfet de Yoto et une certaine conseillère municipale de la commune de Yoto, s’échauffer pour une probable recréation amoureuse.

De quoi déchaîner les passions et une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux avec des commentaires aussi divers que désagréables, condamnant cet acte ignoble digne d’un film X. Certains internautes présentant la dame comme l’épouse d’un député.

Si l’acte est condamnable parce qu’émanant surtout des personnages publics, il convient cependant de rétablir la vérité sur un aspect de la situation. En effet, l’élue locale n’est pas une femme d’autrui, mais plutôt l’épouse du Préfet avec qui elle s’est légalement mariée en 2019, à l’état civil de la Préfecture du Bas-Mono.

Il est donc clair qu’il ne s’agit pas d’une partie de jambes en l’air entre un Préfet et la femme d’un député, mais simplement d’une folie amoureuse d’un couple qui s’est malencontreusement retrouvée sur la place publique. Le lien avec le député en question réside dans le fait qu’il a eu un enfant avec la malheureuse élue locale qui n’a jamais été son épouse.

Tout est parti d’un groupe WhatsApp ‘A. Fils et Filles de Yoto’ où, par inadvertance, la conseillère municipale a laissé filer la vidéo intime qu’elle avait entre-temps tournée avec son mari. Malgré son instance et ses supplications sur la plateforme, l’image est partie pour enfin se répandre telle une traînée de poudre.

Selon une source proche du dossier, le préfet entend donner une suite judiciaire à cette affaire qui nuit gravement à l’image de son couple.

En attendant que les auteurs de la diffusion de cette vidéo soient éventuellement punis par la justice, il bien se rappeler que  l’intimité à l’ère des réseaux sociaux ne doit pas être gérée avec autant de désinvolture. Surtout quand on est un personnage public.