Une succession sans tambour ni trompette

Les paris sur l’incapacité du fils, Faure Gnassingbé, à tenir la barque pour longtemps, ont pris le dessus. Pour certains, il n’a pas été préparé pour le job, pour d’autres, il n’aura pas les “couilles nécessaires” pour tenir le fort, ce bien public devenu indivis.. La suite de l’histoire nous a démontré le contraire. Non seulement, il n’a pas changé d’un iota par rapport à sa discrétion, mais il a refondé le parti du père, en instillant du sang neuf dans son appareil politique.

Seize ans après la mort du Général Eyadéma, Faure Gnassingbé semble avoir opté pour le mentoring par rapport à sa succession.

Ils sont jeunes, brillants peut-être et pas tous, universitaires et autres, autour de lui, et s’imposent aujourd’hui par leurs œuvres, réalisations, et leur capacité à traduire de façon concrète la politique de leur chef, voire à assurer l’héritage au cas où le chef penserait à leur passer la main. À une date à fixer sur les calendes grecques.

Très révoltés contre la succession dynastique après la « catastrophe nationale » du 5 février, la plupart ont très vite tourné casaque. Certainement convaincus qu’en réalité, le fils n’est pas le père. Leur responsabilité dans le difficile enfantement de l’Union pour la République (UNIR) par l’ancêtre Rassemblement du peuple togolais (RPT) n’est pas neutre.

Ainsi, dans une démarche de mentoring, Faure Gnassingbé préfère les mettre en avant, en leur facilitant un accès frénétique aux médias, aux plateaux internationaux, etc. Dans nos sociétés africaines où la transmission du vivant pose quelquefois problème, il est important d’encourager une telle option, qui renforce même la continuité de l’Etat et la transmission de flambeau en termes de qualité. L’omniprésence de ceux-ci dans le champ politico-médiatique fait dire à certains que ce sont des jeunes « ambitieux ».

A cet effet, pourquoi ne pas les propulser encore plus fort à des postes où ils auront à faire leur preuve en détenant les pouvoirs constitutionnels ? Le choix de la jeunesse a été souvent un slogan sous Eyadéma, il a été promu sous Faure et renforcé avec le genre. Léguer son héritage politique de son vivant aux jeunes, que ça doit procurer étonnamment du plaisir !

Ambroise D.